L’amnésie dissociative, l’oubli causé par le traumatisme

· 14 avril 2017

L’amnésie dissociative est caractérisée par le fait d’oublier un événement qui contient une forte charge négative. En psychologie, on l’appelle l’amnésie psychogène. Cet oubli n’est pas provoqué par une pathologie physiologique identifiable et la récupération de l’information oubliée peut se produire de manière naturelle ou via une psychothérapie.

Il y a des expériences traumatiques qui peuvent nous marquer à vie. Elles peuvent changer de nombreux aspects de notre vie et de nos relations. La souffrance intense produit un fort impact et dans le but de nous protéger, notre esprit s’écarte du processus de récupération de l’événement traumatique ou de certaines caractéristiques qui lui sont associées.

Même si la prévalence n’est pas très élevée, il existe des peuples spécifiques ou des situations concrètes dans laquelle l’amnésie dissociative est fréquente. Par exemple, les soldats qui ont été témoins de la guerre, des personnes qui ont souffert d’abus sexuels dans l’enfance ou de violence domestique, des désastres naturels ou des actes terroristes.

La fuite dissociative, la perte de l’identité à cause du stress

Il ne s’agit pas seulement de l’oubli d’un épisode en particulier, mais aussi de la perte de l’identité. Les personnes exposées à un tel événement peuvent se perdre à l’intérieur des endroits où elles résident, abandonnant ville et famille. Cela peut durer quelques heures jusqu’à plusieurs années. Dans le cas où la fuite dissociative dure longtemps, la personne peut même créer une nouvelle identité, avec une nouvelle famille et avoir un nouveau travail.

Dans certains cas, le désir de s’échapper d’une situation adverse peut être très présent. Même s’il ne s’agit en aucun cas d’une simulation de la maladie, mais de l’amnésie de l’identité propre en réponse à une situation hautement stressante. Pendant l’épisode de fuite dissociative, le sujet peut avoir une apparence normale et des comportements qui n’attirent pas l’attention.

Quand l’épisode se termine, la personne se trouve dans un endroit inconnu sans savoir comment elle est arrivée jusque là. Normalement, elle ne se souvient pas de ce qui s’est passé pendant l’épisode, même si elle commence à se rappeler tout ce qui s’est passé avant l’épisode. Parfois, la récupération de l’identité précédente a lieu de manière graduelle, même si certains détails peuvent ne jamais être récupérés.

Amnésie dissociative spécifique à la situation

L’amnésie dissociative affecte des épisodes concrets qui sont vécus comme traumatiques et qui ont pu gravement affecter la personne. Même si elle ne se souvient pas de l’événement, celui-ci affecte quand même son comportement. Par exemple, une femme qui a souffert d’un viol dans un ascenseur ne s’en souvient pas, mais évite d’utiliser des ascenseurs. Ou l’idée de monter dedans la rend mal.

La personne retrouve souvent des souvenirs de l’événement, même s’il lui est difficile de déterminer quelles sont les informations réelles car elle mélange le vrai du faux. L’amnésie provoquée par le traumatisme peut apparaître de différentes manières. Les voici :

  • L’amnésie localisée. On oublie un épisode en particulier, en général un événement traumatique.
  • L’amnésie continue. On ne se souvient de rien à partir de l’événement traumatique jusqu’à aujourd’hui.
  • L’amnésie généralisée. On ne se souvient de rien concernant son identité, ni qui on est et où l’on vit. Elle arrive dans des cas extrêmes et est peu fréquente.
  • L’amnésie sélective. On ne se souvient que de quelques aspects de l’expérience vécue.
  • L’amnésie systématisée. La perte de la mémoire à propos de certaines informations. Par exemple, concernant sa mère.

Traitement et récupération des souvenirs

L’amnésie dissociative n’arrive pas toujours immédiatement après l’apparition de l’événement stressant. Elle peut survenir après des heures et même des jours. Parfois, des images rétrospectives de l’événement apparaissent, comme dans le cas du trouble de stress post-traumatique, mais ici, la personne ne sait pas que ce qu’elle voit est réel.

Dans la plupart des cas, il existe des problèmes de comportement, de fatigabilité, de sommeil, de dépression et d’abus de substances. Quand l’amnésie s’apaise et que l’individu se souvient de tout ce qui s’est passé de manière subite, le risque de suicide augmente. En thérapie, on l’aide à gérer l’expérience traumatique via le soutien familial et en l’aidant à développer des stratégies d’affrontement.

On utilise souvent des techniques d’hypnose clinique. Grâce à des techniques de relaxation et de concentration pour atteindre un état modifié de conscience, ce qui permet à la personne d’explorer ses pensées, ses émotions et ses souvenirs qu’elles a pu bloquer dans son esprit conscient. Ce type de stratégies comportent aussi des risques, comme celui de « récupérer » de faux souvenirs ou de se remémorer des expériences hautement traumatisantes.