Fusion d’identité : la relation entre l’identité personnelle et l’identité sociale

31 août 2018 dans Psychologie sociale 0 Partagés
fusion d'identité

La fusion d’identité est un type d’identité qui relie d’autres types d’identités. Pour mieux comprendre cela, pensons que nous avons tous au moins deux identités. Une identité personnelle et une, ou plusieurs, sociales. Notre identité personnelle est directement liée à notre personnalité. Nous pouvons être plus extravertis, plus amicaux, moins névrotiques, etc.

Notre identité personnelle sera finalement composée de différents trais qui nous définissent. Les identités sociales, en revanche, correspondent aux groupes auxquels nous appartenons. Par exemple, la famille, le pays, la religion, l’ethnie, l’équipe sportive, etc. Ces identités possèdent des normes, des valeurs et des rôles.

Mais, comment nous comportons-nous ? Conformément aux traits de notre personnalité ou aux normes de notre groupe ? Cela dépendra de l’identité qui sera activée.  Il s’agira normalement de notre identité personnelle. De sorte que nous nous comporterons en fonction de notre personnalité. Mais le groupe est parfois plus important, de sorte que nous nous comporterons en fonction du rôle que nous avons dans ce dernier, et de ses règles. Par exemple, lorsque notre groupe se sent menacé.

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Problèmes d’intégration des identités

La relation entre l’identité personnelle et l’identité sociale, que nous avons expliquée précédemment, pose certains problèmes :

  • Notre comportement est initié par la motivation. Le comportement tiendra compte de notre personnalité si la motivation provient de notre « moi personnel ». En revanche, le comportement sera déterminé par les règles et les rôles du groupe si la motivation provient de notre « moi social ».
  • Les membres d’un groupe se définissent en fonction de leur identité sociale. Les membres du groupe sont donc considérés comme interchangeables. Par exemple, une personne occupe le rôle de comique dans de nombreux groupes. Peu importe de qui il s’agit. L’important est que quelqu’un, peu importe qui, occupe le rôle de comique.
  • Le degré auquel nous nous identifions au groupe dépendra du contexte. Les changements feront que nous nous identifierons plus ou moins. Par exemple, si notre équipe sportive remporte une compétition importante, notre identité sociale (avec cette équipe) sera très forte. Cette identité deviendra cependant plus faible au fil des jours.

La fusion de l’identité

La relation entre les deux types d’identité comporte des limites qui ne peuvent être expliquées sans recourir à une autre identité. Il s’agit de la fusion d’identité. Elle se définit comme un sentiment viscéral d’unité avec un groupe. L’union avec le groupe est si forte chez les personnes ayant une identité fusionnée que les frontières entre l’identité personnelle et l’identité sociale deviennent très perméables. Qu’est-ce que cela signifie ? Que même si l’une des identités est activée, elle peut affecter l’autre. Par exemple, la remise en question de notre personnalité conduira les personnes qui fusionnent leur identité à défendre leur groupe.

Cette nouvelle relation entre les deux identités conduit à un fort sentiment de connexion avec le groupe. Ceci encourage la motivation des personnes  qui fusionnent à faire pour le groupe la même chose qu’ils feraient pour eux-mêmes. Les relations personnelles avec les membres du groupe s’en trouvent par la même renforcées.

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Les principes de la fusion d’identité

Les principales caractéristiques ou principes de la fusion d’identité sont :

  • Le premier principe est celui de l’agence personnelle. Il propose que les actions des personnes fusionnées reflètent à la fois leur identité personnelle et sociale. Dans ce cas, les membres du groupe ne seraient pas substituables car leur personnalité et leur rôle au sein du groupe sont valorisés.
  • Le second principe est celui de la synergie identitaire. Ce principe suggère que l’identité personnelle et sociale peuvent être combinée, donnant lieu à une forte motivation pour effectuer des choses au profit du groupe. Ces personnes seront les premières à collaborer et toute flatterie les incitera à collaborer davantage personnellement et en groupe.
  • Le troisième principe est celui des liens relationnels. Selon ce principe, les personnes fusionnées, qui possèdent des identités personnelles et sociales très fortes, pensent que les autres membres de leur groupe les possèdent également. Elles valoriseront par ailleurs les membres du groupe pour leur personnalité et leur identité sociale. Cela créera des relations très fortes.
  • Enfin, nous trouvons le principe de l’irrévocabilité. Selon l’irrévocabilité, la fusion d’identité se maintiendra indépendamment du contexte. Les liens que nous avons formés avec les autres membres du groupe renforcent le sentiment de fusion. Le rendent permanent. La fusion ne se produit qu’avec un seul groupe même si nous avons plusieurs identités sociales. Cette exclusivité fait que les personnes s’abstiennent de développer des identités fortes avec d’autres groupes, de sorte de la fusion se maintienne.

Pour conclure. Les relations entre l’identité personnelle et l’identité sociale sont généralement exclusives. L’une ou l’autre est activée. Ces identités se confondent chez certaines personnes, de sorte qu’elles s’auto-alimentent en faisant que ces personnes réalisent davantage de choses en faveur du groupe. Les comportements dépendront donc dans une large mesure du fait que notre identité soit ou non fusionnée.


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