L'art comme refuge et canalisateur de la souffrance

L'art comme refuge et canalisateur de la souffrance

Dernière mise à jour : 22 juin, 2017

Pour Frida Kahlo, peindre était une façon de transformer la douleur en expression artistique. C’était son canal, son refuge, sa forme de liberté. Parce qu’elle a toujours refusé d’être victime, elle a compris très tôt que la vie ne devait pas se comprendre à travers sa souffrance physique. La vie, pour Frida Kahlo, était par-dessus tout de la passion.

Quand on admire son œuvre La Colonne brisée (1944), on ne peut pas s’empêcher de ressentir un profond frisson. Dans ce tableau, le symbolisme de la douleur acquiert plus que jamais une intensité palpable, physique et presque désespérante. Toutes ses années de traitement et les appareils orthopédiques qu’elle dut porter, elle les grava ainsi comme une sorte de témoignage, d’exaltation du corps physique comme synonyme de torture.

Frida a elle-même expliqué une fois qu’elle a peint tous ces autoportraits parce qu’elle se sentait seule. Plus que de vouloir canaliser la souffrance physique, elle avait besoin de se trouver face à quelqu’un pour lui expliquer comment elle se sentait, et cette personne n’était autre qu’elle-même.

Wainwright est catégorique sur ce point. Il sait très bien qu’en ce qui concerne la souffrance, il n’y a pas un avant ou un après, en particulier lorsqu’il s’agit de traumatismes vécus pendant l’enfance. Les démons dansent toujours à côté de nous, ils ne disparaissent pas totalement. Il y a simplement un moment où l’on choisit de rester victime toute sa vie ou de s’autoriser à être heureux-se, malgré le fait que l’on devra vivre avec ce souvenir.