L’évitement vous fera vous sentir encore plus mal

22 janvier 2017 dans Psychologie 845 Partagés

Nous sommes tous passé-e-s par des situations qui nous ont causé tant de mal-être que l’unique chose que nous voulions faire lors de ces moments était de s’échapper. Nous expliquerons ici pourquoi cet évitement, qui peut a priori paraître le meilleur mécanisme de défense, nous est particulièrement nocif, surtout à long terme.

En outre, nous ne parlerons pas seulement des préjudices que peut causer cette forme d’affrontement mais aussi des conduites qu’il est recommandé de mener à la place de l’évitement. Des conduites d’évitement qui ne cherchent qu’à éloigner la possibilité d’exposition à la situation qui est perçue comme désagréable, voire même douloureuse.


« J’ai appris qu’on ne peut pas faire marche arrière, que l’essence de la vie est d’aller de l’avant. La vie, en réalité, est une rue à sens unique. »

-Agatha Christie-


Qu’est-ce que l’évitement ?

Quand nous nous trouvons dans des situations que nous jugeons menaçantes, nous présentons tous une série de stratégies d’affrontement pour leur faire face. Celles-ci se configurent et s’ancrent en nous tout au long de la vie. Si elles sont utiles dans des conditions déterminées, nous aurons tendance à augmenter leur fréquence d’usage et même à les adapter à de nouveaux problèmes pour lesquels, au début, elles ne semblent pas être les plus adéquates. Au contraire, si elles semblent inefficaces, nous aurons tendance à les éliminer de notre répertoire.

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En partant sur cette base, il existe différents types de stratégies qui peuvent se mettre en place. L’une d’entre elles serait l’évitement et, à l’intérieur de l’évitement, nous pouvons distinguer l’évitement par anticipation et la fuite. Dans le premier cas, nous anticipons une situation désagréable et faisons tout notre possible pour nous en éloigner. Dans le second cas, nous sommes déjà au cœur d’une situation désagréable et nous concentrons toute notre énergie pour essayer de lui échapper.

Quand c’est possible, les conduites d’évitement ont la vertu de restaurer le calme. À court terme, elles comptent sur cette force, qui dans de nombreux cas est très puissante : le soulagement immédiat de ces sentiments désagréables. Ainsi, les personnes vont continuer à mettre en place cette stratégie chaque fois que quelque chose les fera se sentir mal. De cette manière, elles vont éviter de plus en plus des situations dans les différents domaines où elles peuvent surgir, rendant leur vie de plus en plus conditionnée par la peur.

Cette façon d’affronter les situations est prise en compte au moment de traiter différents troubles émotionnels. Si ce comportement se modifie, il va favoriser de manière notable la récupération du bien-être psychologique.

De quelle manière affronter les situations qui nous causent du mal-être ?

Si, à long terme, avoir recours à l’évitement de ce qui nous cause du mal-être nous est en réalité nocif, que pouvons-nous faire ? Devons-nous abandonner et céder à la souffrance ? Non, car il existe d’autres façons de faire face à une situation, qui ne finissent pas par constituer une sérieuse limitation pour nos vies.

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Folkman et ses collaborateurs (1986) ont réalisé une classification des différents types d’affrontement :

  • Confrontation : altérer la situation qui nous cause du mal-être à travers des actes directs voire agressifs, avec des attitudes hostiles et risquées.
  • Distanciation : s’éloigner de la situation mais sans en sortir, de manière à ce que nous puissions enrichir la perspective que nous avons d’elle.
  • Contrôle de soi : la capacité de mettre en marche les stratégies de régulation émotionnelle que nous possédons.
  • Recherche de soutien social : essayer de faire en sorte que les autres nous informent, nous conseillent et nous comprennent.
  • Évitement : comme nous l’avons déjà vu, il suppose de fuir concrètement la situation.
  • Planification : analyser la situation pour chercher les alternatives que l’on peut utiliser.
  • Réévaluation positive : voir la situation comme un défi qui nous aide à nous développer personnellement, au lieu de la voir comme une menace à notre stabilité.

« Considérez les contrariétés comme un exercice »

-Sénèque-


De cela découle le fait qu’il n’est pas seulement mal d’agir avec évitement, mais aussi que les autres types de stratégies ne seraient pas non plus appropriées. La confrontation hostile et agressive en serait un exemple.

Cependant, une distanciation qui nous permettrait de nous contrôler, de réévaluer la situation de manière positive, de planifier les actions que nous allons mener et de chercher un soutien social (sans en arriver au point de dépendre des autres pour tout) peut être bénéfique. Ceci est clair, tant que nous n’avons pas à agir de manière rapide.

Comme nous le voyons, il s’agit plutôt d’utiliser avec intelligence les différentes stratégies que nous avons à notre portée. Ainsi, éviter certaines situations peut être une stratégie prudente mais nous ne pouvons pas avancer dans la vie en sautant au-dessus des flaques quand il pleut souvent. En fait, si nous insistons avec cette stratégie d’évitement, nous finirons immobilisé-e-s à un endroit, priant pour que l’eau ne s’accumule pas dans le petit espace que nous occupons et sans avoir appris la moindre chose sur le chemin.

En revanche, si nous insistons pour développer des formes d’affrontement avec lesquelles nous n’évitons pas les défis, nous développerons notre sentiment d’auto-efficacité qui apparaît quand nous faisons bien les choses. Par conséquent, notre estime personnelle sera également renforcée.

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