Le b.a.-ba de l’anxiété

26 avril 2017 dans Psychologie 124 Partagés

L’anxiété, cette émotion si connue, si ressentie aujourd’hui et dont on souffre dans bien des circonstances de notre vie. L’anxiété est présente à chaque fois que nous identifions un possible danger pour notre survie, mais nous l’invitons aussi lors des situations qui ne sont pourtant pas dangereuses si nous les analysons objectivement. Même à si nos yeux, ce sont d’authentiques adversités.

L’anxiété nous accompagne avec les meilleures intentions, voulant devenir notre amie, notre alliée, préparée à nous aider à lutter contre ce qui peut nous faire du mal ou à partir en courant si c’est nécessaire.

Mais ce que l’anxiété ne sait pas, c’est que parfois, elle devient une accompagnatrice si lourde et gênante que l’on aimerait s’en débarrasser. Alors, demandons-nous : pourquoi l’anxiété se présente-t-elle dans nos vies sans être invitée ? Est-elle si mal éduquée ?

La réalité, c’est que nous sommes responsables de cette situation. La manière dont nous interprétons les situations de notre vie quotidienne est la responsable. Objectivement, c’est la réalité, mais chaque personne voit les choses de différentes manières.

L’anxiété par lettres

Toutes les émotions ont un composant cognitif et mental, un autre physiologique ou émotionnel et un autre de comportement, selon la manière dont nous comportons face à l’émotion ressentie. De plus, les émotions apparaissent souvent dans un contexte spatio-temporel déterminé. Ce sont des situations qui ont des antécédents.

Albert Ellis, le père de la psychothérapie rationnelle émotive comportementale, a conçu un registre appelé « Registre A-B-C » sur lequel il explique les émotions par parties. Ce qu’il souhaitait faire avec cette décomposition était analyser tous les composants, même si pour lui, la racine de tous les problèmes émotionnels se trouvent surtout dans le composant cognitif.

Le A se réfère à la situation que nous avons vécue, appelée situation à risque ou perturbatrice. Le B est le composant cognitif, c’est-à-dire, les pensées automatiques négatives et les croyances irrationnelles qui passent dans notre esprit quand nous nous retrouvons face à une situation déterminée et la manière dont nous l’interprétons et/ou nous l’évaluons.

Selon la psychologie cognitive, ces pensées et croyances sont le produit de l’éducation reçue dans l’enfance, les expériences vécues tôt et la culture dans laquelle nous évoluons.

Pour finir, le C, qui se réfère au composant émotionnel et comportemental. C’est-à-dire à ce que nous ressentons dans cette situation et comment nous nous comportons face à elle.

Dans l’anxiété, ces trois composants sont souvent assez différenciés et le traitement passe par l’analyse des situations qui la provoquent, qui sont celles auxquelles il faut se confronter. D’autre part, les pensées qu’il faut questionner et modifier, ainsi que le sentiment propre d’anxiété et la manière de se comporter.

Le A de l’anxiété

Le A implique une situation de vie plus ou moins risquée pour la personne. Même si objectivement la situation ne doit pas entraîner de risque ni de danger, elle est vécue de cette façon. Les situations de déclenchement peuvent provenir du contenu social, psychologie, familial, de couple…

Ce qui compte, ce n’est pas le contenu, mais le fait que le patient soit capable de l’identifier clairement comme un antécédent de son état d’anxiété.

Le B dans l’anxiété

Le B est la pensée ou la cognition qui détermine l’état émotionnel d’anxiété. Elle apparaît selon A, et est personnelle et subjective selon chaque personne. Toutes les personnes n’ont pas les mêmes pensées dans les mêmes situations, mais chaque interprétation est un monde et deux visions de la même situation ne sont pas forcément similaires.

Dans l’anxiété, les pensées sont souvent catastrophistes, dramatiques et sous forme de questions qui anticipent le pire scénario possible. Voici certains exemples de pensées anxieuses : Et si je fais une gaffe pendant le rendez-vous ? Et si mon avion a un accident ?

Dans la plupart des cas, ces pensées sont très exagérées et irréalistes, et sont basées sur la croyance que le pire est plus probable. Une stratégie pour lutter contre les pensées est de savoir faire la différence entre la possibilité et la probabilité.

Ce qui est possible n’est pas probable pour autant. Il est évident qu’il existent des tragédies, mais nous devons être disposé-e-s à tolérer cette incertitude de la vie si nous ne voulons pas laisser notre vie aux moins de l’anxiété.

Le C de l’anxiété

Pour conclure, le composant C de l’anxiété est divisé en deux : le C émotionnel, l’émotion à proprement parler, et le C comportemental, c’est-à-dire la manière dont nous agissons face à une situation déterminée. L’émotion anxieuse est caractérisée par sa physiologie, qui est hautement désagréable pour la personne qui en souffre. Certaines manifestations de l’anxiété sont les suivantes : la tachycardie, la vision floue, les nausées, les tremblements, la transpiration froide ou la dépersonnalisation…

Cela provoque parfois, pour les personnes qui souffrent d’anxiété, la contraction de peurs à ses propres réactions de peur, augmentant ainsi les dites manifestations et créant le cercle vicieux de la panique.

Ce que les patient-e-s doivent comprendre, c’est que ces manifestations sont conçues pour nous aider à échapper à de possibles dangers qui mettent notre vie en péril. Ainsi, il ne faut pas en avoir peur, bien au contraire.

Le C comportemental typique de l’anxiété est la fameuse réponse lutte-fuite. Face à la croyance d’un danger pour notre survie, nous avons deux chemins : lutte contre ou s’échapper.

Cette réponse a beaucoup de sens dans le cas des dangers réels, mais construit le trouble psychologique si le danger n’existe pas, puisque c’est le produit de nos pensées irréalistes (anxiété B).

La réponse de lutte-fuite est l’aliment qui assure la survie de l’anxiété car elle ne nous permet pas de tolérer l’émotion et de faire redescendre naturellement son intensité. De plus, cognitivement, nous ne pouvons pas vérifier si les pensées sont basées ou non sur la réalité.

Lorsqu’on échappe à la situation, nous réaffirmons que ce que nous étions en train de penser sur cette situation est vrai, et dans le futur, nous agirons donc de la même manière. Ainsi, se referme le cercle vicieux de l’anxiété, qui s’installera dans nos vies comme un accompagnant sans date de péremption, et ce, jusqu’à ce que nous la regardions droit dans les yeux.

Lisez aussi : L’intolérance à l’incertitude, le cœur de la dépression et de l’anxiété

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