Quand le suicide est vu comme une option

12, février 2017 dans Psychologie 285 Partagés

Que se passe-t-il quand le suicide est vu comme une option, voire comme la meilleure option ? Que se passe-t-il dans l’esprit de cette personne ? Il est normal que, parfois, nous soyons tristes. Il est normal que, souvent, rien ne se passe comme nous le voudrions. Nos émotions et nos sentiments ont l’habitude de prendre le contrôle et nous nous retrouvons souvent débordé-e-s par leur faute.


« L’OMS avertit qu’une personne se suicide dans le monde toutes les 40 secondes. »

-El País-


Songer à se suicider est un véritable problème. Un problème qui inclue différents niveaux : psychologique, social, biologique, culturel et environnemental. Une circonstance qui trouve son origine dans un profond problème de dépression qui peut être la conséquence de différents facteurs. Une enfance difficile, des difficultés à se lier aux autres, des problèmes de couple, une faible estime de soi, etc.

Se suicider, est-ce une conséquence ?

Nous pourrions penser que l’une des conséquences de la dépression peut être le suicide. Mais cela ne se passe pas toujours de cette façon. Le docteur John Demartini a fourni l’une des meilleures explications en lien avec la dépression et le suicide. Il a affirmé que tout le monde a des hauts et des bas émotionnels, mais quand ils atteignent les extrêmes, ils peuvent nous mener à l’euphorie la moins contenue et à la sensation de tristesse la plus intense. Cette dernière est celle qui peut nous conduire au suicide.

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Soudainement, nous nous sentons extrêmement euphoriques et cela doit être compensé d’une certaine manière. Le pôle opposé s’appelle la dépression. Pensons aux moments où nous nous sentons heureux-ses. Si ce bonheur est « normal » et se trouve dans un équilibre, son opposé sera une tristesse de magnitude similaire.

Si notre bonheur s’étend et se rapproche de l’extrême, son opposé sera une tristesse encore plus profonde. Quand cette tristesse se transforme en apathie et dure dans le temps, nous pourrions nous trouver face à un indice de dépression. Selon Demartini, nos émotions fonctionnent en se compensant les unes les autres. C’est pour cela que plus nous nous sentirons euphoriques et heureux-ses, plus les pensées dépressives suicidaires seront grandes.


La vie a deux visages, le bon et le mauvais. Nier l’un des deux provoquera un coup encore plus fort.


Nous ne pouvons pas oublier que la dépression a un clair composant chimique. Cette euphorie que nous ressentons n’est rien d’autre qu’un excès de dopamine, d’ocytocine, d’endorphines et de sérotonine qui affecte notre cerveau. Quand la situation s’inverse et qu’apparaissent le cortisol et l’épinéphrine, nous passons au pôle de la tristesse.

Alors, cela signifie que le suicide est une conséquence de la dépression ? En de nombreuses occasions oui, car les émotions et les sentiments ont un impact majeur chez la personne dépressive. Elle ne voit pas que, dans la réalité, il y a un petit espoir de sortir de la situation dans laquelle elle se trouve, une poignée à laquelle s’accrocher. Ce serait le composant du désespoir le plus absolu qui ferait finalement que la personne envisage le suicide comme son unique porte de sortie.

Des situations qui nous échappent des mains

Le souhait d’en finir avec la vie ne provient pas toujours d’un problème de déséquilibre biochimique dans notre cerveau. Parfois, des personnes et des situations nous poussent à prendre la terrible décision de sortir par cette porte. Car quand le monde vous tombe dessus, il est difficile de ne pas ressentir le besoin de s’échapper de tout et de tou-te-s. Même de vous-même.

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Pensons à ces adolescent-e-s qui souffrent du bullying. Une étape compliquée au cours de laquelle personne ne leur tend la main. Iels se sentent seul-e-s, humilié-e-s et maltraité-e-s. Cela peut les enfermer dans un cercle vicieux d’autodestruction. C’est ce que raconte Carla Herrero, une jeune de 17 ans victime de bullying qui disait « plus on humilie une personne et plus celle-ci laisse les autres lui faire du mal ».

Mais ce n’est pas la seule situation où une personne peut vouloir se suicider. Une jeune brésilienne de 16 ans se sentait ainsi après un viol collectif : « Je me sentais coupable, très souvent. Tous les jours. Je ne sais pas de quoi. C’est comme si tout ce qui sortait de mon corps, de ma bouche, de mes yeux n’était que saleté ».

Actuellement, en raison de l’apogée des réseaux sociaux, on alerte des dangers associés à l’envoi de photos de nus ou à l’enregistrement de vidéos qui peuvent être diffusées. Récemment, nous avons vu le cas d’une femme qui a des relations sexuelles avec deux footballeurs dans une vidéo qui a été diffusée sur les réseaux. Une situation que beaucoup ne supporteraient pas. Une circonstance où vous vous retrouvez exposé-e et où votre intimité est violée.


« Merci pour toute la douleur. »

-Lettre de suicide d’une adolescente de 15 ans victime de harcèlement-


Il existe tellement de raisons pour lesquelles une personne voudrait en terminer avec la vie. Des problèmes économiques, la solitude, le rejet… Toutes ces situations vont de pair avec un état dépressif prolongé, dans lequel la personne se submerge en raison des expériences vécues. Se suicider n’est pas une chose qui vous vient en tête du jour au lendemain.

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Bien que se suicider devienne une option pour certaines personnes, elles pourront toujours sortir du trou si elles ont semé dans leur esprit des pensées positives. Jamais vous ne mériterez que tout ce que vous avez vécu, tout ce qui vous a fait souffrir, les personnes, le monde, vous « oblige » à prendre la terrible décision d’en finir avec vous-même.

Notre capacité d’anticiper le futur est celle qui nous condamne, celle de penser que nous sommes face à un « lion » et qu’ils vont continuer à apparaître. Dans ce type de situation, le mieux est d’essayer d’attaquer nos problèmes pas à pas, en renforçant peu à peu notre moral, sans regarder la cime et tout ce qu’il nous reste à gravir. D’un autre côté, le fait qu’une lutte se prolonge dans le temps ne signifie pas qu’elle va exister éternellement, il faut être patient et se dire que le calme vient toujours après la tempête.

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