Je serai le héros/l’héroïne de ma propre histoire, pas la victime

22 janvier 2017 dans Psychologie 350 Partagés

Il y a toujours un moment où nous finissons par aller de l’avant. Où nous décidons d’être le-a protagoniste et non la victime, où nous bousculons notre vie pour créer avec courage et bravoure notre propre réalité : là où sont exclus les humiliations, les chantages et les offenses.

Très souvent, le mot « victime » renferme une connotation peu respectueuse. Certains définissent ce profil comme cette personne caractérisée par une attitude passive, qui se limite à rejeter la faute de ce qui lui arrive ou de ce qu’elle a provoqué elle-même sur les autres. Cependant, le « victimisme » n’a rien à voir avec les « victimes réelles ». Ce sont deux aspects complètement opposés qu’il faut savoir différencier avec respect et avec une sensibilité adéquate.


« La paix intérieure commence quand vous choisissez de refuser qu’une autre personne ou un autre événement contrôle vos émotions »

-Proverbe Oriental-


La plupart d’entre nous avons été victimes d’une personne ou d’une circonstance à un certain moment de notre vie. Les injustices existent dans les sphères publiques mais surtout dans les espaces privés. Peu importe le fait que nous soyons très respectueux-ses, que nous ne soyons que des enfants, que nous ayons un statut élevé ou que nous ayons déjà un sac à dos bien rempli d’expériences.

La vie frappe quand elle le veut. Et pendant un temps, nous serons les victimes d’une tromperie, d’un accident, de l’hypocrisie, d’une mauvaise relation, de nos propres décisions ou d’un quelconque nuage obscur qui aime bien rester au-dessus de nos cœurs.

Nous ne pouvons pas toujours contrôler ces fils que le destin a en mains. Cependant, nous pouvons bien choisir la meilleure réponse pour laisser derrière nous la victime et nous transformer en héros ou héroïne de notre propre histoire.

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Le « moi » séparé que construit la victime

Une victime ne choisit pas toujours sa position ni ne peut sortir de cette prison personnelle et psychologique par la seule force de sa volonté. Pour mieux comprendre ceci, nous vous proposons un exemple. Elena -c’est un nom fictif- a 18 ans et rêve de débuter ses études de droit à Budapest, en Roumanie. Cependant, en raison de problèmes économiques et surtout familiaux, elle sait que ce sera très difficile. Cette situation si complexe la motive un beau jour à accepter une offre d’emploi.

Elle voit une annonce où il est écrit qu’on a besoin d’employé-e-s de maison en Espagne. Le salaire est bon et, si elle économise suffisamment, elle pourra débuter ses études un peu plus tard. Elle n’hésite pas et franchit cette étape. Malgré tout, cette décision qui au début est un énorme acte de bravoure se transforme quelques jours après en la pire décision de sa vie.

Elle devient l’une des nombreuses victimes de l’exploitation. Quand elle arrive en Espagne, elle se rend compte qu’il ne lui reste pas d’autre choix que de se prostituer pour terminer de payer le voyage. Ainsi, elle finira par regretter sa terre de rêves modestes et de réalités tout aussi injustes que celles qui existent dans le pays d’arrivée.

Quand finalement elle est écartée de ce monde par une organisation sociale, Elena continue à être une victime. Elle l’est pour une raison très simple : elle a construit un « moi » séparé à qui elle s’identifie désormais. Cette entité a cessé d’avoir confiance, elle culpabilise pour tout ce qu’il s’est passé et sent qu’elle n’a aucun contrôle sur rien, absolument rien de ce qui l’entoure.

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Son conditionnement est tel qu’elle n’a plus de présent et ne conçoit même plus de futur. L’identité de victime a envahi tout son être. Malgré cela, Elena peut « se reconstruire » pour être à nouveau elle-même. Pour être ce qu’elle veut être.

Réparer des identités, soigner des blessures et devenir des héros/héroïnes

L’histoire citée ici n’est qu’un exemple des nombreuses réalités dont font l’expérience, chaque jour, de nombreux hommes et de nombreuses femmes. Les médiateur-trice-s et expert-e-s en ce type de processus de reconstruction personnelle nous indiquent que nous nous trouvons face à un type de blessure qui ne se ferme pas toujours. Cependant, les victimes peuvent parvenir à réintégrer ce « moi séparé » à leur identité au moment où elles trouvent un but à leurs vies. Une alternative, un sens.

« Vous pouvez être ce que vous voulez. Vous pouvez être celui que vous vous proposez d’être », leur dit-on. Même si, bien sûr, pour devenir un héros ou une héroïne, il faut d’abord mettre de côté son identité de victime. Briser les conditionnements et émerger avec un objectif ferme : être de nouveau heureux-se.

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Stratégies pour avancer en mettant de côté notre identité de victimes

Chaque personne passe ou est passée par des circonstances propres qui l’ont placée dans cette situation de vulnérabilité. La dernière chose que nous devons faire est de la faire culpabiliser ou de dériver sur des expressions comme « elle l’a bien cherché en débutant cette relation » ou « il t’arrive toujours des choses pareilles parce que tu n’as pas de caractère ».

  • Une victime ne choisit pas de l’être : une victime ne lutte pas seulement pour fuir une source externe qui lui cause de la douleur, elle lutte aussi en elle-même, là où son estime d’elle-même est totalement en morceaux.
  • Les personnes qui ont été blessées ne peuvent pas sortir d’un jour à l’autre de leurs abîmes personnels. Il s’agit d’un processus long, déchirant et délicat de reconstruction d’identité, où l’on a besoin de retrouver de la confiance. Confiance en soi-même et confiance en son entourage.
  • Quiconque est victime d’une circonstance déterminée, quelle qu’elle soit, admet l’idée qu’il n’y a pas d’échappatoire. Au moment où cette personne mettra de côté cette attitude et se laissera guider par un processus d’accompagnement et de soutien authentique et proche, elle découvrira qu’il existe d’autres chemins. D’autres options qui peuvent changer sa réalité.

Pour conclure, la vie peut nous faire du mal quand elle le souhaite et nous serons des victimes pendant un certain temps. Seulement jusqu’à ce que notre force intérieure nous dise que c’en est assez. Seulement jusqu’à ce que nous prenions les commandes et nous transformions en auteurs de notre propre réalité, pour créer de nouveaux horizons comme le feraient d’authentiques héros/héroïnes.

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