Qu’est-ce que la psychologie anormale ?

· 8 janvier 2019
Savez-vous en quoi consiste ce concept ?

Le terme de psychologie anormale n’est pas le plus populaire dans le monde de la psychologie. Ce fait est peut-être dû aux connotations que pourrait avoir une telle dénomination. Cependant, comme nous le verrons dans cet article, son champ d’étude est plus que connu. Pour comprendre la psychologie anormale, il est d’abord essentiel de comprendre ce que nous voulons dire à travers le terme « anormal ». À première vue, le sens paraît évident: anormal fait référence à quelque chose qui est en-dehors de la norme.

La psychologie anormale se centre sur l’étude et le traitement des troubles mentaux et émotionnels qui interfèrent avec la capacité d’une personne à se sentir elle-même et à réaliser les fonctions de la vie quotidienne. Ces troubles peuvent être le résultat d’un trauma physique ou émotionnel, d’un héritage génétique ou de déséquilibres au niveau de produits chimiques du cerveau. Les personnes qui souffrent de ces troubles ont généralement besoin de traitement avec des médicaments, de psychothérapie ou des deux.

Ainsi, la psychologie anormale étudie les personnes qui sont « anormales » ou « atypiques » en comparaison avec les membres d’une société déterminée.

Psychologie anormale : approches

Il existe différentes approches au sein de la psychologie anormale. Tandis que certains psychologues ou psychiatres peuvent ne suivre qu’un seul point de vue, beaucoup se servent d’éléments de domaines différents pour comprendre et mieux traiter les troubles psychologiques. Ces approches sont l’approche psychanalytique, l’approche comportementale, l’approche médicale/biologique et l’approche cognitive.

Approche psychanalytique

L’approche psychanalytique de la psychologie anormale vient des théories de Sigmund Freud. Les suppositions principales incluent la croyance de Freud selon laquelle l’anormalité provient davantage de causes psychologiques que de causes physiques. Selon lui, des conflits non-résolus entre l’identification, l’ego et le super-ego peuvent contribuer à l’anormalité.

L’approche psychanalytique suggère que de nombreux comportements anormaux proviennent de pensées, désirs et souvenirs inconscients. S’il est vrai que ces sentiments sont hors de la conscience, on croit tout de même qu’ils influent sur les actions conscientes. Les professionnels qui adoptent ce point de vue pensent qu’en analysant des mémoires, des comportements, des pensées et même des rêves, les personnes peuvent découvrir et gérer certains sentiments qui les ont poussées à avoir des conduites non adaptatives et à ressentir de l’angoisse.

freud et la psychologie anormale

Approche comportementale

L’approche comportementale de la psychologie anormale se centre sur les comportements observables. Les comportementalistes croient que nos actions sont en grande mesure conditionnées par l’expérience et non pas par la pathologie sous-jacente aux forces inconscientes. Par conséquent, on considère que l’anormalité est le développement de modèles de comportements non adaptatifs (c’est-à-dire nocifs) pour l’individu.

Cette approche met l’environnement en avant et s’intéresse à la façon dont on acquiert un comportement anormal. Le comportementalisme établit que tous les comportements (même les anormaux) s’apprennent de l’environnement. Tous ceux qui ont été appris peuvent aussi être « désappris » (c’est ainsi que l’on traite le comportement anormal).

Dans la thérapie comportementale, l’attention se centre sur le renforcement des comportements positifs. Le but est d’éliminer n’importe l’influence des comportements non adaptatifs. Ainsi, le point de vue comportementaliste met de côté l’influence du traitement de l’information et se concentre sur les antécédents (stimulus) et leurs conséquences (comportements).

Approche médicale/biologique

L’approche médicale/biologique de la psychologie anormale croit que les troubles ont une cause organique ou physique. Elle se centre donc sur les possibles causes biologiques de la maladie mentale. Cette approche s’intéresse à la compréhension de la cause sous-jacente aux troubles. L’origine peut donc se trouver dans l’héritage génétique, les maladies physiques, les infections et les déséquilibres chimiques.

Ce point de vue affirme que les troubles mentaux sont liés à la structure physique et au fonctionnement du cerveau. C’est pour cette raison que les traitements médicaux sont essentiellement et fréquemment de nature pharmacologique, même si l’on utilise souvent les médicaments en complément d’un type de psychothérapie.

Approche cognitive

L’approche cognitive de la psychologie anormale concentre son attention sur les pensées et leur influence sur la façon dont nous nous comportons et nous sentons. Elle étudie la manière dont l’information est traitée dans le cerveau et l’impact de ce traitement sur le comportement.

Les hypothèses de base sont les suivantes :

  • Le comportement inadapté est causé par des cognitions défectueuses et irrationnelles
  • Le comportement est la façon dont vous considérez un problème, et pas le problème en soi. C’est cela qui provoque des troubles mentaux
  • Les individus peuvent surmonter des troubles mentaux en apprenant à se servir de cognitions plus appropriées

On considère l’individu comme un processeur actif d’information. La façon dont une personne perçoit, anticipe et évalue les événements -leur construction de la réalité- conditionnera leur comportement. Par ailleurs, ce point de vue signale que beaucoup de ces pensées agissent de façon automatique, sans que nous nous en rendions compte.

psychologie anormale

L’anormalité comme comportement atypique

La psychologie anormale peut se centrer sur le comportement atypique mais son approche ne consiste pas à garantir que toutes les personnes entrent dans une définition étroite de « normalité ». Dans la majorité des cas, elle cherche à identifier et traiter des problèmes qui peuvent provoquer de l’angoisse ou une détérioration dans un aspect de la vie d’une personne. Ainsi, en identifiant « l’anormal » -et par anormal, nous voulons dire ce qui provoque des dommages-, les chercheurs et thérapeutes peuvent améliorer les interventions qu’ils proposent en consultation.