Il est si simple d’être heureux-se et si difficile d’être simple…

24 juillet 2017 dans Psychologie 270 Partagés

Parfois, nous nous conformons à ce qui ne nous rend pas heureux-ses : par habitude, par indécision, par peur. Le cœur s’oxyde et l’esprit reste pris au piège derrière les clôtures de la zone de confort. On oublie peut-être qu’être heureux-se, finalement, est une chose très simple : ce qui est compliqué, c’est de savoir ce qui est le plus important, le plus nourrissant et le plus magique pour nous, puis de savoir lutter pour atteindre nos objectifs.

Comme le dit une expression populaire, « il est si simple d’être heureux-se et si difficile d’être simple… ». Peu de phrases renferment une vérité si évidente. Pour la comprendre, il faut réfléchir un instant à une chose. Nous avons été éduqué-e-s, pour la majorité d’entre nous, dans l’idée que nous devons réussir certaines choses pour nous définir, pour atteindre un statut, pour pouvoir avoir des qualités et des capacités adéquates dans un but précis.


« Le bonheur ne réside ni dans les possessions, ni dans l’or : il habite dans l’âme. »

-Démocrite-


Nous étudions et nous obtenons des diplômes pour avoir un travail. Nous avons un travail pour atteindre un supposé bien-être, nous réussissons à posséder toute une série de ressources et de biens, nous établissons des relations sociales et affectives qui, normalement, devraient nous combler de bonheur. Cependant, cette formule n’est pas toujours correcte, les facteurs n’entrent pas en harmonie avec le produit. 

Alors, le bonheur, c’est peut-être un mensonge ? Absolument pas. La véritable tromperie, c’est de nous avoir fait croire que nous pouvions l’atteindre. Car quiconque s’entête à vouloir chercher cet état de grâce échouera encore et encore. La recherche du bonheur ne finit jamais bien, pour une raison très simple : il s’agit d’un état. Il ne se cherche pas, il se crée. Il ne se trouve pas, il se travaille. Par ailleurs, il y a une autre chose que nous ne pouvons ignorer : les stratégies qui se ressemblent ne servent pas à tout le monde. Chacun d’entre nous doit poursuivre cette tâche à sa manière.

De l’hygge à Lagom : le curieux monde des utopies nordiques

Depuis 2015, il existe un mot que nous retrouvons dans toutes les librairies : Hygge. Le miracle danois pour être heureux-se a connu un succès stupéfiant, tout du moins au niveau éditorial. Il nous invite à atteindre ce bien-être plein et authentique à travers la simplicité la plus pure, la plus élémentaire, qui cherche à écarter tout conflit de la cohabitation avec les personnes que nous aimons.

Aussi curieux que cela puisse paraître, le terme de Hygge a aujourd’hui tendance à disparaître pour laisser la place à de nouveaux concepts, des points de vue complémentaires et rassemblés dans un tout nouveau mot : Lagom. Les Scandinaves nous apportent une fois de plus une autre tendance qui, comme toujours, est accompagnée d’agréables photos qui résument un concept cherchant à se diffuser parmi les instagramers. « Lagom » a été retweeté des milliers de fois au cours du dernier mois et les magazines Vogue, Elle ou même l’entreprise Ikea se sont chargés de populariser ce terme.

Lagom peut être traduit par « juste mesure ». Ce terme nous invite par exemple à nous entourer de choses basiques et essentielles, à n’acheter que le strict nécessaire, à faire attention à l’environnement, à décorer notre maison de façon élémentaire, à manger uniquement ce dont nous avons besoin, sans excès. Enfin, il nous rappelle aussi que le travail ne doit jamais s’emparer de nos vies. Comme nous pouvons le voir, l’idée selon laquelle « avoir moins signifie avoir plus » se répète. Le bonheur, selon ce même schéma, réside dans la simplicité.

Même si tous ces messages sont extrêmement positifs et réconfortants, nous ne pouvons oublier qu’il y a tout un côté « marketing » derrière ces tendances. La fièvre nordique, avec ses excellents romans policiers, son style de vie ou sa société du bien-être si remarquable, continue à nous attirer, cela n’en fait aucun doute.

Cependant, il existe aussi une part d’utopie amère. C’est ce que nous explique l’essai aussi brillant que polémique Les gens presque parfaits de l’écrivain britannique Michael Booth. Dans ce livre, il cherche à nous offrir une vision réaliste de l’apparent bonheur nordique, une chose que nous pouvions déjà deviner à travers les livres d’Henning Mankell.

L’un des aspects qui attire le plus notre attention est le fait que les pays nordiques, qui sont apparemment les plus heureux au monde, ont aussi le plus haut taux de suicidesApparemment, quelque chose ne cadre pas…

Composez votre propre recette pour être heureux-se

Tous ces livres qui nous parlent de la façon dont nous pouvons atteindre le bonheur sont toujours intéressants et recommandables. Ils nous offrent de nouvelles perspectives, nous font comprendre des choses que nous ne percevions peut-être pas, nous invitent à réfléchir et, sans doute, à effectuer quelques changements. Malgré tout, nous devons bien nous dire que ce ne sont pas des manuels d’instructions ou des bibles, qu’ils ne fonctionnent pas pour tout le monde car, tout simplement, nous vivons parfois des réalités bien différentes.


Le bonheur ne dépend pas de conditions externes, il est gouverné par notre attitude mentale.

-Dale Carnegie-


Qu’on nous dise que le travail ne doit pas s’emparer de nos vies n’a aucun sens si, par exemple, nous sommes au chômage. Nous ne pouvons pas non plus « vivre avec le strict minimum » quand ce que nous possédons est déjà basique. À travers tout cela, nous voulons insister sur un point : le bonheur se construit à notre mesure, il doit être à notre taille et s’harmoniser avec nos réalités particulières.

Une telle chose requiert des efforts, de la volonté et de comprendre qu’être heureux-se peut être très simple, cela n’en fait aucun doute, mais le plus compliqué est de connaître parfaitement nos priorités, des priorités qui peuvent être complètement opposées à celles des autres… Et cela requiert du courage, pas une photo d’Instagram où une femme lit un bon livre, avec de grosses chaussettes aux pieds et un café posé à côté d’elle.

Parfois, pour être heureux, il faut tout laisser puis tout recommencer. D’autres fois, il faut passer par un long travail intérieur, un travail qui permet de soigner des blessures, de résoudre des frustrations et de trouver de nouvelles motivations. Il faut être capable de simplifier ce qui est difficile, mais aussi de composer notre propre recette pour être heureux-se.

Images d’Ottokim

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