Apprenez à surmonter votre phobie !

31 août 2017 dans Psychologie 86 Partagés

Nous avons tou-te-s une phobie ou connaissons tou-te-s quelqu’un qui en a une. Certaines peuvent ne pas en arriver à nous conditionner dans notre quotidien, et nous pouvons donc vivre parfaitement en les ignorant. Par exemple, avoir la phobie des serpents ou des rats ne vous apportera pas beaucoup d’anxiété dans votre vie quotidienne si vous vivez dans une ville.

Cependant, la phobie de conduire (amaxophobie) peut constituer un véritable problème. Ou la phobie de voler si vous devez souvent voyager pour votre travail. Il est donc important de travailler l’anxiété produite par certains stimuli inoffensifs, qui produisent à leur tour des comportements d’évitement qui alimentent cette panique… Découvrez comment !


« L’homme qui a peur sans danger invente le danger pour justifier sa peur. »

-Alain Emile Chartier-


La clé de la phobie est l’anxiété

L’anxiété est l’émotion qui apparaît quand nous avons une phobie. Avant tout, nous devons donc apprendre à faire baisser son intensité quand elle fait son apparition. Nous pourrons ainsi nous informer à propos de ce qui nous provoque cette phobie car, parfois, elle est due à des croyances erronées : lorsque nous les démontons, elle disparaît. De la même façon, acquérir des capacités de gestion de la situation que l’on craint nous sera utile.

Nous allons nous pencher sur un exemple : si nous avons peur des chiens, nous pouvons en arriver à croire qu’ils sont tous dangereux. Si nous nous informons à leur propos, nous découvrirons que ce n’est pas le cas. Par ailleurs, si nous cherchons à savoir comment nous comporter avec les chiens pour pouvoir réguler leur comportement lors de différentes situations, nous aurons davantage de ressources à utiliser dans les situations que nous vivrons. Ces ressources nous feront nous sentir en sécurité et diminueront notre niveau d’anxiété ; la menace s’évaporera peu à peu.


« Dans la vie, on ne doit rien craindre. On doit seulement comprendre. »

-Marie Curie-


En plus de nous informer à propos de la réalité du stimulus phobique et d’apprendre à le gérer, il est fondamental de travailler une autre série d’outils. Ainsi, apprendre à nous relaxer nous sera d’une grande aide. Il existe de nombreuses techniques pour y parvenir, il suffit juste de trouver celle qui nous correspond le mieux, en fonction du stimulus et de nos caractéristiques personnelles.

L’étape suivante : vous exposer à l’objet de votre phobie

Quand ce qui provoque notre phobie apparaît devant nous, notre anxiété éclate. Notre coeur se met à battre à toute vitesse. Notre respiration s’accélère. Nous nous bloquons complètement et notre attention est capturée par ce même stimulus. Nous voulons seulement fuir ou l’éviter, pas vrai ? En fait, c’est exactement ce que nous faisons. Et l’anxiété redescend… Jusqu’à ce que réapparaisse le stimulus phobique et jusqu’à ce que nous réagissions de la même manière face à l’anxiété. Celle-ci en est donc renforcée.

Il est clair que cette stratégie d’évitement est efficace à court terme, mais pas sur une longue durée. Alors, que pouvons-nous faire ? Nous devons cesser de fuir. Je sais que ça a l’air difficile, mais c’est pour cela que le premier pas a consisté à apprendre à nous relaxer et à contrôler notre anxiété. Ainsi, quand notre phobie apparaîtra, nous serons capables de gérer cette émotion négative.

Pour cela, il est nécessaire que nous nous exposions petit à petit au stimulus phobique. En d’autres termes, il faut préparer une liste avec les situations liées à notre phobie et les ordonner selon le degré d’anxiété qu’elles génèrent en nous. Une fois que cette liste sera dressée, nous devrons surmonter chacune de ces situations, sans fuir.

Nous commencerons par celle qui nous produit le moins d’anxiété et, quand nous noterons que cette émotion désagréable apparaît, nous mettrons en marche les stratégies que nous avons acquises pour la gérer (par exemple, relaxation, attention dissociée du stimulus, arrêt du cycle de pensées, etc.) au lieu de l’éviter. Une fois que nous la surmonterons, nous serons prêt-e-s pour nous exposer à la situation suivante. De cette façon, nous verrons comment, peu à peu, nous pourrons réussir à nous exposer calmement à des situations qui, auparavant, nous causaient une très grande anxiété.

Pour finir… récompensez-vous !

Chaque fois que nous voulons transformer un comportement en habitude, nous devons nous renforcer après l’avoir mise en marche. Il est donc important que nous nous récompensions nous-mêmes après nous être exposé-e-s au stimulus phobique et avoir réussi à gérer l’anxiété sans éviter la situation. Finalement, nous venons de traverser un moment désagréable… Nous le méritons !

De cette façon, nous réussirons à augmenter petit à petit notre auto-contrôle face à cette première pulsion de fuite. Mais pas que. Après l’exposition, nous pourrons aussi voir que les conséquences négatives que nous attendions avant d’affronter la situation n’étaient en réalité pas aussi mauvaises que nous le pensions. Il se peut même qu’elles ne se soient pas du tout montrées. Ceci constitue déjà une force et une motivation pour affronter le degré de difficulté suivant qui, après avoir dominé les situations antérieures, ne semblera plus si haut.


« L’anxiété est un fleuve de terreur qui coule dans notre esprit. Si on le nourrit, il peut se transformer en torrent qui emportera toutes nos pensées »

-A. Roche-


Surmonter une phobie est relativement simple si l’on sait comment faire et si l’on met correctement en marche les techniques que nous avons vues. Par conséquent, si vous pensez que ce problème est présent dans votre vie, il est important de consulter un-e psychologue adéquat, qui vous guidera à travers de processus et vous permettra de reprendre le contrôle de votre vie… Alors, ne fuyez plus !

Images d’Aziz Acharki, Tertia Van Rensburg et Connor McSheffrey

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