6 théories sur le fait de tomber amoureux

Tomber amoureux est une étape fascinante, qui est due à ce qui se passe dans notre cerveau, à l'intensité émotionnelle que nous atteignons et au changement qui se produit dans nos comportements.
6 théories sur le fait de tomber amoureux
José Padilla

Rédigé et vérifié par Psychologue José Padilla.

Dernière mise à jour : 19 décembre, 2022

Pourquoi tombe-t-on amoureux ? Pourquoi certaines formes d’amour durent-elles alors que d’autres non ? Des psychologues et des chercheurs dans d’autres domaines, tels que la biologie, la sociologie et la philosophie, ont proposé diverses théories de l’amour pour expliquer comment et pourquoi nous tombons amoureux.

Tomber amoureux est une forme d’amour qui implique des sentiments intenses d’attirance, sans un sentiment d’engagement, et se produit généralement dans les premiers stades d’une relation, pouvant se transformer en un amour plus durable. Dans cet article, nous passerons en revue 6 théories de l’amour qui nous permettront de mieux comprendre cette étape.

1. Théorie neurobiologique de l’amour

Le cortex insulaire, le cingulaire antérieur, l’hippocampe, des parties du striatum et le noyau accumbens sont impliqués dans l’amour. Dans une étude, il a été constaté que lorsque les participants regardaient le visage de la personne dont ils étaient amoureux, des zones spécifiques de leur cerveau s’activaient.

Il s’agissait de l’insula, du cortex cingulaire antérieur et des segments du striatum dorsal. Cependant, il y en avait aussi qui semblaient se désactiver. Ces zones comprenaient des parties du cortex préfrontal droit, du cortex pariétal bilatéral et des cortex temporaux.

De nombreuses régions du cerveau qui s’activent lorsque nous tombons amoureux sont coextensives avec celles qui présentent de fortes concentrations de neuromodulateurs, comme la dopamine, qui sont impliquées dans la récompense, le désir, la dépendance et l’euphorie.

La libération de cette substance nous fait du bien et son augmentation se conjugue à la diminution de la sérotonine. La déplétion en sérotonine lorsque l’on tombe amoureux est similaire à celle vécue par les patients atteints de TOC. Sous l’influence de Cupidon, nous passons beaucoup de temps à penser à cette autre personne, tout comme l’obsessionnel ne cesse de penser à ce qui génère de l’anxiété.

On associe également le fait de tomber amoureux au facteur de croissance nerveuse. La concentration de cette substance est en corrélation avec l’intensité des sentiments amoureux. De même, l’ocytocine et la vasopressine jouent un rôle dans le fait de tomber amoureux. Les deux sont particulièrement liés à l’attachement et au lien et se déchargent pendant l’orgasme, l’accouchement et l’allaitement chez les femmes.

Ainsi, de ce point de vue, pour tomber amoureux, il faut intégrer l’action ou l’inaction de différents neurochimiques et l’activation et la désactivation de certaines régions corticales et sous-corticales.

Homme regardant son partenaire
Selon la science, la phase où l’on tombe amoureux est motivée par des neurotransmetteurs comme la dopamine.

2. Théorie triangulaire de l’amour

Dans la théorie triangulaire de l’amour de Sternberg, il y a trois composantes de l’amour.

Intimité

C’est la proximité que chacun ressent pour l’autre et la force du lien qui les unit. L’intimité est généralement stable dans le temps et peut se contrôler d’une certaine manière. Cette composante joue un rôle moyen dans les relations à court terme, mais est pleinement pertinente dans les relations à long terme (Sternberg, 1986).

Passion

C’est un désir d’une grande intensité qui s’accompagne d’une forte tendance à rechercher l’union avec l’autre. La passion se base sur les sentiments amoureux, l’attirance physique et l’intimité sexuelle avec le partenaire.

Elle est généralement instable et fluctue très fréquemment. Les personnes ne peuvent généralement pas contrôler si elle est présente ou non, mais elles en sont très conscientes. Cette composante de l’amour a tendance à être importante dans les relations à court terme et à jouer un rôle relativement important dans les relations à long terme (Sternberg, 1986).

Engagement

C’est la volonté de maintenir le lien avec l’autre. Lorsqu’une relation a cette composante, le couple cherche à surmonter toute adversité et à perpétuer l’affection, au-delà des circonstances. L’engagement comprend des éléments cognitifs impliqués dans la prise de décisions concernant l’existence et l’engagement à long terme de la relation. Comme la composante de l’intimité, elle a tendance à rester stable.

Les combinaisons de ces composants aboutissent à différents types d’amour. Par exemple, combiner intimité et engagement aboutit à un amour compatissant, tandis que combiner passion et intimité conduit à un amour romantique.

