Que se passe-t-il dans le cerveau lors d’une expérience spirituelle ?

· 5 novembre 2018
Nous vous expliquons ici quel est l'effet dans le cerveau d'une expérience spirituelle.

Nous sommes persuadés du fait que les expériences spirituelles sont des rencontres avec des vérités majeures. Ou avec des pouvoirs associés à la foi. L’interprétation de ce concept est propre à chaque individu. Pour cette raisons ces expériences spirituelles peuvent prendre de nombreuses formes. Mais, que se passe-t-il dans notre cerveau lors d’une expérience spirituelle, mystique ou religieuse ?

La question de ce qui se produit dans le cerveau au cours d’une expérience spirituelle a été explorée. Et ce à plusieurs occasions. En fait, les chercheurs sont intrigués par l’importance de la spiritualité dans la vie des individus depuis des décennies. Ils se sont donc centrés sur l’étude du cerveau humain lorsque nous nous sentons profondément connectés spirituellement.

« Tu cherches le silence de la montagne mais tu le cherches dans l’extérieur. Le silence est accessible pour toi maintenant, au sein de ton propre être. »

-Ramana Maharshi-

Différentes manières de comprendre l’expérience spirituelle

Le problème est que le concept de « spiritualité » peut être compris de différentes manières au sein des cultures. Et parmi les individus. En fait, tout ce que l’on peut appeler « une expérience spirituelle » peut stimuler le cerveau de manière très complexe. Pour cette raison, détailler un mécanisme cérébral associé à la spiritualité peut se montrer difficile.

interprétation de l'expérience spirituelle

Néanmoins, malgré la difficulté de l’objectif, les chercheurs ont continué à investir leurs efforts dans ce sens. Dans leurs conclusions, ils soulignent l’idée que les régions cérébrales multiples sont impliquées dans le traitement des expériences d’union avec un être supérieur.

De plus, nous pouvons lire une autre conclusion à la fin de différentes études. Elle affirme que les individus qui participent à la pratique spirituelle à long terme ont diminué l’activité dans leur lobe pariétal droit (lié à l’approche auto-orientée). En d’autres mots, les expériences spirituelles sembleraient augmenter, pour ainsi dire, le désintérêt dans le cerveau

« Pour expérimenter chaque jour la spiritualité, nous avons besoin de nous rappeler que nous sommes des êtres spirituels. Qui passent du temps dans un corps humain. »

-Barbara de Angelis-

Spiritualité et dépression

Lisa Miller est éditrice du Manuel de Psychologie et de Spiritualité de L’Oxford University Press. Elle a mené une série d’études sur l’impact des vies spirituelles intenses sur le cerveau des individus. Sa recherche a révélé que ces personnes démontrent un épaississement cortical dans le cortex préfrontal. 

Curieusement, Miller dit que les personnes souffrant d’une dépression chronique expérimentent un amaigrissement cortical dans la même région du cerveau. Cela donna lieu à une hypothèse. La spiritualité et la dépression sont probablement deux faces de la même pièce de monnaie.

Miller et une équipe de chercheurs du Spirituality Mind Body Institute employèrent la résonance magnétique fonctionnelle pour comprendre ce qui se déroule dans le cerveau des personnes lorsqu’elles imaginent une expérience spirituelle intense.

Cette équipe recruta des personnes disposées à participer à différentes pratiques spirituelles et religieuses. Dans une première expérience, on leur demanda de se rappeler d’une expérience spirituelle personnelle et on scanna simultanément leur cerveau. On utilisa des scripts avec des instructions pour décrire une situation dans laquelle elles pouvaient ressentir une forte connexion avec un pouvoir supérieur. Ou une présence spirituelle.

respiration active et expérience spirituelle

 

Toutes les personnes étudiées avaient des pratiques spirituelles très différentes. Pour cette raison, les expériences décrites dans le guide de l’expérience couvrirent un éventail très large de variabilité. On partit donc « d’une relation bidirectionnelle avec un pouvoir supérieur » et « d’une sensation d’unité dans la nature avec l’océan ou la cime d’une montagne ». En passant par le fait « d’être dans une zone d’activité physique intense (comme des sports ou du yoga), prise de conscience soudaine, connectivité ou flottabilité corporellement ressentie, méditation ou prière ».

Les chercheurs affirmèrent que cela peut être lié à une définition plus ample et moderne de la spiritualité. Qui peut être indépendante de la définition religieuse. Ces découvertes ont été publiées dans la revue Cerebral Cortex.

Spiritualité et stress

Etudier l’activité spirituelle des volontaires en imaginant une expérience spirituelle personnelle permit aux scientifiques d’identifier les régions cérébrales probablement impliquées dans le traitement des événements spirituels.

Miller et ses collègues comparèrent également l’activité cérébrale observée lorsque les participants décrivirent une expérience spirituelle avec l’activité cérébrale observée lorsque les volontaires imaginaient des expériences stressantes ou neutres qui ne provoquaient aucune émotion forte.

En réalisant cela, ils mirent en place un schéma uniquement observé lors d’une expérience spirituelle. Ainsi, ils découvrirent que le lobe pariétal inférieur lié à la conscience personnelle et à celle des autres réduisait son activité lorsque les participants décrivaient un événement spirituel. En revanche, l’activité cérébrale de cette région cérébrale augmentait lorsqu’ils pensaient que c’était stressant ou émotionnellement neutre.

Ainsi, l’équipe suggéra le fait que cette région puisse contribuer de manière importante au traitement de la perception et aux représentation du « moi et de l’autre » lors des expériences spirituelles. Cela semble soutenir l’idée du fait que les expériences spirituelles pourraient aider à dissiper les effets du stress sur la santé mentale.

Dans ce sens, ces résultats signalent différents mécanismes neuronaux sous-jacents à l’expérience spirituelle. De plus, les chercheurs affirment que le cerveau métabolise le fait de décrire des événements spirituels. A partir de l’extension d’études similaires sur les populations cliniques, nous pourrions démontrer que certaines pratiques spirituelles peuvent aider dans des domaines déterminés d’interventions en terme de santé mentale.