Mon plus grand triomphe : avoir atteint l’autonomie émotionnelle

16 avril 2017 dans Psychologie 1020 Partagés

L’une de nos plus grandes réussites au niveau personnel est d’atteindre, en un laps de temps donné, une totale autonomie émotionnelle. Il s’agit de ce moment où nous prenons l’entière responsabilité de nous-mêmes, sans dépendances toxiques et sans besoin d’avoir la reconnaissance de quelqu’un pour pouvoir lutter avec dignité  et aplomb pour ce que nous voulons et méritons.

Ce n’est pas facile. L’autonomie émotionnelle est cette aspiration en matière de croissance personnelle que tout le monde n’arrive pas à atteindre avec authenticité. Cette autonomie, qui se définit toujours comme la capacité à prendre des décisions en accord avec sa propre volonté, cache de nombreux murs, de hautes forteresses et compte sur une armée d’ennemis aguerris. Les pressions externes et nos saboteurs internes limitent très souvent cet objectif.


« Si tu n’es pas capable de m’aimer comme je le mérite, alors va-t’en. Quelqu’un aura l’occasion de profiter de qui je suis. »

-Walter Riso-


Cette construction psychologique structure, en réalité, un grand nombre de dynamiques quotidiennes qui peuvent nous être plus ou moins familières. Tout père et toute mère, par exemple, essaye de favoriser une autonomie émotionnelle adéquate chez ses enfants. Un savoir-faire avec lequel ils pourront se sentir plus compétents au moment de penser, de ressentir et de clarifier des objectifs, en sachant assumer les conséquences de ces derniers.

Par ailleurs, il existe beaucoup de livres sur la dépendance émotionnelle et sur ces relations où l’un des deux membres exerce le pouvoir tandis que l’autre l’assume et se tait par peur, par amour aveugle ou par la pression d’une culture déterminée. L’autre face de la pièce est, par conséquent, un aspect dont on ne parle pas autant qu’on le devrait dans les manuels de développement personnel : l’autonomie émotionnelle.

Nous vous proposons d’en découvrir un peu plus sur cet aspect essentiel.

Les réseaux de contrôle sybillins et la domination

Nous devrions commencer par réfléchir sur le fait que les personnes qui ne savent pas se contrôler elles-mêmes sont celles qui exercent le plus de domination sur les autres. Nous parlons sans aucun doute de ces profils qui souffrent d’un manque de maturité émotionnelle authentique et qui, en même temps, ont besoin de contrôler celleux qu’ils aiment pour pouvoir renforcer leur estime d’eux-mêmes et valider leur pouvoir.

Comme nous le disions au tout début, il est très compliqué de s’extraire de ces dynamiques. Surtout parce qu’il existe presque toujours une ancre enterrée qui nous empêche de partir de ce terrain habité par la dépendance envers certaines figures de pouvoir : pères, mères, coupleLes réseaux de contrôle et de domination sont les plus délicats et les plus résistants, parce qu’ils se nourrissent de l’amour le plus tourmenté qui existe : nous faisons ici référence à cet amour qui nous prive d’oxygène, de vie, de lumière.

La vie en elle-même ne nous permet pas toujours de jouir d’une totale et absolue autonomie personnelle. Cependant, nous avons une chose en notre faveur : la capacité de pouvoir décider. C’est là que l’autonomie émotionnelle acquiert toute sa pertinence. Au moment où nous arriverons à développer une clarté mentale adéquate pour récupérer notre voix et notre dignité, nous serons capables de dire ce que nous voulons, au moment où nous le voulons, ce que nous ne voulons pas et quelles personnes nous refusons de laisser entrer dans nos vies.

Nous nous dresserons par conséquent comme nos propres et indiscutables sources de pouvoir.

Comment atteindre notre autonomie personnelle

Nous dresser comme d’habiles stratèges en autonomie émotionnelle implique avant tout de dominer tout ce que nous définissons en tant qu’auto-efficacité. Construire une identité forte qui veille sur notre intégrité, qui sache prendre des décisions en se responsabilisant des conséquences et qui, en même temps, nous fournissent une attitude positive face à la vie, implique de faire un voyage très particulier. Un voyage vers notre être intérieur pour être conscient-e de divers aspects.


« Quiconque regarde vers l’extérieur rêve et quiconque regarde vers l’intérieur se réveille. »

-Carl Gustav Jung-


Nous vous proposons de commencer ce parcours en suivant les étapes ci-dessous.

Les bases de l’auto-efficacité

Si quelqu’un prend des décisions pour vous, vous ne vous sentez pas efficace. Si on résout vos problèmes, si vous attendez que quelqu’un valide vos idées, qu’on vous donne une autorisation ou qu’on vous indique où vous devez aller ou non, vous ne développerez jamais une auto-efficacité adéquate. Dans ce cas, même si vous doutez, même si vous avez peur et même si vous vous en sentez incapable, faites-le : faites le choix d’agir par vous-même.

  • L’un des plus grands ennemis de l’indépendance émotionnelle est sans aucun doute « l’autonomie engagée ». Ce sont ces situations complexes qui sont surtout construites dans un couple, là où les deux membres vivent dans une tromperie destructrice.

C’est quand nous disons à l’autre « fais ce que tu veux », « décide de ce dont tu as besoin », « sors avec tes ami-e-s cette nuit si c’est ce que tu veux… », « comme tu veux », alors qu’en réalité, nous attendons précisément le contraire. En vérité, il s’agit d’ordres implicites que nous devons savoir gérer pour que l’autonomie émotionnelle soit authentique et pleine dans cette relation.

L’autonomie émotionnelle nous dicte aussi que personne n’a le droit de décider pour nous de l’humeur que nous devons avoir. « Tu es bien là où tu es », « Voilà ce qui te convient, voilà ce qui te rend heureux-se, et ce ne sont pas ces bêtises que tu as dans la tête ».

  • Un autre aspect auquel nous devons penser est le fait que beaucoup d’entre nous connaissent les composants qui définissent l’autonomie émotionnelle. Nous les connaissons parce que nous savons ce qu’est l’estime de soi, l’assertivité, la résilience… Cependant, même si nous avons les idées claires à ce sujet, nous continuons à subir plusieurs blocages émotionnels.

Nous devrions peut-être suivre le conseil que nous a laissé Erich Fromm : « osez être libre ». Car parfois, il ne s’agit que de cela, oser, faire un pas en avant pour devenir la personne que nous voulons réellement.

Images de HuanLe

A découvrir aussi