J’ai appris à ne pas donner mon cœur à celleux qui ne cherchent que mon corps

· 23 mai 2017

Avec le temps, nous finissons par nous rendre compte que l’amour ne se fait pas avec le corps, mais avec l’âme. Que la passion véritablement satisfaisante est celle qui nous permet de voyager au-delà de la peau pour nous transposer dans deux esprits qui s’ouvrent, qui se déshabillent en affection? en certitudes et en sentiments. Qui dansent en silence en ne croyant former qu’un.

Les expert-e-s nous disent que la peau est l’organe sexuel le plus important de l’être humain. Nous avons besoin d’être touché-e-s pour survivre et, parfois, il nous suffit d’une caresse pour activer des milliers de récepteurs sensoriels capables d’activer une émotion, une sensation. Pourtant, dans l’amour véritable, la symphonie des sensations intégrées dans notre peau ne sont pas toujours suffisantes. Nous voulons davantage.

“Sous ta peau, vit la Lune”
-Pablo Neruda-

Les plus belles histoires d’amour n’apparaissent pas dans les livres. Elles s’écrivent sur notre peau avec de l’encre invisible, imperceptible pour le reste du monde, mais révélatrice pour nous. Parce qu’elle est tatouée avec les empreintes de ces doigts sages qui ont su tracer dans la pénombre la forme de notre corps, qui ont réveillé notre âme pour la mouler avec la leur et ainsi, donner un véritable sens à la vie.

Nous vous proposons de réfléchir là-dessus dans cet article.

Cherche-moi sous ma peau

Il n’est pas facile de trouver quelqu’un avec qui communier de cette façon : en émotions, en valeurs, en sensations et en complicité. Il s’agit d’ivresse des sens où tout s’ajuste soudainement, où tout s’harmonise et où il ne reste plus de vides à combler. L’âme se réjouit et le cœur se réveille de sa léthargie hivernale, au moment où on pensait que plus personne n’allait nous aimer.

Parce qu’il y a toujours un moment où nous nous lassons des amours lâches, de celles qui ne prennent pas de risques, de celles qui périssent comme une tempête à la fin de l’été. Après la passion et les promesses égrainées au cours de nuits de caresses, vient le calme, la matinée lumineuse, ce moment où il n’y a plus de place pour les mensonges et où il n’y a plus qu’une absence de l’autre côté de l’oreiller. Près des cendres de tous les rêves brisés embués de larmes.

Au bout du compte, effectivement, nous apprenons. Nous ramassons nos morceaux avec beaucoup d’amour propre pour les recoller avec la plus grande des dignités. En nous répétant à nous-mêmes le mantra que “jamais plus on ne nous fera de mal”. Nous apprenons que le/la meilleur-e amant-e est celui/celle qui a l’audace de nous chercher au-delà de notre peau et même de se déshabiller émotionnellement devant nous.

La véritable chimie de l’amour

La véritable chimie de l’amour existe et se trouve juste au centre de notre tête, un peu comme un troisième œil. C’est l’hypophyse, qui sécrète une hormone magique et extrêmement puissance dans l’être humain : l’ocytocine.

Nous pouvons tou-te-s avoir une relation sexuelle à un moment donné, quand notre cerveau est un vrai torrent de sensations et de neurotransmetteurs orchestrant nos instincts les plus purs, les plus accommodants. Cependant, c’est quand on prend un plaisir total et véritable à travers la sexualité qu’apparaît l’ocytocine.

Cette hormone éveille en nous le besoin de prendre soin, de s’occuper des autres, de protéger. Elle nous nourrit d’affection, de tendresse et d’une passion plus sage dirigée pour créer un lien permanent dans lequel les peurs n’existent plus. Comme toutes les incertitudes. En effet, de nombreuses études qui attestent que les organes sont beaucoup plus intenses quand cette formule magique apparaît.

D’un autre côté, nous savons tou-te-s qu’il y a des couples qui, avec le temps, cessent d’être un couple pour devenir de simples amant-e-s. Leurs vies ne parviennent plus à trouver des espaces communs alors même qu’iels vivent sous le même toit, l’espoir n’existe plus, et pourtant, sous les draps, et presque sans savoir pourquoi, iels continuent de parler une seule et même fantastique langue. C’est comme si ce composant magique fonctionnait seulement à un instante précis.

L’amour est c’est ce qui perdure dans le cœur et dans l’âme de deux personnes, qui va au-delà de la peau et qui parle une langue que seuls les amant-e-s les plus sages comprennent.

Ces situations ne sont rien d’autre que la salle d’attente des adieux, essentiellement parce que subsiste cette faille de l’attachement généré par l’ocytocine qui peu à peu s’éteindra comme les braises d’un feu qui apportait auparavant beaucoup de chaleur à un foyer.

La sexualité a assurément un langage propre et exclusif qu’il est nécessaire de comprendre. Surtout parce que tout le monde ne recherche pas la même chose. Il y a celleux qui préfèrent cette rencontre peau contre peau, où rien n’émerge, où il n’y a pas de pactes signés dans l’horizon du lendemain. Ce sont des aspects qu’il faut bien sûr prendre en compte dès le début pour ne pas laisser place à la désillusion.

De nombreux-ses expert-e-s nous indiquent de plus qu’à l’heure actuelle, nous vivons une sorte de capitalisme érotique et des relations affectives où tout se vend et où tout est fragile à la fois. On commercialise des jouets et on nous recommande de nouvelles expériences. Sans oublier non plus qu’il y a de plus en plus de sites de rencontres où on a l’impression qu’il est n’a jamais été aussi facile de trouver l’amour.

Cependant, rien de tout cela ne semble offrir un véritable bonheur. Ce sont simplement de petites décharges de dopamine, des bouchées de bonheur à usage unique, où après très peu de temps, le cœur solitaire dérive de nouveau dans l’océan de l’attente et de l’espoir. Dans une salle d’attente où on pourra rêver de ses mains qui seront enfin capables de toucher notre peau et de nous chatouiller l’âme…