Comment les plaintes affectent-elles notre cerveau ?

10 août 2016 dans Emotions 4 Partagés

Deux amis se rencontrent. En cinq minutes, l’un d’entre eux est assailli par les plaintes de l’autre.

Ce dernier se plaint de ses parents, de son frère, du chômage, de son célibat, du très mauvais service de santé, du manque de conscience de ses voisins, ainsi que des mesures arbitraires prises par le gouvernement.

Il y a certaines situations dans la vie où il est évident que le fait de se plaindre est légitime.

La plainte est alors une réaction naturelle nous permettant de nous libérer de toutes les tensions accumulées.

La perte d’un proche, le fait de ne pas avoir d’emploi, un divorce ou une maladie grave, voilà tout autant d’expériences douloureuses pour lesquelles une plainte peut réveiller notre empathie.


« Cet homme qui avait conscience du chaos qu’était sa vie a préféré se plaindre plutôt que d’essayer de la changer. »

-John Katzenbach-


Néanmoins, certaines personnes se plaignent quotidiennement. Elles se disent que les « bonnes personnes » qui les entourent sont obligées de les écouter, auquel cas elles passeraient alors pour des personnes insensibles ou égoïstes.

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Les plaintes d’aujourd’hui

Vivre à l’époque actuelle n’est pas simple ; nous sommes perpétuellement bombardés d’informations, qui la plupart du temps, sont douloureuses et inquiétantes.

De plus, on doit tolérer des chefs de mauvaise humeur, ou des collègues fâchés, sans compter les problématiques personnelles auxquelles nous sommes exposés telles que les pertes, les maladies, ainsi qu’un sac rempli de situations qui par moments, en arrivent à être asphyxiantes.

Face à un panorama de ce type, généralement, deux options s’offrent à nous : analyser chaque situation et trouver la solution la plus appropriée, ou bien résister et adopter la posture de la plainte.

Ce qui est inquiétant dans cette seconde option, c’est qu’elle devient une habitude, ce qui limite donc nos potentialités et génère une attitude négative chez ceux qui nous entourent.

On pourrait penser que se plaindre est une sorte de catharsis face aux pressions auxquelles nous sommes soumis.

Certes, parfois, la plainte revêt cette fonction. Cependant, sans que l’on s’en rende compte, elle peut aussi rapidement devenir une habitude que l’on répète comme un cercle vicieux et qui devient une réponse automatique face aux difficultés.

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Les conséquences sur notre cerveau

Selon des études menées par plusieurs scientifiques, c’est de la fréquence et de l’intensité émotionnelle avec laquelle on se plaint que dépendra l’importance des changements subis par notre cerveau.

En effet, lors de cette période de frustration et d’impuissance constantes, le cerveau libère des hormones telles que de la noradrénaline, du cortisol et de l’adrénaline, qui finissent alors par altérer le fonctionnement normal de cet organe.

Certains scientifiques affirment même qu’être exposé de façon répétée à la plainte détériore voire élimine les connexions neuronales présentes dans l’hippocampe de notre cerveau, cette zone justement chargée de trouver des solutions aux problèmes dont on se plaint.

Se plaindre avec insistance, c’est une façon de se conditionner négativement, ce qui génère le rejet des autres et qui finit par détériorer nos relations familiales, amoureuses ou professionnelles.

C’est une condition de dépendance, donc d’immaturité et de passivité face aux problèmes.

Que peut-on faire ?

Les choses seront difficilement ce que nous voulons qu’elles soient, alors pourquoi se frustrer et s’énerver pour des choses qui ne changeront pas, tout simplement parce qu’elles échappent à notre contrôle ?

Ne serait-il pas plus raisonnable d’avoir une attitude plus flexible et d’opter pour un comportement plus adaptable, qui nous permette de pouvoir faire de meilleurs choix dans notre vie ?

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L’énergie que l’on utilise pour nous plaindre est celle dont nous avons besoin pour faire face à l’adversité.

Il ne sera donc jamais trop tard pour faire un travail là-dessus et rectifier le tir en changeant de comportement.

Evidemment, face à certaines situations, il est sain de se révolter. C’est un droit dont on doit faire usage, car il fait aussi partie des options qui s’offrent à nous et il renforce notre estime de nous-même.

Pour surmonter cette habitude si usante de se plaindre, il est important de commencer par analyser les problèmes à tête reposée et de les évaluer : que peut-on faire, comment et quand ?

En d’autres termes, on doit apprendre à interpréter les choses de façon différente et moins autodestructrice.

N’essayons pas de changer le monde des autres, faisons plutôt un effort pour améliorer le nôtre.

Pour s’en souvenir

Il y a des situations au cours desquelles la plainte devient une stratégie consciente ou inconsciente de manipulation.

Le transgresseur expérimente la culpabilité et la façon de déguiser cette culpabilité consiste à réveiller chez l’autre des sentiments de compassion ou de solidarité, pour ne pas avoir à faire face avec responsabilité aux conséquences de ses actes.

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La plainte est un état de mal-être qui a tendance à se perpétuer, une condition source de souffrance, mais en même temps un profit négatif.

Cette satisfaction douteuse peut être travaillée avec l’aide d’un thérapeute, ce qui permet alors de la transformer en profit positif, ou autrement dit, en désir agissant, afin de pouvoir surmonter cet état de passivité face à la vie.

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