Les séquelles de l’alcoolisme

4 avril 2017 dans Autres 1858 Partagés

Dans notre société, boire de l’alcool est une habitude très fréquente, et même approuvée socialement. C’est lié aux fêtes, aux retrouvailles entre ami-e-s ou c’est une manière de créer du lien. Voilà pourquoi il existe un grand pourcentage de personnes prises au piège dans les griffes de ce fléau. Et beaucoup d’entre elles ne le savent pas.

L’addiction à l’alcool est l’une des plus sévères et des plus compliquées à surmonter au vu de la facilité qu’on a à s’en procurer, à l’inverse d’autres drogues. L’alcool se trouve dans tous les bars et la grande majorité de la population en consomme habituellement ou occasionnellement.

L’alcool a des répercussions sévères sur celleux qui en abusent, et elles sont souvent irréversibles. L’alcoolisme est une maladie grave qui, lorsqu’elle n’est pas traitée, peut entraîner de graves conséquences au niveau professionnel, personnel et de la santé.

Effets de l’alcool sur le cerveau

L’alcool est un déprimant du système nerveux central (psycholeptique), ce qui signifie qu’il bloque ses fonctions. L’alcool contient de l’éthanol, qui est absorbé par le flux sanguin. Les molécules sont petites, ce qui fait qu’il traverse facilement la barrière hémato-encéphalique, qui protège le cerveau des substances toxiques. Lorsqu’il arrive dans le cerveau, une augmentation de la dopamine et des endorphines dans le sang a lieu. 

Puisque c’est une substance déprimante du système nerveux central, il affecte les neurotransmetteurs gabaergiques et glutamatergiques. L’alcool produit sur le consommateur un effet de relaxation et de sédation, affectant des parties du cerveau chargées du mouvement, de la mémoire et de la respiration.

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Le glutamate a un rôle critique dans la mémoire et la cognition et l’alcool l’inhibe, générant la mort de neurones dans des lieux d’association responsables du comportement social, de la maîtrise de soi, du jugement… On perd le contrôle inhibiteur. Il affecte aussi le cerveau moyen ou mésencéphale qui est lié à la coordination motrice, à la parole, à la vision et à l’état d’alerte.

Selon Naas et Trouvé, voici ce que l’alcool produit sur celleux qui en abusent :

  • Un effet de plaisir, semblable à celui qui se déclenche lorsqu’on consomme du chocolat ou que l’on a une relation sexuelle.
  • La neurotoxicité : elle entraîne des dommages dans le tissu nerveux, produisant la mort de neurones.
  • La tolérance : avec la consommation d’alcool répétée, l’ingestion d’alcool est de plus en plus élevée pour atteindre le même effet.
  • Le syndrome d’abstinence : quand la consommation continue d’alcool est interrompue brusquement, au bout de 8 heures environ, cela provoque les effets suivants : anxiété, dépression, fatigue, irritabilité, tremblements, entre autres.
  • Le renfort positif : la motivation pour consommer de l’alcool est très forte, et est associée aux effets “positifs” que la consommation entraîne, comme l’euphorie sociale immédiate, l’effet anxiolytique ou les relations sociales désinhibées.

La fameuse “gueule de bois” que l’on ressent après une ingestion importante d’alcool est due à la déshydratation cérébrale car l’organisme a tendance à expulser l’alcool à l’aide de différents organes via la transpiration ou l’urine, générant alors cette déshydratation et ses conséquences, comme les nausées, les maux de tête, la vision floue etc.

Troubles mentaux aigus induits par l’alcool

Parmi les répercussions que l’alcool peut avoir sur le développement de troubles mentaux, ont trouve les répercussions aiguës qui durent une période déterminée du temps. Nous parlons notamment du delirium tremens, de l’hallucinose alcoolique et de l’amnésie partielle.

Dans le delirium tremens, les symptômes commencent à apparaître entre le deuxième et le quatrième jour d’abstinence de la substance, et peut parfois mener à la mort de la personne. Si elle survit à cet épisode, elle tombe dans un sommeil profond qui dure des heures et des heures. Et commencent alors de l’anxiété, les insomnies, les tremblements et la tachycardie.

Dans la phase de delirium, le sujet est désorienté, avec un niveau de conscience fluctuant, des hallucinations visuelles, une peur intense et parfois même des crises convulsives. Les hallucinations peuvent être visuelles, auditives, tactiles et terrorisent la personne. Il peut également y avoir des délires de nature paranoïaque.

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Dans le cas de l’hallucinose alcoolique, les symptômes psychotiques surviennent après une forte intoxication, normalement une dose élevée d’alcool pendant plusieurs jours d’affilée. Les hallucinations dont on souffre le plus souvent sont auditives et au contenu menaçant et accusateur. Parfois, elles peuvent accompagnées de délires.

L’amnésie partielle (black out) est une amnésie partielle ou totale de ce qui s’est passé pendant que l’on était en état d’ébriété, qui inclut en général plusieurs jours, même si cela peut être plusieurs jours. La personne affectée peut se souvenir d’épisodes isolés et ne pas se souvenir de certaines heures pendant lesquelles elle a vu quelqu’un ou elle a dit ou fait quelque chose.

Troubles mentaux chroniques induits par l’alcool

Après l’abus ou la dépendance prolongée de l’alcool, les répercussions sur le cerveau peuvent être irréversibles provoquant alors différentes pathologies mentales comme :

  • La démence alcoolique : c’est la démence causée par les éléments extérieurs, comme l’alcool, provoquant la symptomatologie typique des démences comme la perte de la mémoire récente, la confusion et la désorientation, des changements de personnalité ou l’apathie.
  • L’encéphalopathie de Wernicke : il s’agit de la phase aiguë et antérieure au développement du syndrome de Korsakoff qui, s’il n’est pas traité, aboutit à la phase suivante. Les symptômes sont divers, comme le nystagmus ou l’ophtalmoplégie (paralysie des muscles oculaires), le manque de coordination dans les mouvements, la désorientation de temps et de lieu, la prosopagnosie (le fait de ne pas reconnaître des visages familiers). Surviennent également l’apathie, les problèmes d’attention et de concentration. C’est un processus progressif, et le traitement est l’ingestion de doses massives de thiamine mais les déficits provoqués sont irréversibles.
  • Le syndrome de Korsakoff : il est causé par le déficit nutritionnel de thiamine (vitamine B1) du à l’abus chronique d’alcool et à la malnutrition continue. Il provoque de l’amnésie, surtout pour des faits très proches au début de la maladie. Le/La malade est aussi sujet-te aux confabulations : iel invente des souvenirs sans intention de mentir, iel essaie de trouver des réponses à ce dont iel ne se rappelle pas. L’affect est nul et le/la patient-e est apathique et a peu conscience d’être maladie, ce que l’on nomme anosognosie.
  • Les altérations de la personnalité. Une consommation prolongée d’alcool chez celleux qui abusent de cette substance peut avoir des répercussions sur la personnalité, comme de graves problèmes dans la sphère sociale et familiale.
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