Quel dommage que les changements se produisent au moment où ils ne sont plus nécessaires

15 mars 2017 dans Psychologie 0 Partagés

Quel dommage que les changements se produisent au moment où ils ne sont plus nécessaires, ni pour ce qu’ils apportent, ni pour ce à quoi ils sont sensés pouvoir remédier. Une véritable perte d’énergie pour celleux qui un jour les ont réclamés mais qui ne les ont jamais obtenus et pour celleux qui les ont vu apparaître lorsque leur validité était déjà caduque.

Tous les changements sont bienvenus s’ils sont positifs, mais parfois, ils ne sont positifs que s’ils arrivent à temps. Certains se produisent avec des années de retard, d’autres n’ont pas saisi leur chance de remédier à quelque chose en arrivant quelques millièmes de secondes trop tard. Certains soignent seulement en apparence, et certains autres doivent se produire régulièrement pour que l’on puisse deviner ce qu’ils sont.

Le changement tardif ne contente pas, mais attriste

Quel dommage qu’un changement arrive quand la personne qui l’attendait s’est lassée et a tourné la page. Quand les sentiments, auparavant incessants et impatients, sont maintenant glacés, inexistants et entourés de cendres qui ne repartiront plus jamais en feu, ce qui prouve leur extinction.

Les changements tardifs sont bel et bien les plus déchirants ; ils sont  la preuve palpable de ce qui aurait pu être et qui n’a pas été.

Ils supposent la certitude de la réalité crue qu’un jour on a voulu mettre en suspens, entourée de magie et de mystère, quand peut-être y avait-il un manque d’entrain et un manque d’intérêt. Un détachement auquel ont recours les êtres humains comme une stratégie de protection, mais qui à la longue nous rend plus fragiles.

Les changements que l’on ne devrait jamais attendre

Il y a des changements que l’on ne doit jamais attendre, car ils dénotent qu’il n’existe pas un bon point de départ. Que ce soit parce qu’on accepte la situation telle quelle, dans l’espoir et sans hâte, ou parce qu’une bonne situation de départ s’est transformée en quelque chose que l’on n’a jamais voulu.

On attend des réactions, des changements, des engagements de personnes qui peut-être n’ont jamais pensé les réaliser ou les établir. Personne n’a le droit de demander un changement que l’autre ne veut pas réaliser, c’est pourquoi on ne peut pas savoir si l’on est enfermé-e-s dans des messages confus émis par les autres.

Nous n’avons pas le droit d’exiger, mais nous avons bel et bien le droit de refuser que l’on joue avec nous. Le véritable changement dans cette situation serait de commencer à nous respecter nous-mêmes ainsi que les valeurs que l’on cherche dans une relation. On doit identifier quelle a été notre erreur : elle peut avoir été donnée par des attentes trop hautes, ce qui n’enlève rien au fait que l’on a échoué et que l’on fait un exercice de justice en signalant cette erreur.


« La désillusion est une sorte de rupture. La rupture d’une âme qui dépense trop en espoir et en attentes. »

– Eric Hoffer –


Face au profond désenchantement, certain-e-s préfèrent assumer et changer de rythme en solitude et assumer la souffrance de la perte ou de la tromperie le temps qu’il faut, sans faire durer plus longtemps que nécessaire. D’autres restent bloqué-e-s dans la situation, attendant des changements qui n’arrivent pas, angoissé-e-s par des promesses qui ne se matérialisent pas, désirant, demandant, exigeant sans trouver de réponse.

D’autres changent de rythme et de situation, mais le deuil de ce qui est perdu ne passe pas par leur esprit. Le point final est là, mais iels refusent d’appliquer cette règle orthographique émotionnelle. Une règle qui est respectée au début avec souffrance et peine, mais qui au fil du temps produit des pages blanches, laissant écrites celles du passé de la seule façon possible.

La fadeur du changement qui n’est plus nécessaire

La fadeur du changement qui n’est plus nécessaire, c’est la première étape vers la liberté émotionnelle. Ce n’est pas une étape agréable. On pourrait se sentir libéré-e-s, réconforté-e-s d’être conscient-e-s que l’autre partie ait réagi, bien que tardivement.

Mais à quoi cela sert-il si les changements arrivent quand la passion s’est asséchée, quand les mots d’amour ou d’amitié nous décrivent comme un peu étranger-ère à notre coeur ? Quand le changement ne produit plus de dégel, mais un réponse glaciale et indifférente ? Quand le changement ne réveille pas les larmes d’espoir, mais l’affaiblissement émotionnel et la froideur ?


Il y a des changements qui arrivent tard, de même que certains détails, qu’un soutien inconditionnel dans des situations difficiles, qu’un excès d’indifférence.


Arrive tard ce qui un jour aurait pu être, mais qui ne peut plus être ; sans possibilité de surgir de nouveau. C’est pour cela que l’on doit lutter pour ce qui compte pour nous avant que n’apparaisse une série infinie d’excuses et de deuxièmes chances.

Il faut le faire car peut arriver le moment où la personne qui attendait ces changements ne les regarde plus, ne les considère plus comme quelque chose qui cadre avec sa vie actuelle. Il faut changer à temps, surtout si on veut éviter de voir se produire ces changement au moment ont ils auront dilapidé tout leur effet.

Les changements tardifs sont des changements caduques, qui appartiennent à un terrain désertique duquel ne surgiront plus la folie saine et la passion d’antan. Ce n’est pas possible, ce n’est plus nécessaire. Ce sont des changements qui restent à la gare et regardent le train passer, alors que la nuit tombe dans un village perdu. L’espoir s’est lassé et s’en est allé, accompagné de toute la magie et l’innocence que ce désir maintenait.

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