3. Théorie intégrale de l’amour

La psychologie a décrit différentes formes d’amour : dans chacune d’elles, le rôle de l’attraction, de l’attachement-engagement et de l’attention (AAC) semble être cohérent.

Le modèle AAC peut être entièrement capturé par quatre facteurs fondamentaux : l’attraction, la connexion ou résonance, la confiance et le respect, fournissant un nouveau cadre qui pourrait expliquer l’amour sous toutes ses formes (Tobore, 2020).

Attraction

L’attachement et l’attirance jouent tous deux un rôle dans l’obsession ou la passion observée en amour. L’attraction affecte l’engagement dans une relation et est influencée par la valeur perçue ou l’attractivité de la relation.

Connexion ou résonance

La connexion est la clé de l’engagement, du soin et de l’intimité. Elle crée un sentiment d’unité dans les relations et se renforce par la proximité, la familiarité, la similitude et les expériences positives partagées.

Confiance

La confiance est essentielle à l’amour et joue un rôle important dans l’intimité des relations et le soin, ainsi que dans l’attachement. La familiarité est une condition nécessaire à la confiance, et ce pour la satisfaction de la relation.

Respect

Il est essentiel en amour et dans toutes les relations interpersonnelles, tout comme il est essentiel dans l’engagement et la satisfaction des relations (Hendrick & Hendrick, 2006), dans l’intimité et l’attachement.

Bien que ces facteurs puissent agir indépendamment, l’affaiblissement de l’un affecte négativement les autres. De la même manière, le renforcement de l’un module positivement les autres et l’état amoureux.

4. Le modèle de la roue chromatique

Dans son livre Les couleurs de l’amour, John Lee présente une autre des théories de l’amour. Il y compare les styles d’amour avec la roue des couleurs. En d’autres termes, de la même manière qu’il existe trois couleurs primaires, il existe trois styles d’amour primaires. Ce sont les suivants :

Éros

Lee décrit ce style comme sensuel, intense et chargé de passion. Les amateurs d’érotisme seraient enclins à rechercher et à prioriser la satisfaction sexuelle et le plaisir esthétique.

Ludus

Ce type d’amour fait référence à ceux qui perçoivent l’amour comme un plaisir : faire des activités intérieures et extérieures, se taquiner, se faire plaisir et se faire des farces inoffensives. Les personnes s’engagent rarement ou jamais trop.

Storge

Il est représenté par l’amour familial entre parents et enfants, frères et sœurs et membres de la famille. Ce type d’amour peut également se développer à partir de l’amitié, dans laquelle des personnes qui partagent des intérêts et des engagements développent progressivement de l’affection l’une pour l’autre.

La combinaison de ces trois styles peut créer les styles d’amour secondaires suivants :

  • Manie (amour obsessionnel) : combinaison d’Eros et de Ludus.
  • Pragma (amour réaliste et pratique) : intégration de Ludus et Storge.
  • Agapé (amour désintéressé) : association entre Eros et Storge.

5. La théorie de l’attachement de l’amour

Pour cette théorie, le style d’attachement d’une personne est en partie façonné par la relation qu’elle a eue avec ses figures d’attachement dans l’enfance. Ce même schéma d’interaction se poursuit à l’âge adulte, où il fait partie des relations amoureuses.

Les trois styles d’attachement pour adultes sont les suivants :

  • Anxieux/ambivalent : une personne avec ce style s’inquiète que son partenaire ne l’aime pas.
  • Évitant : quelqu’un avec ce style d’attachement se sent mal à l’aise lorsqu’il s’agit de se rapprocher des autres.
  • Sécure : une personne avec cet attachement n’a pas peur d’être abandonnée ou ne craint pas que quelqu’un ne s’approche de trop.

Cette théorie soutient que les expériences d’amour et d’attachement que nous avons affectent nos croyances, qui affectent à leur tour les résultats de nos relations.

L'homme réconforte son partenaire
Selon le modèle d’attachement que nous avons, nous nous rapporterons différemment à notre partenaire.

6. Amour compatissant versus amour passionné

La psychologue Elaine Hatfield a émis l’idée qu’il existait deux types d’amour de base : l’amour compatissant et l’amour passionné.

  • L’amour compatissant se caractérise par le respect, l’attachement, l’affection et la confiance. Cet amour se développe généralement à partir de sentiments de compréhension et de respect.
  • L’amour passionné se caractérise par des émotions intenses, une attirance sexuelle, de l’anxiété et de l’affection. Quand il est réciproque, les gens se sentent exaltés et comblés ; mais quand ce n’est pas le cas, ils se sentent découragés et désespérés.

Il existe de nombreuses théories sur la façon dont nous tombons amoureux, reflétant dans une certaine mesure la variabilité individuelle. C’est pourquoi il est si compliqué de limiter à une simple explication ce sentiment complexe et merveilleux.

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