Les blessures les plus profondes ne sont pas causées par les couteaux affûtés

15 janvier 2017 dans Psychologie 0 Partagés

Les blessures les plus profondes ne sont pas causées par les couteaux, non ; elles sont causées par les mots, les mensonges, les absences et les faussetés. Ce sont des blessures qui ne se voient pas sur la peau, mais qui font mal, qui saignent, car elles sont faites de larmes tristes que l’on verse lorsque l’on se trouve seul-e-s avec nous-mêmes et dans une amertume silencieuse…

Celleux qui ont été blessé-e-s naviguent pendant un certains temps et partent à la dérive. Plus tard, lorsque le temps se met peu à peu à panser leurs blessures, iels se rendent compte de quelque chose ; iels perçoivent qu’iels ont changé et ce même si iels se sentent vulnérables, et parfois, iels commettent la pire des erreurs possibles : celle qui consiste à ériger une barrière bien solide pour se protéger. Cette barrière est composée de méfiance, et parfois du fil de la haine, voire même des barbelés de la rancune ; tout autant de mécanismes de défense auxquels il faut mieux éviter de frotter une fois de plus.

Or, on ne peut pas constamment vivre en étant sur la défensive ; on ne peut pas s’établir indéfiniment sur les îles de la solitude, ni devenir des expatrié-e-s du bonheur. Gérer la souffrance, c’est un travail dur et consciencieux qui, comme dirait Jung, requiert que l’on se retrouve seul-e-s avec notre ombre afin de retrouver notre estime de nous-mêmes.

Or, cette union ne pourra être favorisée que par nous-mêmes, et personne ne pourra mener ce travail à notre place. Il s’agit d’un acte de solitude délicate que l’on mènera presque en guise d’initiation. Seul-e-s celleux qui parviennent à faire face aux démons de leurs traumatismes avec courage et détermination pourront sortir victorieux de cette forêt d’épines envenimées. Les personnes qui réussissent à se tirer de ce scénario hostile ne seront plus jamais les mêmes.

Elle en sortiront plus fortes que jamais.

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Un baume pour guérir l’esprit blessé

Le baume de l’esprit blessé, c’est l’équilibre. C’est pouvoir faire un pas vers l’acceptation afin de se libérer de tout ce qui nous pèse, de tout ce qui nous fait mal. C’est muer et se débarrasser de cette peau fragile et blessée afin d’en dévoiler une autre, plus dure et plus belle, qui protégera ce coeur fatigué d’avoir froid. Or, n’oublions pas que de nombreuses racines souterraines continuent à alimenter la racine de la souffrance ; des ramifications qui, loin de drainer la blessure, l’alimentent.

La haine de la vulnérabilité fait partie de ces nutriments. Il y a celleux qui la nient, et celleux qui réagissent à cette apparente fragilité. La société dans laquelle nous vivons nous interdit d’être vulnérables.

Le baume permettant d’apaiser l’esprit blessé passe cependant aussi par l’acception des parties les plus fragiles de ce dernier, qui ont intégré nos blessures mais qui se sentent méritantes d’atteindre enfin la plénitude et le bonheur. L’important, c’est de s’aimer suffisamment soi-même afin de pouvoir accepter sans rancune ces parties cassées de notre esprit, et sans en arriver à rejeter l’affection, qu’il s’agisse de celle que l’on porte envers nous-mêmes, mais aussi de celle que les autres peuvent nous manifester.

Une autre de ces racines qui alimentent notre esprit blessé, c’est la vermoulure du ressentiment. Quoi qu’on puisse en dire, cette émotion a tendance à « intoxiquer » notre cerveau, si bien qu’elle en arrive parfois à altérer nos schémas de pensée. La rancune prolongée modifie notre vision de la vie, mais aussi le regard que l’on porte sur les gens…et lorsqu’on se retrouve pris-e-s au piège dans cette cage, il est impossible de trouver un baume qui puisse apaiser notre esprit blessé.

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Ces blessures profondes et invisibles seront là pour toujours, inscrites dans le plus profond de notre être. Cependant, deux options s’offrent alors à nous : soit nous pouvons choisir de rester éternellement prisionnier-e-s de la souffrance, soit nous pouvons prendre la décision de sortir de notre carapace afin d’accepter et de ressentir la vulnérabilité en elle-même. Il n’y a qu’ainsi que l’on pourra gagner en force, tirer des leçons, et faire ce pas libérateur vers le futur.

Nous sommes tou-te-s un peu cassé-e-s, mais nous sommes aussi courageux-ses

Nous traînons tou-te-s nos parties cassées, les pièces perdues de ces puzzles qui ne pourront donc jamais être terminés et complétés. Une enfance traumatisante, une relation affective douloureuse, la perte d’un être cher… Jour après jour , nous nous croisons les uns les autres sans percevoir ces blessures invisibles. Les batailles personnelles que chacun-e a livré profilent ce que nous sommes aujourd’hui. Le faire avec courage et dignité nous anoblit et fait de nous des créatures bien plus belles.

Nous devons être capables de nous retrouver nous-mêmes. Les coins accidentés de notre intérieur nous éloignent complètement de ce squelette interne sur lequel se fondent notre identité, notre valeur, ainsi que l’image que nous avons de nous-mêmes. Nous sommes comme des âmes estompées qui ne se reconnaissent pas dans le miroir ou qui se persuadent elles-mêmes qu’elles ne méritent plus d’aimer ou d’être aimées de nouveau.

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Quelques clés pour panser courageusement ses blessures

En japonais, il existe une expression, « Arigato zaishö », dont la traduction littérale en français donne « merci illusion ». Cependant, pendant un certain temps, cette expression a revêtu une connotation réellement intéressante dans le domaine du développement personnel : elle nous montre la subtile capacité dont dispose l’être humain de transformer la souffrance, la rancune et les amertumes en leçons de vie.

• On ouvre les yeux depuis l’intérieur, pour nous illusionner de nouveau. Car se concentrer sur la torture que génèrent ces blessures nous éloigne complètement de l’opportunité d’acquérir connaissance et perspicacité.

• Pour y arriver, nous devons être capables d’éviter que nos pensées deviennent ce marteau qui, parfois, frappe là où ça fait mal. Sinon, peu à peu, le trou se creusera.

• Freiner les pensées récurrentes d’angoisse, de rancune ou de culpabilité, c’est sans doute la première étape à franchir. Ainsi, il est également préférable de focaliser toute notre attention sur le lendemain.

• Lorsque nous nous trouvons dans cette pièce obscure où nous sommes seul-e-s avec l’amertume et la rancune, les perspectives de futur s’éteignent, n’existent pas. Nous devons nous habituer peu à peu à la lumière, à la clarté du jour, à l’apparition de nouvelles illusions, de nouveaux projets.

Il est possible qu’au fil de notre vie, nous nous soyons « enterré-e-s vivant-e-s » du fait de cette douleur générée par les blessures invisibles que nous renfermons. Cependant, n’oubliez pas que nous sommes des graines et que nous sommes capables de germer même dans les situations les plus difficiles et délicates afin de crier « Arigato zaishö ».

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