La souffrance émotionnelle, l’angoisse de notre cerveau

· 30 septembre 2016

Face à une déception, la fin d’une relation amoureuse, une trahison, un mensonge ou la perte d’un être cher, on ressent de la souffrance émotionnelle.

Une souffrance déchirante qui pendant des siècles et des siècles a été concrétisée sous forme de poèmes et de chansons pleines de souffrance.

Ces intuitions poétiques ont été encouragées par des études neurophysiologiques, lesquelles ont pu prouver que la métaphore de la souffrance psychologique générée par n’importe quel type de perte sociale ou émotionnelle se reflète dans nos circuits cérébraux.

Concrètement, il est possible de se rendre compte de cela grâce à la résonance magnétique fonctionnelle, une technique d’imagerie neurologique nous permettant de voir quelles zones s’allument quand notre coeur est brisé et que nos émotions s’enflamment.

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Le cerveau de la souffrance émotionnelle

Curieusement, il se trouve que les mêmes zones cérébrales qui s’activent quand on souffre d’une douleur physique le font quand quelque chose se rompt à l’intérieur de nous, que le trouble nous envahit et que la souffrance émotionnelle est plus intense.

Eysenberg et son équipe ont donc mené une étude auprès de personnes qui se sentaient exclues, sous-estimées et angoissées.

Cette étude a reflété des changements au niveau du flux sanguin de deux zones cérébrales essentielles:

  • Le cortex cingulaire antérieur, qui est une zone impliquée dans le déclenchement de l’expérience de douleur physique. L’étude a prouvé que plus l’angoisse était grande, plus l’activité dans cette zone était importante.
  • Le cortex pré-frontal se montrait plus inactif quand la souffrance émotionnelle était moindre.

Comme nous le voyons donc, le cortex cingulaire antérieur joue un rôle dans l’élaboration de ce type de sentiments d’angoisse, de peine et de peur du vide émotionnel que nous laisse la perte, la tromperie ou le rejet.

De son côté, notre cortex préfrontal se charge de réguler nos émotions et de compenser le sentiment douloureux qui peut nous envahir lorsqu’on est rejeté, en contribuant ainsi à calmer la souffrance que nous provoque notre blessure émotionnelle.

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Plus d’informations sur la géographie de nos émotions

Pour être plus spécifique et savoir à quoi ressemble la route qu’empruntent nos émotions, on doit connaître certaines informations supplémentaires.

Concrètement, il faut savoir que la circonvolution du cingulaire présente trois zones émotionnelles différentes :

  • La zone antérieure, laquelle est responsable de l’élaboration de sentiments et d’émotions négatives (Attention ! Le fait qu’elles soient négatives ou non ne veut pas dire qu’elles doivent être mauvaises ; par exemple, la tristesse est bonne si tant est qu’elle ne soit pas pathologique).
  • La zone centrale, celle qui intègre nos émotions et nos pensées.
  • La zone postérieure, celle qui génère des sentiments et des émotions positives.

Par exemple, la zone cingulaire centrale s’active lors de l’excitation sexuelle (chez l’homme) ainsi que face à certaines tâches ou activités qui résultent stressantes ou qui requièrent beaucoup d’attention de notre part.

 


Sachant cela, on peut comprendre que les neurotransmetteurs (substances qui régulent les fonctions cérébrales) souffrent d’un grand abattement dans des moments émotionnellement durs pour nous.


 

Il est intéressant de savoir que tant les antidépresseurs que les autres médicaments destinés à améliorer l’humeur agissent sur notre cerveau en régulant ou en réduisant l’activation de la zone cingulaire antérieure, laquelle, comme nous vous l’avons dit précédemment, est impliquée dans l’activation d’émotions et de sentiments négatifs.

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Finalement, on se rend compte du fait que la douleur physique et la souffrance émotionnelle empruntent le même chemin.

C’est pourquoi on ne doit pas sous-estimer les blessures émotionnelles ni les laisser guérir « toutes seules et à l’air libre ».

En fait, que notre coeur se brise ou que notre ami nous trahisse, la souffrance provoquée est intense aux niveaux mental et physiologique. La plupart d’entre nous serons conscients de la déchirure qu’ils ressentent quand il s’agit de mettre un terme à une relation importante, par exemple, avec notre premier amour.

Nous sommes habitués à enfouir la souffrance émotionnelle et à ne pas faire cas de la douleur à laquelle nous soumettent les blessures psychologiques.

Cependant, comme nous l’avons souligné à d’autres occasions, généralement, on fait immédiatement le nécessaire pour remédier à la douleur lorsqu’on a intensément mal à la tête ou au ventre.

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Agir sur notre bien-être mental et émotionnel, travailler pour comprendre ce qui nous arrive et apaiser nos plaintes et autres angoisses, c’est une façon d’éviter que la souffrance ne s’accentue.


De même que la douleur physique nous avise d’une lésion, il nous faut tenir compte du fait que la souffrance émotionnelle émanant de la séparation, du rejet ou de la déception est adaptative, car elle nous aide à comprendre que quelque chose ne va pas et qu’on doit s’en occuper.

Une fois que cela est clair, on peut s’intéresser à de nouvelles et rigoureuses études qui nous aident à comprendre encore mieux non seulement la présence de la souffrance psychologique, mais aussi la meilleure manière de nous apaiser et de tirer des leçons de l’angoisse que cela nous génère.