La prise de conscience est le premier pas pour guérir ou changer

6 avril 2017 dans Psychologie 2597 Partagés
La prise de conscience est, avant tout, un réveil. Cela signifie ouvrir les yeux de l’intérieur pour rendre conscient l’inconscient et ainsi pouvoir faire le premier pas puis commencer toute une révolution personnelle qui était nécessaire. Ce n’est qu’à ce moment que nous serons capables de nous soigner, de nous défaire de ce qui fait mal et, tout simplement, d’avancer vers ce que nous méritons.
Nombreux-ses sont les philosophes et sociologues qui définissent la société actuelle comme une entité endormie. Nous vivons centré-e-s sur notre « moi », mais il s’agit d’un moi que les autres se sont chargé-e-s de « narcotiser » à travers les branches de la surconsommation. Un intérêt extérieur qu’a exploité cette éternelle insatisfaction, et c’est pour cela que nous avons voulu atteindre beaucoup plus que ce que nous avions déjà.

« Nous savons ce que nous sommes, mais nous ne savons pas encore ce que nous pouvons devenir. »
-William Shakespeare-

C’est peut-être comme cela. Nous sommes peut-être une société de type « Matrix », toujours soumis-es à un état d’apathie indéfinissable. Une atmosphère intérieure dans laquelle nous comblons des vides émotionnels à travers la nourriture, dans laquelle nous soulageons notre solitude avec des relations éphémères et où nous nous limitons à fuir l’ennui à travers la catharsis momentanée de nos jeux sur portable ou ordinateur. Peut-être.
Il se peut que certaines personnes le voient de cette façon. Cependant, il y a une chose qui devient de plus en plus évidente : de nombreuses personnes cherchent à donner un sens authentique à leur existence. Pour cela, elles n’hésitent pas à se cultiver en lisant beaucoup, en commençant des thérapies, en profitant des différentes perspectives psychologiques qui leur permettent de comprendre ou de trouver cet « insight » ou cette « illumination » pour se déconnecter de l’ordinaire et atteindre l’extraordinaire.
Nous vous proposons de réfléchir à cette idée. Nous vous proposons de vous REVEILLER.

La prise de conscience, un pas nécessaire dans notre croissance personnelle

Lors d’une psychothérapie, l’un des aspects primordiaux dans le processus de guérison consiste sans aucun doute à réussir à faire en sorte que la personne prenne conscience des véritables problèmes qui causent son mal-être. Quand une personne consulte un-e psychologue, elle sait très bien, en général, quelles sont les sources « externes » de son mal-être, de son malheur (mon conjoint ne me comprend pas, mes parents m’étouffent, mon/ma chef-fe me dévalorise sans cesse, je n’ai pas de travail et la société semble m’avoir oublié…).
Malgré cela, tout-e bon-ne professionnel-le devra toujours mener cette personne vers de nouveaux « réveils » internes grâce auxquels elle aura un contrôle authentique et beaucoup plus sûr de sa vie. Bien, mais ce n’est pas un processus particulièrement simple.
Il faut du temps pour atteindre ce que, dans la thérapie Gestalt, on définit comme « awareness » (se rendre compte de quelque chose) ou que, dans la culture nippone, on traduit comme « satori », un processus de profonde compréhension qui nécessite de supprimer des strates, des couches et des chaînons rouillés pour éviter tous les blocs qui empêchent de faire émerger notre être authentique et notre authentique essence qui est encore endormie.
La prise de conscience a également été un aspect essentiel dans les théories de Piaget. Il l’a défini comme ce processus à la fois délicat et complexe à travers lequel les personnes passent d’une connaissance instrumentale de la réalité à une conceptualisation beaucoup plus intime, abstraite et significative des choses. Aujourd’hui, ces points de vue sont encore très présents et s’appuient beaucoup sur cette idée de « réveil », cette compréhension ou « insight » que Lao Tseu a défini à travers quatre phases : sommeil-veille-auto-conscience et conscience objective.
Il s’agit, comme nous pouvons le voir, d’un voyage intérieur semblable à celui qu’à défini Platon dans le mythe de la caverne. Cela signifie passer de cet univers des sensations, des tromperies et des ombres à une sphère beaucoup plus haute, libre et authentique. Nous vous expliquons ci-dessous comment y parvenir.

Le soulagement du réveil ou la reconstruction

Nous faisions auparavant référence à Piaget. Dans ses textes sur la psychologie génétique, il cite un concept qui peut nous être très utile : il s’agit de l’inconscient cognitif. Même si cela nous rappelle un peu les théories freudiennes, le père de l’épistémologie génétique nous offre un point de vue précieux sur lequel nous pouvons réfléchir : la prise de conscience n’est pas vraiment un « réveil » ou une illumination.


« Ta véritable responsabilité sociale est de semer de la conscience. »

-Alejandro Jodorowsky-


Il ne s’agit pas seulement de rendre conscient l’inconscient mais de lui donner une nouvelle forme. Par exemple, je peux prendre conscience de l’une de mes limitations : mon incapacité à fixer des limites ou à dire « NON ». Être conscient-e de cette dimension ne me servira à rien si je ne fixe pas un but, qui n’est autre que de changer, de reconstruire cette partie du « moi » pour me soigner, pour avoir un plus grand contrôle sur ma réalité en sortant de cette caverne d’ombres et de malheur.

Examinons maintenant les moyens de générer ce processus de réveil et de reconstruction.

Trois phases pour « se rendre compte »

Ce processus de prise de conscience peut paraître simple. Il l’est en apparence. Cependant, il requiert par-dessus tout d’être sincères avec nous-mêmes à chaque instant.

  • Le premier pas pour ce réveil est d’ouvrir les yeux depuis notre zone la plus intime et la plus profonde. Nous parlons du monde émotionnel. Demandez-vous ce que vous ressentez à cet instant précis, explorez vos sensations et sentiments, questionnez votre corps, vos maux de tête, vos douleurs d’estomac… Traduisez en un mot tous ces symptômes (peur, angoisse, inquiétude, insécurité…)
  • Le second pas nécessite que vous observiez ce qu’il se passe autour de vous. Observez votre présent et faites attention aux choses évidentes, ce que nous refusons parfois de regarder dans les yeux : mon conjoint se montre froid-e, j’ai des ami-e-s qui s’inquiètent pour moi, je fais beaucoup d’efforts et gâche beaucoup de temps pour des choses qui n’en valent pas la peine, etc.
  • Le troisième pas est le plus complexe. Vous savez ce que vous ressentez, vous savez ce qu’il se passe autour de vous. C’est le moment d’approfondir vos barrières défensives, vos préjugés, vos attitudes, celles qui vous disent à tort qu’il vaut mieux supporter plutôt que changer, qu’il vaut mieux tourner la tête, rester tranquille et se taire, par peur que les choses changent beaucoup trop.

Affrontez-vous. Nous sommes nos pires ennemi-e-s, il ne servira donc à rien de prendre conscience de vos faiblesses si vous n’osez pas les transformer en forces. Soyez responsable, rassemblez tout votre courage et soignez-vous : osez changer.

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