Dites non à la violence de genre !

· 13 octobre 2016

La violence de genre est le problème de tous, ce n’est pas seulement celui des victimes.

La société traditionnelle dans laquelle nous vivons nous apprend à déprécier et à soumettre les femmes, à les juger sur leur apparence physique et à se demander quelle est la fréquence de leurs rapports sexuels.

Tout ce qui se produit chez un enfant, la moindre stimulation, se répercute à l’âge adulte. Les femmes ont toujours entendu, depuis leur plus jeune âge, que si elles se faisaient réprimander par la société, c’est que c’était de leur faute. Cette doctrine éducative n’a jamais cessé d’être inculquée à nos petites têtes blondes.

Si les enfants sont cruels, comme on le dit parfois, cela a certainement un rapport avec la cruauté consciente et inconsciente de la société du monde adulte.

Nous pouvons tous comprendre sans effort ce que veulent dire des expressions comme « courir comme une fille« , « se battre comme une fillette« , « pouffer comme une fille« , ainsi que toutes leurs variantes.

maltraitance

Comme si le fait d’être « une fille » nous situait en dehors du spectre de la force, nous rendait faibles, incapables et craintives. 

Mais le pire de tout est que nous vivons, nous comprenons et, le pire de tout, nous tolérons ces « croyances » de manière totalement naturelle.

Même s’il ne s’agit que de la partie immergée de l’iceberg, cette raison est la cause et la conséquence du fait que chaque 25 novembre, une journée entière est dédiée à la lutte contre les violences faites aux femmes, contre toutes les violences de genre.

Ne détournez pas le regard face à une personne maltraitée

Des milliers de femmes meurent chaque année des mains d’assassins qui les maltraitent et les tuent seulement pour ce qu’elles sont. Il s’agit d’une réalité cruelle, mais bien présente.

Des millions de personnes sont actuellement traitées dans la soumission et l’oppression, à cause d’un système qui découle d’une longue tradition patriarcale, qui justifie l’exploitation, la dépréciation, la domination et le meurtre des femmes.

Pourquoi ? Tout simplement parce que cette société malade perçoit la femme comme un être inférieur, dont le corps et l’esprit peuvent faire l’objet d’une appropriation.

Les sentiments et l’enveloppe charnelle des femmes sont jugés comme des biens qu’il est possible d’acquérir.

revolution-sexuelle-feminine

Une autre manière d’éduquer est possible

Pour continuer à dire « Pas une de plus », nous devons commencer par éduquer et faire prendre conscience à nos enfants que les filles et les garçons sont égaux. 

Nous devons laisser de côté les clichés de la princesse sans défense et du guerrier macho, qui sont les germes de la maltraitance envers les femmes.

Si le meurtre est la partie la plus visible des violences de genre, c’est la dernière marche d’un escalier qui débute par une éducation déficiente, qui alimente les dépendances et les besoins, qui génère de la maltraitance et qui aboutit à des violences physiques et psychologiques.

Pour ne donner qu’un exemple de l’importance de l’éducation pour lutter contre les violences faites aux femmes, un pourcentage important de la population mondiale ne voit pas la maltraitance psychologique comme faisant partie des violences de genre.

Le fait de soumettre une personne ne semble pas être un problème pour la majorité de notre espèce.

Notre société doit mettre en place une grande réforme éducative, car seule la pédagogie peut nous sauver de la violence. Gardons à l’esprit que :

  • L’isolement social et affectif…OUI, C’EST DE LA MALTRAITANCE
  • Le chantage émotionnelOUI, C’EST DE LA MALTRAITANCE
  • Les insultes répétées…OUI, C’EST DE LA MALTRAITANCE
  • Le contrôle du téléphone portable, des comptes personnels et des réseaux sociaux…OUI, C’EST DE LA MALTRAITANCE
  • Les menaces et le mépris…OUI, C’EST DE LA MALTRAITANCE
  • Le contrôle vestimentaire…OUI, C’EST DE LA MALTRAITANCE
  • L’indifférence émotionnelle…OUI, C’EST DE LA MALTRAITANCE
  • Les agressions verbales, les comportements dominants et la jalousie…OUI, C’EST DE LA MALTRAITANCE
  • La discrimination sociale, professionnelle et économique…OUI, C’EST DE LA MALTRAITANCE

Si nous commençons depuis la base, nous devrions pouvoir construire une société beaucoup plus saine, qui ne tolère plus la maltraitance, la violence et le préjudice.

violence-genre

La violence de genre n’a pas d’âge

Il est tout particulièrement important de rééduquer dès le plus jeune âge, car la maltraitance est un phénomène qui a tendance à se « rajeunir » de nos jours.

La soumission au nom de l’amour est pleinement normalisée chez nos jeunes et nos adolescents.

C’est une donnée extrêmement préoccupante, surtout si l’on prend en compte que c’est à cette période de la vie que se forment d’importantes croyances et que se font les apprentissages les plus fondamentaux sur l’amour et les relations de couple

C’est lorsque l’amour est le plus idéalisé et qu’il est structuré par des patrons de pensée archaïques, comme le mythe de la princesse qui a besoin d’un prince charmant pour lui sauver la vie, que se forme chez les hommes une certaine idée de la force, de la domination et de la virilité.

C’est à cet âge que peuvent être banalisées et normalisées des conduites violentes. L’idée selon laquelle l’amour est au-dessus de tout et qu’il faut lutter, quelle que soit la manière, pour le conserver, se forme généralement durant l’adolescence.

Nous ne devons pas seulement enseigner à nos enfants une certaine idée de l’égalité, mais nous devons également les responsabiliser vis-à-vis de la violence et de la maltraitance dont les femmes peuvent faire l’objet.

Il est crucial que nous leur apprenions à dire « NON » dès leur plus jeune âge à ces comportements dangereux.

main-non

De princesses à ingénieures

Nous devons rompre avec les schémas classiques qui nous sont imposés et donner à nos enfants des objets, des jouets, des vêtements et des outils qui correspondent à leurs désirs, et non pas à une idée préconçue des rôles sociaux vus par le prisme du genre.

Entourons nos enfants d’un univers qui leur permet de penser par eux-mêmes, qui promeut leur capacité à renforcer leurs qualités et qui fait une place raisonnable à la technologie moderne, dans ce qu’elle a de plus divertissant.

Si nos filles veulent être des princesses, qu’elles le soient : mais qu’elles soient fortes et indépendantes. Si elles veulent être ingénieures, quelles le choisissent librement et qu’elles demeurent fortes et indépendantes.

femme-brisee

Nous devons aussi enseigner une nouvelle manière d’être des hommes à nos garçons. Être un homme c’est aussi être tendre, faire attention aux autres, exprimer ses émotions, respecter, lutter pour l’égalité de genre, éviter les sacrifices et les souffrances auxquelles les femmes sont trop souvent soumises, ne pas faire preuve de violence, prendre soin de la maison, etc.

Espérons que nous pourrons bientôt abandonner la journée mondiale contre les violences de genre, qui se déroule actuellement tous les 25 novembre.

Espérons que nous puissions gagner cette lutte et parvenir à une société dans laquelle les femmes ne sont plus vulnérabilisées et où plus personne ne croit que la maltraitance a sa place dans la vie de tous les jours.

 


Lorsqu’une femme est maltraitée, nous le sommes tous.