La violence dans le domaine familial

21 mars 2017 dans Psychologie 80 Partagés

Il est de plus en plus commun d’entendre parler des différents types de violence qui peuvent se dérouler dans le domaine familial. Il existe la violence domestique, la violence de genre ainsi que les abus et la maltraitance infantile. Toutes ces formes de violence sont égales au niveau de leurs conséquences physiques, psychologiques et sociales.

Le problème réside dans le fait que tout le monde ne sait pas faire la différence entre ces termes et ne sait donc pas les utiliser correctement. C’est pour cette raison que, dans cet article, nous traiterons de ces variantes de la violence dans l’environnement familial pour que les différences soient claires et pour que nous puissions utiliser chacun des termes avec la précision qu’ils requièrent.


« La violence ne signifie pas seulement tuer quelqu’un d’autre. Il y a de la violence quand nous utilisons un mot dénigrant, quand nous faisons un geste pour ridiculiser une personne, quand nous obéissons parce que nous avons peur. La violence est beaucoup plus subtile, beaucoup plus profonde. »

-Jiddu Krishnamurti-


Qu’est-ce que la violence domestique ?

La violence domestique est celle qui s’exerce dans le cercle de la famille. Il s’agit de toute la violence qui est exercée sur les personnes qui cohabitent dans le foyer, qu’elles aient des liens de sang ou non. Cela veut dire que la violence domestique inclut : la violence entre conjoints, celle des parents envers les enfants, des enfants envers les parents ou toute autre personne intégrée dans le cercle familial qui cohabite avec l’agresseur, même s’il ne s’agit pas d’un enfant biologique.

Autrement dit, lorsqu’on parle de violence domestique, toute personne peut être agresseuse ou victime tant qu’elle fait partie du même cercle familial et même s’il n’y a pas de liens de sang. Malheureusement, même les médias ont l’habitude de comparer ce type de violence à la violence de genre, alors que le premier terme est un concept beaucoup plus vaste.

Qu’est-ce que la violence de genre ?

La violence de genre représente les actes de violence physique ou psychologique entre des personnes qui ont ou ont eu une relation affective ou sentimentale comparable à une relation conjugale. Cette agression est réalisée par l’homme sur la femme et n’est pas liée à leur cohabitation.

Par conséquent, pour qu’on considère un cas comme un cas de violence de genre, la victime doit être une femme qui a eu ou continue à avoir un lien avec l’agresseur. On doit également prouver qu’il existe une relation affective de longue durée. Cette définition exclut les relations sporadiques ou amicales. Cela veut dire que pour qu’on applique à un-e possible agresseur la loi intégrale de la violence de genre, la relation sentimentale doit être démontrée lors du procès.

Alors, où est la différence entre la violence domestique et la violence de genre si c’est un homme qui agresse une femme ? La différence réside dans la cause. Pour être considéré comme violence de genre, la cause doit être la relation de pouvoir entre les sexes, c’est-à-dire la soumission de la femme en raison de la domination violente de l’homme. C’est pour cela que seules les femmes peuvent être victimes de la violence de genre.

Cela veut-il dire qu’il n’y a pas de femmes qui agressent des hommes ? Non, absolument pas, mais plus de femmes que d’hommes en meurent. Quand on a affaire à un cas d’assassinat d’un homme par une femme, la majorité des cas, selon l’Observatoire pour la violence de genre, sont liés à un long passé de violence de genre et cela signifie donc qu’il s’agit d’un acte pour se défendre soi-même ou ses enfants.

C’est pour cela que, dans la majeure partie des condamnations de femmes en raison de violence sur les hommes, on applique le cas de la légitime défense et on considère donc comme un délit mineur ce qui autrefois était un délit de fautes. Ceci a été changé récemment dans le code pénal.


« La violence sexuelle, raciale, de genre et d’autres formes de discriminations dans la culture ne peuvent pas être éliminées si l’on ne change pas la culture. »

-Charlotte Bunch-


La différence entre les abus, la maltraitance et le viol infantile

Malheureusement, ce ne sont pas seulement les adultes qui souffrent ou peuvent souffrir d’un type de violence dans le cercle familial. Il existe aussi le cas d’abus, sexuels ou non, de maltraitance et de viols. Ces termes ne sont pas non plus utilisés adéquatement dans les médias, que ce soit quand on parle de l’enfance ou quand on parle d’eux en tant que victimes adultes et en-dehors du cadre familial.

Les abus peuvent être physiques, psychologiques ou sexuels. Ils sont physiques quand on blesse l’enfant, psychologiques quand on a affaire à des humiliations ou des vexations et sexuels quand on réalise des actes obscènes devant l’enfant ou qu’on procède à des attouchements.

Par conséquent, le terme « abus » est beaucoup plus large et peut inclure la maltraitance quand on ne commet que des agressions physiques ou le viol quand on procède à des agressions sexuelles qui impliquent un contact et pas seulement de l’exhibitionnisme ou des actes obscènes.

Intervention psychologique lors des différents types de violence familiale

Une fois que l’on a reconnu et fait la différence entre les différents termes que nous avons évoqués dans cet article, il convient de nommer les différents types d’interventions psychologiques conseillées, aussi bien pour les victimes que pour les agresseurs dans ces cas, car les deux sont importants.

Dans les cas de violence domestique où c’est l’enfant qui agresse et fait du mal à ses parents, il existe souvent de grands problèmes de communication au cours desquels on veut exprimer une émotion mais on ne sait pas le faire de la manière la plus correcte. En outre, les parents n’ont pas non plus su communiquer ou établir de bases pour une relation saine. C’est pour cela que l’on procède normalement à des interventions familiales qui développent la communication et la cohésion, ou des interventions individuelles pour contrôler la colère, entre autres.

Quand il s’agit de violence de genre, l’intervention qui se fait sur la victime vise à améliorer son estime d’elle-même, son indépendance, l’acquisition d’habilités sociales et l’aide à surmonter son traumatisme. En ce qui concerne l’agresseur, les interventions se concentrent sur la rééducation avec des schémas différents de ceux de la société patriarcale, sur des habilités de contrôle de la colère avec des compétences de communication, entre autres.

Si nous avons affaire à des abus infantiles, surtout de type sexuel, l’intervention rapide est très importante. On doit chercher la réassignation du sens de cette expérience, le traitement des symptômes de culpabilité et l’établissement d’un environnement sûr pour la guérison du traumatisme. Avec les agresseurs, on doit appliquer les programmes établis pour le contrôle de l’agression sexuelle et chercher leur réintégration.

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