L’âge nous apprend à être plus sélectif-ve-s

· 23 avril 2017

L’âge nous rend plus sélectif-ve-s et compétent-e-s au moment d’appliquer les bons filtres de protection. Petit à petit, les peurs tombent, les insécurités expirent et nous apprenons à prendre plus soin de nos priorités, à savoir « qui oui et qui non ». Car mûrir c’est, avant tout, prendre compte ce que nous méritons et lutter pour.

Il est étonnant de voir que le lien entre le nombre d’ami-e-s et de relations d’un individu a un lien direct avec son bonheur et son bien-être mental. Cela provient d’une théorie des années 90 de l’anthropologue Robin Dunbar, que l’on connaît aujourd’hui comme le nombre Dunbar.

« L’âge est une question d’esprit sur la matière. Si cela ne vous dérange pas, cela m’importe peu. »

-Mark Twain-

Selon cette phrase, une personne aurait besoin d’un groupe social d’au moins 15 individus pour se développer complètement. Cette approche est partie des « primates non humains » et de leur lien presque direct avec la taille du néo-cortex cérébral. Car les complexes « primates humains », c’est-à-dire nous, revêt de délicates nuances qu’il faut éclaircir ici.

Le nombre de relations sociales n’est pas directement lié au bonheur. C’est la qualité de ces relations qui nous apporte un véritable bien-être, un équilibre personnel et cette satisfaction qui nous permet de gagner en sagesse. De plus, au fur et à mesure que l’être humain mûrit, le nombre de relations sociales significatives chute pour souvent se réduire à un cercle solide, où les interactions favorisent une santé mentale authentique.

L’âge et la connaissance de soi

Commençons par éclaircir une donnée importante en lien avec l’âge. Gagner des années ne signifie pas forcément gagner en sagesse, en équilibre et en tempérance. Les modèles de personnalités évoluent, cela ne fait aucun doute, mais ils partent quasiment toujours des mêmes racines, d’un même substrat. Par exemple, l’individu à l’esprit carré, peu réceptif et habitué à voir le monde avec un filtre de négativité, ne va pas vivre une révolution intérieure soudaine, uniquement car il souffle une bougie de plus sur le gâteau de son anniversaire.

La maturité physique et la maturité psychologique ne sont pas les mêmes choses. Aristote affirmait que dans tout trait de caractère, il y a un excès, une carence ou un vertu qui nous accompagnera toujours tout au long de notre parcours. Cependant, il n’y a que celleux qui sont capables de pratiquer la bonté et la connaissance de soi qui jouissent, selon le philosophe grec, de cette qualité qui permet de se connecter avec le bonheur authentique qui consiste à savoir ce qui est prioritaire.

C’est facile à comprendre : en fonction de la manière dont je me perçois, je comprends le monde qui m’entoure d’une certaine manière. Si je suis avare, je perçois les gens généreux comme des gaspilleurs. Le défaut de mon caractère dévie mes perceptions intellectuelles et émotionnelles. Cependant, qui pratique la connaissance de soi où la bonté et le respect sont essentiels, applique le bon filtre mental qui lui permet de chercher et de s’entourer uniquement de ce qui s’harmonise avec ces principes.

Avoir dans sa vie des personnes nobles, authentiques et enrichissantes ne garantit pas seulement une meilleure santé mentale et émotionnelle. Aristote signalait que l’amitié basée sur la vertu favorisait notre développement moral. Car un-e bon-ne ami-e est quelqu’un à travers lequel on peut se voir soi-même, dans ses yeux, afin de continuer à nous améliorer en connaissance de nous-même.

Savoir qui vous voulez sans pour autant être égoïste

La vie est composée de moments, de personnes et d’expériences variées enchaînées comme des perles. Cela dépend de nous d’être sélectif-ve-s et d’accorder de la valeur à ces morceaux qui, grâce à leur brillance intense, nous permettent d’avoir une existence plus belle et plus significative. Il est donc nécessaire de garder quelque chose à l’esprit : être sélectif-ve, ce n’est pas être égoïste.

« On ne vit qu’une fois, et si on le fait bien, c’est suffisant. »

-Mae West-

Gagner en âge a de nombreux avantages à partir du moment où l’on a un esprit ouvert, intuitif et que l’on a su tirer de bonnes conclusions de ses expériences. Tôt ou tard, on finit par se rendre compte que certaines choses sont de trop, que notre équipement personnel traîne trop de poids et qu’il nous sera impossible de tirer cette valise toute la vie si nous voulons atteindre le chemin du bonheur.

Mûrir, c’est donc apprendre à appliquer des filtres psychologiques et émotionnels. Quiconque ose laisser partir certaines amitiés, certaines relations, habitudes et entourages, n’est pas orgueilleux, au contraire. Il met en pratique son excellent mécanisme de survie. Nous savons tou-te-s que lorsque nous sommes jeunes, notre filtre relationnel n’a pas de limites. Nous sommes réceptif-ve-s à tout et nous essayons de nous imprégner de tout ce qui arrive jusqu’à nous. Nous voulons expérimenter, vibrer, nous émouvoir…

Cependant, au fur et à mesure que les années passent et que les déceptions et les apprentissages arrivent, nous comprenons que pour avoir une bonne qualité de vie, « enlever » des personnes, des situations et des activités est nécessaire. Rester avec ce qui nous rend heureux-se, c’est pouvoir respirer en paix pour continuer à grandir, pour continuer à mûrir.

Quelqu’un a dit un jour que le secret d’une vie heureuse n’est pas de courir rapidement ni de monter très haut. Le secret se trouve dans le fait de savoir sauter, de résoudre les mauvaises passes, de trouver un refuge et de l’inspiration dans ces rochers de la rivière de nos vies où se trouvent les recoins les plus beaux, les plus solides et les plus reluisants.

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