Il y a celleux qui craignent les changements, moi j’ai peur que les choses ne changent jamais

23 mars 2017 dans Emotions 0 Partagés

Il y a des esprits obtus qui luttent pour que rien ne change, pour que toute structure ne perde une once de sa patine de rouille, pourtant caduque. Moi, à l’inverse, je n’ai pas peur des changements : je les attends avec la maturité de qui sait que rien de ce qui arrive ne reste, et rien de ce qui part ne perd tout.

Pensez un instant à la quantité de manuels sur la santé mentale ou sur la croissance personnelle qui existent : vous verrez qu’il y a un message qui abonde en permanence. « Change pour améliorer ta vie », « Les changements font peur mais ils sont parfois nécessaires. » À présent, ce n’est pas parce qu’on répète en boucle la même idée que l’on parvient à l’appliquer dès qu’on en a besoin. Que nous le croyons ou non, nous sommes des gens obstinés et très réfractaires aux changements. 

« Ce n’est pas l’espèce la plus forte qui survit ni celle qui est la plus intelligente, mais celle qui répond le mieux au changement. »

-Charles Darwin-

Parfois, nous préférons habiter dans des zones connues, indépendamment du fait qu’elles nous rendent heureux-ses ou pas. Car franchir la frontière du connu, c’est pénétrer dans les marasmes de la peur. Et si ce que j’y trouve est encore pire ? Finalement, disent beaucoup de gens, mieux vaut une vie de malheur connue et acceptée que l’incertitude. La résistance au changement, comme nous le voyons, plonge profondément ses racines dans une forêt dense et chaotique où la lumière du soleil n’entre plus.

Cependant, quiconque est capable d’aller au-delà des frontières de la peur favorise le changement et les possibilités. C’est une sensation intense et révélatrice où tout d’un coup, on devient plus réceptif-ve-s à tout ce qui nous entoure. Les idées coulent plus facilement avec ce changement et des milliers de possibilités s’ouvrent à nous.

Mille chemins plein de lumière.

Changer et se détacher des choses

Il y a quelque chose de curieux dont nous n’avons pas toujours conscience. Tout au long de notre vie, nous acceptons une infinité de petits changements qui, sans nous en rendre compte, forment un changement considérable. Nous modifions des aspects de notre caractère comme des réactions à des faits ou à des expériences déterminées. Nous nous adaptons ou même, nous déployons de nouvelles conduites pour consolider nos relations ou pour éviter des choses qui, à un moment donné, nous ont fait mal.

Mais, lorsque nous regardons derrière nous et que nous prenons conscience que nous ne sommes plus la même personne qu’il y a quelques années, cette sensation porte un nom : « crise ».  Ce détachement subtil par rapport au ‘moi’ d’hier génère de la peur et de l’angoisse car nous ne savons pas très bien ce qui attend le ‘moi’ du futur.

Nous avons peur de mûrir, de prendre des années. Briser une relation de couple nous coupe le souffle mais cela suppose de laisser partir quelqu’un que nous aimions. Avec cette personne, c’est une partie de nous-même qui s’évanouit.

Un changement implique toujours un détachement de quelque chose, sans aucun doute, et cela provoque de la peur. Cependant, rien ne part complètement car ce que nous faisons, c’est nous transformer. Nous agrandissons nos espaces d’action et nous élargissons nos sentiers intérieurs pour donner plus de place à la sagesse. Car les changements nous font grandir, car une crise n’est rien d’autre qu’une opportunité face à laquelle on est plus réceptif.

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Se connecter à soi-même pour se réveiller

Les personnes qui essaient de générer un changement dans leur vie sont nombreuses. Attention, nous ne parlons pas uniquement du besoin de rompre avec tout et avec tout le monde, en appuyant sur le bouton rouge « reset ». Nous voulons parler de la capacité de générer un changement intérieur pour ce qui nous entoure change aussi.

Il y a des personnes qui voit leur propre vie comme un échec continu. À chaque fois qu’elles essaient quelque chose, elles échouent. À chaque fois qu’elles pensent avoir trouvé quelque chose ou quelqu’un d’émouvant et d’unique, il disparaît entre leurs mains. La malchance existe-t-elle vraiment ? Pas du tout. Ce qui existe c’est une déconnexion intérieure. Les changements ne doivent pas être favorisés au hasard comme qui lance les dés ou comme qui plonge dans une piscine en se bouchant le nez.

Car qui accepte les risques ou les décisions sans se connecter avant tout à ses sentiments, son intuition et son expérience passée, finira sûrement par penser que la vie est régie par le hasard. Par ce destin capricieux et rebelle qui offre et spolie sans jamais s’ajuster à nos attentes. À nos désirs.

Tout le monde sait aussi que les changements nous rapprochent de territoires inexplorés. Cela provoque de la peur et de l’incertitude. Mais pour garantir le succès de cette « oscillation » dans notre vie, nous devons l’harmoniser avec toutes les dimensions dont nous avons parlées précédemment.

« Je fais ce changement car je sais que c’est ce dont j’ai besoin, car je sais que pour grandir et me permettre d’être plus heureux-se, je dois laisser derrière moi certaines choses, certaines personnes et certains décors. » Ainsi, pour parvenir à cette conviction pleine et authentique, nous devons « nous réveiller ».

Ouvrir les yeux de l’intérieur pour découvrir les opportunités qui nous correspondent nous oblige en premier lieu à calmer notre esprit. Enlevez du pouvoir à l’ego, au fantôme de la peur, et au tambour du « quand dira-t-on ? ». Se réveiller, c’est avant tout se connecter en paix et en équilibre à nos sentiments, en écoutant aussi ce que nous susurre notre cœur.

Car ici, dans ce palais de paix, la peur n’existe plus.

Image de Ashley Longshore

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