L’anxiété chronique et sa relation avec la norépinéphrine

· 4 octobre 2018

Vous vous dites que cela ne se produira pas aujourd’hui. Que ce sera une bonne journée. Cela arrive néanmoins. En effet, la peur est toujours là, latente lorsque vous souffrez d’anxiété chronique. Et vous vous retrouvez perdu lorsqu’elle est présente. Elle vous coupe le souffle, vous fait trembler, vous fait ressentir des sueurs froides et éprouver des pensées et des idées catastrophiques. Ces processus sont dus à une seule molécule : la norépinéphrine.

Il s’agit d’un neurotransmetteur agissant également comme une hormone. Voici un petit exemple pour ceux qui n’en ont jamais entendu parler. Imaginons que nous allons traverser une rue. Nous entendons soudainement le klaxon d’une voiture. Nous avons en effet oublié de regarder le feu de circulation et avons réagi immédiatement en sautant en arrière. Nous sentons notre cœur battre. Un nœud est apparu dans notre estomac. Notre respiration s’est accélérée de manière presque insupportable.

Les personnes souffrant d’anxiété chronique présentent des niveaux élevés de norépinéphrine, un neurotransmetteur pouvant affecter gravement la santé de votre cœur.

La norépinéphrine agit directement sur le système nerveux sympathique. Elle est responsable de la médiation dans les situations où notre cerveau interprète qu’il existe un danger. C’est donc elle qui nous aide à réagir, à fuir, à nous battre et, essentiellement, à survivre. Elle le fait en augmentant la fréquence cardiaque, la pression artérielle, le passage de l’air à travers les poumons et la contraction des nutriments dans les muscles. Cette magie neurochimique et physiologique nous permet donc de mieux réagir aux risques quotidiens.

Le problème du monde moderne est que la plupart d’entre nous réagissons à des facteurs de stress qui n’ont aucun lien avec de vrais risques physiques. Nos peurs psychologiques, nos angoisses et nos phobies, activent de la même manière cette catécholamine à effet excitateur. Par conséquent, la norépinéphrine peut avoir des effets dévastateur sur notre corps lorsque nous ne sommes pas en mesure de gérer ces états d’anxiété.

norépinéphrine dans le cerveau

Je souffre d’anxiété chronique, que peut-il m’arriver ?

Il se dit que l’anxiété chronique est la maladie des 100 symptômes. Le plus curieux est que, malgré le fait de présenter autant de preuves physiques, émotionnelles et cognitives, la plupart des personnes atteintes de ce trouble vivrons avec leurs peurs de manière habituelle. Ce qui commença un jour comme une anxiété commune et gérable, finira par devenir chronique, devenant un état pathologique beaucoup plus grave.

Le plus complexe avec l’anxiété est qu’il s’agit d’une redoutable menteuse. Elle nous fait donc croire que nous sommes sur le point de perdre le contrôle. Que nous devons écouter nos phobies parce qu’elles ont toujours raison. Elle nous convaincra ainsi de nous inquiéter de tout car le pire pourrait arriver au moment le moins attendu. Il n’est donc pas évident de sortir de ces cercles de souffrance. Et ce notamment en raison de l’effet de cette biochimie cérébrale qui nous subordonne, là où la noradrénaline est d’une importance capitale.

L’anxiété chronique affecte notre santé cardiovasculaire

Une étude de l’Université de l’Iowa a mis en évidence l’étroite relation entre la norépinéphrine et le risque d’accidents cardiovasculaires chez les personnes souffrant d’anxiété chronique. Le stress longtemps maintenu au fil du temps génère en effet des changements physiologiques très importants. L’un d’entre eux est la pression artérielle, la tachycardie, les arythmies … Tous ces processus mettent donc notre santé en danger.

 

La norépinéphrine et les altérations des glandes surrénales

Rappelons que la norépinéphrine ne se produit pas seulement au niveau du cerveau. La noradrénaline, ou la noradrénaline, est produite également dans le système endocrinien. Plus précisément dans les glandes surrénales. Qu’est-ce que cela signifie ? Que cette anxiété chronique génère une hyperproduction de ce type de catécholamine. Cela se traduit à travers les effets suivants :

  • Mal de tête
  • Mauvaise digestion
  • Insomnie
  • Perte d’appétit
  • Fatigue
  • Transpiration
  • Sentiment constant de malaise général
norépinéphrine

La noradrénaline et les effets cognitifs

Certaines études très intéressantes démontrent, par exemple, la relation entre un taux élevé de norépinéphrine et le TDAH (trouble d’hyperactivité avec déficit de l’attention). En tant que neurotransmetteur, ce composé est essentiel pour nous aider à concentrer l’attention, à nous souvenir de données, à apprendre, à traiter l’information. Ses niveaux doivent cependant être adéquats pour que nos processus cognitifs fonctionnent efficacement.

Un niveau élevé ou trop faible se traduit par des pertes de mémoire. Par des difficultés pour concentrer l’attention, pour apprendre de nouvelles choses … Il s’agit d’un état très épuisant et complexe.

La norépinéphrine et sa relation avec l’anxiété chronique et la dépression

Les personnes souffrant d’anxiété chronique présentent un excès de norépinéphrine. Nous devons cependant tenir compte d’un point essentiel. Les catécholamines, comme la dopamine et la norépinéphrine, jouent un rôle majeur dans la physiopathologie sous-jacente de certains troubles dépressifs. Tout dérèglement, qu’il s’agisse d’une hyperproduction ou d’un déficit, génère donc de sérieux changements d’humeur.

Il est ainsi fréquent que de nombreux patients vivant sous l’emprise de la peur et des pensées négatives générées par leur anxiété évoluent vers une dépression majeure. Le fait que se soit la norépinéphrine et non la sérotonine qui nous fasse parfois dériver vers cet état clinique, avait fait l’objet, dès les années 60, de spéculations de la part du Docteur Joseph J. Schildkraut, de l’Université de Harvard.

 

Pour conclure. Quelle que soit l’origine de ces troubles, il est important de se rappeler que nous pouvons en sortir si nous vivons ce type de symptomatologie. Nous pouvons ainsi choisir entre deux situations. La première, rester au bord de l’abîme et expérimenter jour après jour la même peur. Celle de tomber dans l’abîme.

La deuxième option est simple. Nous pouvons choisir d’être un réacteur, un avion qui survole cet abîme. De sorte que nous le verrons d’en haut et le comprendrons mieux. Nous pourrons ainsi le contourner et le laisser derrière nous. La thérapie cognitivo-comportementale peut nous aider à comprendre la racine de notre anxiété. Nous ne pouvons par ailleurs pas ignorer l’approche pharmacologique pour équilibrer la production de norépinéphrine. Rappelez-vous enfin que les régimes riches en vitamine C, en cuivre et en acides gras oméga 3 favorisent un niveau adéquat de ce neurotransmetteur.