Les yeux n’ont jamais besoin de sous-titres

· 7 juillet 2016

Les yeux d’un enfant qui rit sont le reflet du bonheur le plus sincère et le plus criant.

Le regard enflammé de quelqu’un qui s’occupe d’une personne qu’il aime n’est rien de plus qu’un livre ouvert.

Les êtres humains parlent avec les yeux, et voilà un langage qui n’a pas besoin de mots ou de sous-titres, mais uniquement du pouvoir des émotions qui naissent de l’intérieur.

Les yeux sont aussi les indicateurs les plus puissants de notre état d’âme, mais pas uniquement. 

Plusieurs études prouvent que dans notre regard, on peut également deviner de nombreuses intentions, qu’elles soient bonnes ou mauvaises.

Nos regards sont le meilleur canal pour communiquer avec nos semblables, pour démontrer de l’affection, de la répulsion, de la peur ou de l’inconfort.

Les yeux sont les miroirs de l’âme, car tandis que les mots peuvent être emprunts de mensonge, nos regards sont les fenêtres du cœur et le langage des émotions : ils n’ont pas besoin de sous-titres.

On peut s’interroger sur un point qui est inévitablement lié à la psychologie et au regard : quelqu’un peut-il réussir à tromper avec ses yeux ? 

La réponse est oui. Toutefois, celles qui y arrivent sont généralement des personnes possédant une grande maîtrise et un contrôle du langage non verbal. Nous vous invitons dans cet article à creuser ce sujet intéressant.

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Les yeux et le mystère des pupilles

Eckhard Hess, psychologue et ophtalmologue, releva quelque chose que lui avait dit sa femme, qui l’observait en train de lire au lit, et qui l’avait interpellé.

Absorbé dans son intéressante lecture, Mme Hess remarqua que les pupilles de son mari se dilataient à certains moments, pour se refermer ensuite tout d’un coup.

Le Dr Hess, intrigué par  l’observation qu’avait faite sa perspicace épouse, n’hésita pas le lendemain à faire une petite expérience avec ses élèves “masculins” de l’Université de Chicago, en 1943.

Le test était simple : il leur donna un livre qui cachait, entre ses pages, des photographies de filles provenant du magazine Playboy. Au moment de l’impact visuel inattendu, il put remarquer qu’avait lieu une dilatation pupillaire fascinante.

Eckhard démontra que le système nerveux autonome, qui est chargé de réguler les actions involontaires, est très lié au pouvoir émotionnel.

Quand, à travers nos yeux, nous percevons une information que nous estimons intéressante – comme ce fut son cas – ou quand nous entretenons une conversation enrichissante, nos pupilles se dilatent. 

Il se passe la même chose quand notre regard “bute” contre quelque chose d’excitant, qui nous plaît ou qui nous attire : les yeux sont saisis par la mer noire de nos pupilles.

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Le mystère des pupilles a toujours été un sujet fascinant qui nous a fondamentalement appris deux choses.

La première, c’est que la dilatation ne se produit pas uniquement à cause du manque de lumière.

La seconde, c’est que les pupilles sont intimement liées à nos émotions et que leur dilatation est un acte involontaire.

C’est le reflet le plus pur et le plus intègre de nos pulsions et de nos sentiments.

Quand le regard est sincère, il devient le pont entre deux âmes

Le regard d’une personne peut être certaines fois comme un plan des affects, du calme intérieur et de cette paix qui connecte immédiatement avec notre intérieur. 

D’autres fois, en revanche, l’océan de ses iris est l’espace du chagrin et des déceptions. Nos yeux en disent beaucoup sur nos histoires personnelles, mais aussi sur notre façon d’entretenir des rapports avec les autres.

Celui qui regarde au-dehors rêve, celui qui regard au-dedans se réveille.

Notre manière de regarder est un moyen de rétro-alimentation, mais également un signe de synchronisation – ou de manque de synchronisation – entre deux interlocuteurs.

Les dialogues les plus harmonieux sont ceux durant lesquels les personnes se regardent dans les yeux, font attention à l’autre et font preuve d’empathie.

D’autre part, nous connaissons aussi des amis qui ont tendance à éviter  le contact visuel, qui “cherchent une échappatoire” et qui baissent les yeux et nous fuient.

L’anxiété sociale, la timidité ou l’introversion agissent parfois comme des girouettes de ces regards qui vont et viennent, qui ne restent pas longtemps fixés sur un visage, par inconfort, crainte ou désintérêt.

Dans ces cas-là, il est très difficile de créer des ponts et d’établir une relation émotionnelle appropriée.

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Le Dr Simon Baron-Cohen, de l’Université de Cambridge, a démontré un aspect qui peut également s’avérer intéressant.

Grâce à divers tests réalisés au cours de plusieurs années, il a découvert que les femmes sont beaucoup plus habiles au moment de déchiffrer les émotions et les intentions d’une autre personne, rien qu’en interprétant son regard.

Aussi bien les hommes que les femmes ont obtenu des notes similaires quand il a été question d’interpréter le langage non verbal du corps.

Pourtant, les yeux sont toujours cet univers voilé, mais chargé de significations, qu’un regard féminin habile parvient à discerner et à déchiffrer.

Il semble que parfois, le regard réussisse à exprimer clairement ce que le cœur passe sous silence…

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