Fixer des limites : l’art de l’assertivité

24, octobre 2016 dans Psychologie 176 Partagés

L’assertivité est une compétence fondamentale pour gérer avec diplomatie ces situations où les autres prennent des libertés qu’ils ne devraient pas prendre.

Cette définition si peu orthodoxe répond à une réalité à laquelle nous sommes tous confrontés : le manque de respect.

Fixer des limites fermement et pacifiquement est la clé pour que personne ne nous écrase et pour que l’on nous respecte, sans pour autant manquer de respect aux autres.

L’un des avantages d’apprendre à fixer des limites est que nous reconnaissons également les droits des autres, et nos limites les concernant.

Cela signifie qu’être assertif fait de nous des personnes plus respectueuses.

Décidez où se trouvent vos limites

Que signifie pour vous aller trop loin ? Qu’êtes-vous disposé à tolérer d’autres personnes, en fonction du type de relation que vous avez avec elles ? Définissez vos limites, aussi bien pour vous que pour les autres.

Qu’elles se trouvent à un endroit ou à un autre dépendra de plusieurs facteurs et de votre personnalité mais également de vos valeurs, de vos croyances et de vos attentes dans la vie.

Il est possible qu’il y ait des personnes qui se sentent gênées par votre détermination, mais ce n’est pas votre problème.

Peut-être que cela augmente les difficultés à « s’ajuster » dans la société, mais si le prix est de vous trahir vous-même, demandez-vous quel est le sens de cette direction de vie.

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La bonne nouvelle est qu’avec le temps, si vous êtes capable de maintenir vos limites de manière pacifique, en disant bien les choses, les gens s’y habitueront et finiront par respecter et même par comprendre les lignes rouges que vous avez établies.

Donnez-vous une marge, soyez flexible

Même s’il est important de marquer des limites et de les rendre bien claires, il faut aussi accepter une certaine marge et être flexible.

Tout le monde ne partagera pas vos opinions et cela peut mener à des malentendus.

Tout les gens qui outrepasseront vos limites n’auront pas forcément de mauvaises intentions. Ils peuvent faire cela avec la meilleure intention du monde.

Dans ce cas, vous devez utiliser un filtre supplémentaire et considérer la bonne intention de l’autre.

Agissez toujours comme s’il n’y avait pas de malice dans son intention. Oui, parfois il faut faire un gros travail de suspension de l’incrédulité, encore plus gros que devant un film de Marvel, mais c’est bien plus sain et facile à mener.

Trop de pardon peut être contre-productif

Malgré la flexibilité que l’on peut montrer, les limites sont ici pour être respectées.

Si on accepte constamment ce que les autres font, il sera bien plus difficile de résoudre le problème. C’est pour cela qu’il faut clarifier les choses le plus tôt possible.

Si les choses sont bien dites, il suffit de ne les dire qu’une fois.

Mais plus vous attendez, plus cela sera difficile et vous prendrez plus de risques. L’autre sera plus offensé même si vous vous adressez bien à lui.

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Ainsi, n’oubliez pas que plus vous cédez sur la ligne rouge, plus il sera difficile de récupérer le terrain que vous avez offert de bonne volonté et plus vous vous exposez à un conflit.

Alors, si vous voulez du respect, vous devez commencer par vous respecter. Pardonnez, oui, mais ne faites pas le bêta. Une fois, deux au maximum, est plus que suffisant.

Clés pour dire les choses avec assertivité

Pour dire les choses de manière assertive, il ne suffit pas de lâcher la liste des limites à ne pas dépasser ou de dire à l’autre : « Tu dépasses la ligne, s’il te plaît respecte mon espace ».

En plus de cela et de la manière pacifique de les dire, il faut aussi savoir quoi dire. 

Voici les quatre clés pour dire les choses avec assertivité, de manière à ce que les limites établies aient plus de possibilités d’être respectées :

  • Informez l’autre personne que vous devez lui dire quelque chose, sans montrer de réaction émotionnelle ou envoyer un message d’accusation. Si vous êtes au milieu d’une conversation ou qu’elle vous reproche des choses, demandez-lui une pause.
  • Dites-lui quel est le problème et pourquoi. Dites-lui ce qui vous gêne et donnez-lui vos raisons.
  • Expliquez-lui comment vous voulez qu’elle se comporte avec vous et les bienfaits que vous obtiendrez grâce à cela.
  • Cherchez l’accord et la compréhension. Si elle vous dit qu’elle ne comprend pas ou que votre attitude ne lui plaît pas, vous devez vous réaffirmer dans vos explications.

Ce type de communication peut être le puissant correcteur d’un mauvais comportement.

Cherchez la ré-éducation à partir de la proximité avec l’autre, de manière ferme mais également ouverte, honnête et sincère.

Bien sûr, il y a toujours la possibilité que l’autre ne change pas d’attitude, mais au moins, vous avez créé les conditions d’une compréhension pacifique.

Dans tous les cas, éviter l’affrontement violent ou ponctué de malentendus est toujours une bonne idée.

Si l’autre a envie de se disputer, n’entrez pas dans son jeu. Ne vous engouffrez pas dans un débat sans fin.

Dites-lui tranquillement qu’il vaut mieux que vous en parliez plus tard, lorsque les états de l’un ou de l’autre n’interféreront plus autant, et quand vous pourrez trouver un point de rencontre.

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