Sans changer d’habitudes, on ne peut pas changer de vie

· 1 juin 2017

Au milieu du changement, la répétition des journées est pleine d’éléments constants. Des habitudes qui nous libèrent d’une prise de décisions continue et faite de manière consciente. Nous savons que quand nous nous levons, nous devons prendre une douche, nous habiller, déjeuner et sortir à toute vitesse pour prendre le bus, le métro ou profiter des feux verts.

Nous n’y pensons pas, nous enclenchons notre pilote automatique et nous le suivons tandis que nous préparons mentalement la réunion que nous avons en plein milieu de la matinée ou que nous terminons de décider des plats que nous servirons ce soir à nos invités. Nous barrons le riz de notre liste quand nous lisons sur Internet que les carbohydrates ne sont pas conseillés le soir. Une salade, on fera une salade et on mettra quelques petites choses à côté pour grignoter. C’est plus rapide et tout le monde trouvera quelque chose à son goût.

La technologie et notre rythme de vie nous ont dissociés

L’ère de la technologie est une ère dissociée, au cours de laquelle le corps et l’esprit passent beaucoup de temps à travailler dans des directions différentes. Le corps se charge des habitudes et la tête des nouvelles choses, des choses complexes ou importantes. Cette dissociation influe, par exemple, sur la perception du passage du temps ou sur le fait que nous commettions plus d’erreurs en réalisant des tâches simples. Nous laissons les clés à un endroit que nous oublions car pendant que nous les posions quelque part, nous lisions toutes les publicités qui étaient dans notre boîte aux lettres.


Le corps se charge des choses anodines et la tête des choses nouvelles, des choses complexes ou des choses importantes.


Ensuite, tandis que nous laissions ces « super prix » au-dessus des clés, nous avons commencé à rédiger l’e-mail que nous devions écrire. C’est à partir de cette dissociation, du fait que notre tête va à une vitesse différente de celle de notre corps, que naît une partie du stress qui maintient notre quantité de pulsations ou notre tension à un niveau élevé. C’est comme courir après une carotte qui est toujours devant nous parce que le bout de bois et la corde qui la portent sont ancrés dans notre tête.

Pendant un instant, nous fermons les yeux puis les ouvrons à nouveau, effrayés par l’inertie qui nous guide et le crépitement de nos habitudes.

Puis vient le moment où nous décidons de changer

Au milieu de cette inertie, nous aimerions que nos vies soient différentes. Nous aimerions être plus ordonné-e-s, passer plus de temps avec nos ami-e-s, ne pas nous sentir bloqué-e-s par nos propres problèmes quand un-e ami-e nous appelle pour dire que sa mère est décédée. Quand nous nous rendons compte de la vitesse astronomique de notre passage sur Terre, nous réalisons que nous aimerions qu’une bonne partie de notre vie soit différente… et ce changement doit passer par une modification de nos habitudes.

Le fait est que cela ne se produira pas si nous ne décidons pas d’avancer. Nous n’irons jamais voir cette ville que nous aimons tant si nous n’économisons pas, si nous n’achetons pas le billet d’avion, si nous ne préparons pas notre valise, si nous n’attachons pas notre ceinture et si nous ne nous préparons pas à voler. Nous ne le ferons jamais si nous ne commençons pas à faire des activités distinctes, si nous ne décidons pas de le faire.


Nous aimerions être plus ordonné-e-s, passer plus de temps avec nos ami-e-s, ne pas nous sentir bloqué-e-s par nos propres problèmes quand un-e ami-e nous appelle pour dire que sa mère est décédée.


Songez au fait que très souvent, la commodité de la répétition est une espèce de trou noir qui nous attrape. Au milieu de cet ensemble de forces, le changement suppose une décision, un coût et une exécution. Sortir de notre esprit, des jeux imaginaires et commencer à rendre notre intention et notre réalité tangentes implique d’assumer des risques. Des risques qui font s’accélérer nos pulsations mais qui ont une autre saveur que celles engendrées par le stress.

Bien, alors que pouvons-nous faire pour produire un changement significatif dans nos habitudes ? Nous allons structurer ce processus en trois étapes :

  • La première serait de réfléchir à ce que ce changement va nous apporter et à notre motivation pour aller dans cette direction. S’il s’agit d’un processus très long, établissez des petites récompenses intermédiaires et des moments pour évaluer ce changement.
  • Commencez le plus tôt possible. Si vous avez décidé d’arrêter de fumer, n’attendez pas que la semaine se finisse. Dites-vous que le plan que vous avez élaboré va être beaucoup plus puissant si vous le suivez dès maintenant.
  • Partagez ce changement avec les autres. Grâce à cela, la pression sociale exercée par votre entourage vous forcera à avancer dans la direction de ce changement. Vous vous disputerez probablement avec eux mais, au final, ce changement sera plus facile à atteindre et ils vous pardonneront probablement tout.

Vous avez sûrement déjà ressenti cette sensation : se dire que ces changement paraissent faciles et excitants quand nous sommes dans notre lit ou sur le point de nous endormir et se rendre compte au réveil de leur difficulté dès que nous posons un pied au sol et reprenons les mêmes habitudes. C’est comme si le train arrivait mais que l’effort produit pour le faire dérailler était beaucoup plus intense.

C’est peut-être le dernier point que nous devons gérer quand nous cherchons à atteindre un changement : être conscient-e-s du fait que nous allons échouer par moments ou que cela va être plus difficile que prévu. Mais cela ne fait rien ! Nous aurons l’opportunité de réessayer.