Notre tristesse a besoin d’empathie, pas d’ignorance

· 16 juin 2017

Comprendre la tristesse peut parfois être compliqué. Ressentir de l’empathie pour la tristesse que nous ressentons impliquerait tout d’abord d’admettre qu’elle existe. Sans en avoir honte, ni l’écraser. La tristesse nous parle d’une douleur qui a touché notre âme, une douleur qui fait mal et qui doit faire mal.

Il serait simple de prendre sa tristesse et de l’accueillir si elle n’était pas si mal vue.  » Nous n’avons pas le temps d’être triste. Nous n’avons qu’une vie et elle sert à être joyeux et à sourire. » Combien de fois avez-vous entendu cela ? Cela vous dit quelque chose ?

Bien sûr que nous avons qu’une vie, et il serait idéal d’être joyeux la plupart du temps, et de ne pas avoir de problèmes qui rongent notre existence. Mais le fait est qu’ils sont là. Car la vie est lumière et obscurité. Et les deux coexistent dans le même espace et dans le même temps.

La tristesse a besoin d’être écoutée pour être comprise

Nous percevons la netteté de la lumière grâce aux moments où nous avons été dans l’obscurité. Grâce à l’obscurité, la lumière se montre salvatrice et nous montre sa brillante sagesse. Ainsi, pour poursuivre avec cette belle métaphore, comment comprendre la tristesse de la même manière ?

Grâce aux déceptions, aux adieux et en général aux coups de la vie, nous pouvons abstraire des significations, donner un sens aux choses. Grâce à cela, nous apprenons des leçons qui nous forment en tant que personnes, tout comme les grains de sable forment la plage.

Les expériences douloureuses se filtrent dans un peu de sagesse. L’obscurité se transforme inévitablement en lumière. Elle se transforme en apprentissage et nous montre ce que nous aurions dû comprendre de cette expérience. Ainsi, prenez votre temps pour être avec votre tristesse, pour la comprendre. Pour comprendre ce qui vous fait du mal et quel est le sens de cette douleur dans votre vie.

Entourez-vous de personnes qui ne minimisent pas votre tristesse

Personne ne peut nous arracher nos ressentis. Et encore moins avec des arguments tels que « Cela ne vaut pas la peine de pleurer… » Pleurez si c’est ce dont vous avez besoin ! Car cela en vaut la peine, car votre peine vaut quelque chose. Votre peine a de la valeur à ce moment-là de votre vie. Pleurez si vous en avez besoin. Pleurer soulage et déstresse. Pleurer aide à calmer la tempête intérieure. Écoulez votre douleur.

Mettez la musique que vous souhaitez. Accompagnez votre douleur de la manière que vous voulez. Prenez soin de vous, prenez soin de chacune de vos émotions. Donnez-leur une place pour pouvoir les comprendre. Si elles apparaissent, c’est parce qu’il y a quelque chose dans votre âme qui a besoin d’être écouté et pris en compte. Entourez-vous de personnes qui savent vous mettre en valeur, vous et vos émotions.

Des personnes qui ne vous taxent pas de fragile parce que vous êtes triste, ni qui veulent vous arracher votre tristesse sans avoir compris son origine. Il n’y a pas plus grande douleur que de partager des informations sur cette douleur, et qu’elles ne soient pas accueillies, ignorées ou sous-estimées. Cette sensation de ne pas se sentir écouté-e ni valorisé-e augmente encore plus la tristesse et la rend plus lourde.

Partager la douleur soulage plus que l’ignorer

Souvenez-vous qu’à chaque fois que vous avez partagé votre douleur avec un-e bon-ne ami-e et qu’au lieu de vous réconforter avec une phrase toute faite et « normalisée », il est resté à vos côtés et aux côtés de votre tristesse. Il l’a laissée exister et l’a accueillie pendant un moment dans le groupe que vous formiez tous les trois. Vous avez parlé, vous avez pleuré et même, l’humour a fini par s’incruster dans les mots et les phrases sans ordre.

C’est la véritable compagnie de la douleur. La compagnie qui accueille et qui prend soin. Une compagnie qui respecte les moments et qui n’agit pas dans la hâte. Une compagnie sage qui embrasse la douleur. Elle l’embrasse tellement qu’elle la rend un peu plus petite. Le ressenti se calme et le sens de cette douleur apparaît avec plus de netteté.

Une sensation qui n’apparaîtra jamais si nous enlevons la tristesse avec nonchalance, sans un regard et sans approfondir. Ainsi, embrassez votre douleur et laissez-la vous embrasser. Le soulagement sera une conséquence immédiate dès lors que vous lui apporterez la bonne compagnie. Et cette compagnie…  comme vous l’avez compris à présent, n’est autre que VOTRE compagnie.

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