Le sentiment de culpabilité que nous inculquons à nos enfants

· 22 mai 2016

La sentiment de culpabilité que nous inculquons à nos enfants provient du sens de la culpabilité que nous avons nous-mêmes appris pendant l’enfance, et que nous avons laissé se développer dans notre vie d’adulte sans nous en rendre compte et que nous avons fini par transmettre à nos enfants

Ce sentiment de culpabilité qui nous procure de la souffrance et nous empêche d’aller de l’avant se construit en grande partie au travers de l’éducation que nous avons reçue ; au travers d’un ensemble de normes que l’on nous a enseignées, nous poussant à croire que nous devons les appliquer avec rigueur et sans distinction à toutes les circonstances.

Depuis notre plus tendre enfance, nous intégrons des normes rigides qui régissent nos vies à tel point qu’elles parviennent à se transformer en une voix intérieure culpabilisante

La fonction de la culpabilité dans nos vies

Que représente réellement la culpabilité dans nos vies ? Comment se manifeste notre culpabilité ? Depuis l’enfance, nous développons ce que l’on appelle un sens moral qui se construit sur les réactions des autres face à nos actes et à nos dires.

La culpabilité nous sert de signal qui nous indique que nous avons transgressé les normes établies.

 En fait, la culpabilité, dès le début, se charge de nous faire appliquer les normes que nous avons acquises tout au long de notre vie, qu’elles soient conscientes ou inconscientes.

Notre juge intérieur a pour mission de nous conseiller, et en fonction de sa rigueur, le sentiment de culpabilité peut constituer un problème qui ne fera qu’accroître ce sentiment de culpabilité.

Au contraire, si ce juge est plus flexible et tolérant, nous parviendrons à apporter les corrections nécessaires.

Rostro de mujer oculto por sus manos

En tant que parents, nous inculquons la culpabilité à nos enfants sans nous en rendre véritablement compte et sans savoir ce que cela suppose.

Nous alimentons un juge intérieur rigide qui tourmentera nos chères têtes blondes dans leur vie adulte.

Ce sentiment de culpabilité se transmet à travers des phrases telles que :

  • Tu dois toujours prendre soin de tes parents.
  • Écoute ce que l’on te dit et ne remet pas en question ce que l’on te dit.
  • Sois sage sinon personne ne t’aimera.
  • Sois responsable, travaille dur et prends soin de ta famille. Tu dois toujours être disponible pour eux.
  • Si tu ne travailles pas et que tu ne fais rien, tu n’es qu’un paresseux irresponsable.

Ce sont des phrases qui imposent aux enfants un modèle à suivre, qui disent ce qu’ils doivent faire à tout moment peu importe les circonstances, les caractéristiques personnelles et la motivation de nos enfants.

De plus, nous leur inculquons ainsi de manière implicite que s’ils n’obéissent pas à ces ordres, ils ne font pas les choses correctement et que par conséquent ils devraient se sentir mal.

Voilà le message qui arrive aux oreilles des petits garçons et des petites filles qui sont en plein développement personnel, apprenant à travers l’observation et la tendresse qu’ils reçoivent en réponse à leurs conduites.

Éduquer pour inculquer le sens de la responsabilité et non de la culpabilité

Les normes rigides que nous acquérons petit à petit finissent par être obsolètes, car elles ne s’adaptent pas à l’expérience et aux situations qui nous font grandir.

Le juge intérieur culpabilisant qui vit en nous se manifeste constamment, nous faisant nous sentir mal par rapport à certaines choses que nous avons faites ou pas faites, ou que nous aurions dû faire.

Notre propre culpabilité nous place dans une position défensive qui nous empêche d’écouter et qui nous rend incapables d’assumer nos erreurs ou d’apprendre de ces dernières.

Inculquer la responsabilité suppose que nous sommes conscients du fait qu’il n’existe pas de bien ou de mal, mais que chacun de nos actes s’accompagne de conséquences desquelles nous sommes responsables.

Nous devons apprendre de notre propre expérience, et prendre en charge nos impulsions, nos émotions et nos sentiments.

En nous rendant responsables de nos actes, notre juge intérieur gagne en flexibilité. Il s’adapte ainsi à nos besoins, nous permettant de faire l’expérience de la vie, d’observer et d’apprendre les conséquences qui découlent de nos actions.

Il n’est pas nécessaire de nous sentir coupables lorsque nous ne répondons pas aux attentes des autres.

“Dans la vie, il n’y a ni récompense ni punition, seulement des conséquences”
-Robert Green Ingersoll-
Cara de niña enfada detrás de un árbol

Nous déculpabiliser pour pouvoir déculpabiliser

Faire attention à ne pas transmettre le sens de la culpabilité à nos enfants demande évidemment beaucoup d’efforts, car nous avons appris à le faire de façon inconsciente en grandissant.

C’est pourquoi avant de pouvoir mettre en cela en pratique, nous devons d’abord nous déculpabiliser nous-mêmes.

À l’âge adulte, nous avons la responsabilité de modifier l’état dans lequel nous nous trouvons, de nous éloigner de ce sentiment de culpabilité, sinon nous continuerons d’agir comme des enfants qui cherchent la tendresse et l’affection à travers de leurs actes.

Nous devons assumer le fait que nous ne sommes plus des enfants, et que la tendresse et l’amour ne dépendent pas des attentes des autres.

Au contraire, nous devons nous ouvrir honnêtement aux fruits des décisions que nous prenons à chaque instant, assumant totalement leurs conséquences.

Cela implique que nous devons faire preuve de responsabilité, et ne pas agir à travers de la culpabilité. Nous devons être libres de décider pour nous-mêmes, sans exigence ni obligation.

“Pour son salut, l’esprit doit se libérer et intelligemment du désir de la récompense que génère la peur et la conformité. Si nous traitons nos enfants comme un bien personnel, si nous nous servons d’eux pour faire prospérer notre ego mesquin et pour réaliser nos ambitions, nous construisons alors un environnement, une structure sociale au sein desquels l’amour ne peut pas exister, car il se verra étouffer par la quête d’opportunités égoïstes. »
-Krhisnamurti-