Que sont les nootropiques et comment renforcent-ils votre intelligence ?

6 septembre 2017 dans Psychologie 67 Partagés

Les nootropiques sont aussi connus sous le nom de « médicaments intelligents » car ils promettent, ce qui n’est pas négligeable, d’augmenter notre rendement mental et de renforcer notre partie cognitive. Ces dernières années, leur popularité a explosé à un point tel que des milliers de personnes incluent déjà dans leur déjeuner cette pilule dorée, grâce à laquelle elles peuvent être plus productives dans leur travail.

Pour contextualiser un peu les nootropiques, il suffit d’évoquer un film : LimitlessDans ce dernier, Bradley Cooper prenait une drogue expérimentale appelée « NZT-48 ». Peu de temps après l’avoir consommée, son monde devenait plus vivant, ses sens s’affinaient et son potentiel cognitif agissait à 200% : il était donc capable d’apprendre très facilement de nombreuses langues, d’être un génie des finances à Wall Street ou de se souvenir de tout ce qu’il avait vu, lu ou entendu.


« En principe, le cerveau humain est un peu comme un carnet que vous achetez à la librairie : il n’a pas de grand mécanisme et a beaucoup de pages blanches. »

-Alan Turing-


Une telle chose nous permettrait – en apparence – d’être plus productif-ve-s que Stephen King quand il écrit des romans, de mémoriser le programme d’un concours en moitié moins de temps ou d’activer ces structures neuronales capables de réveiller le génie musical ou mathématique qui se cache en chacun-e d’entre nous. Nous disons bien évidemment « en apparence » car la réalité est différente, une réalité sans doute mieux ajustée, plus limitée et moins étincelante mais tout aussi intéressante.

L’industrie pharmaceutique, par exemple, investit chaque année des sommes monstrueuses (qui se comptent en millions) pour le développement de nouveaux nootropiques et le fait pour une raison très simple : la demande s’est multipliée.

La pression au travail est de plus en plus élevée, nous le savons : il faut toujours être alerte, améliorer sa concentration, être plus agiles mentalement, plus créatif-ve-s, plus productif-ve-s… Tout le monde veut donner davantage de sa personne sans avoir à recourir à des substances dangereuses, et c’est là qu’entrent en scène les nootropiques ou drogues « intelligentes ».

Actuellement, nous savons que ces médicaments sont très apprécies des universitaires, des pilotes militaires, des programmateur-trice-s informatiques ou des créateur-trice-s d’entreprises de publicité qui cherchent, dans ces nootropiques, une ressource en apparence inoffensive, grâce à laquelle iels peuvent étendre leur esprit, focaliser leur attention et donner le meilleur d’elleux-mêmes pour atteindre leurs objectifs.

Bien, mais… Les nootropiques fonctionnent-ils réellement ?

Les nootropiques, une découverte accidentelle qui a donné forme aux « drogues intelligentes »

Certains disent que les nootropiques sont la « drogue » du futur, un produit d’une société accélérée qui souhaite aller au-delà de ses possibilités. Cependant, ce terme dérange, ne plaît pas et n’est pas accepté parce que – majoritairement il n’y a pas d’effets indésirables et il ne s’agit pas d’un « psychostimulant ». C’est pour cela qu’on les a dénommés d’une manière beaucoup plus inspirante : « augmentateurs cognitifs ».

Par ailleurs, certain-e-s s’aventurent aussi à dire que les nootropiques constitueront dès demain notre menu évolutif et que, grâce à eux, nous pousserons notre développement cérébral à un autre niveau.

Aussi curieux que cela puisse paraître, il s’agit précisément du but de grandes entreprises et d’entités célèbres. En fait, la Silicon Valley – capitale mondiale de l’industrie de la technologie – travaille depuis des années avec les nootropiques et a trouvé de nouveaux mécanismes grâce auxquels elle peut intensifier leurs propriétés, leurs effets, leur durée et même leur utilité.

Les nootropiques ne serviront pas seulement à améliorer notre attention et notre créativité ; ils nous permettent aussi de pouvoir faire l’expérience de rêves lucides ou d’atteindre un niveau de relaxation similaire à celui que l’on aurait après des années de méditation. Bien, mais même en sachant cela, nous sommes conscient-e-s que pour beaucoup de personnes, certaines données peuvent ressembler à de la pure science-fiction ; il est donc nécessaire d’avancer pas à pas. Intéressons-nous d’abord à leur origine. 

Des inducteurs du sommeil aux activateurs de l’attention

Nous sommes au beau milieu des années 60 et, dans le laboratoire belge « Union Chimique Belge », le neuropsychologue roumain Corneliu Giurgea travaille sur la synthèse de divers composés chimiques dans un but très concret : provoquer le sommeil.

Cependant, ce qu’il découvrit en réalité fut un type de molécule très spécial qui lui permit de créer le premier nootropique de l’histoire, le Piracetam. Cette drogue, loin de réduire l’excitabilité neuronale et de favoriser le repos, faisait en réalité tout le contraire : mettre l’esprit en alerte et améliorer des fonctions cognitives comme la mémoire et la concentration.

  • Une telle chose était possible grâce à la modulation chimique de neurotransmetteurs comme l’acétylcholine et le glutamate et, en outre, sans effets secondaires trop adverses.
  • Le Piracetam de Corneliu Giurgea ne tarda pas à se commercialiser, permettant ainsi l’apparition d’autres propositions comme l’Oxiracetam, l’Aniracetam, le Pramiracetam ou le Fenylpiracetam.

Le mécanisme d’action des nootropiques varie. Cependant, la majorité d’entre eux ont des effets dans la vasodilatation, c’est-à-dire qu’ils améliorent le flux sanguin vers le cerveau, en lui fournissant plus d’oxygène, plus de nutriments et de glucose, la source d’énergie essentielle dont se sert le cerveau pour nous garantir de longues périodes de concentration.

Par ailleurs, et en tant que donnée curieuse à laquelle nous devons réfléchir, on sait que la Silicon Valley travaille avec les nootropiques en les combinant au biohacking, c’est-à-dire qu’elle essaye de « hacker » certaines fonctions cérébrales à travers divers produits chimiques pour ainsi renforcer les fonctions de la pensée.

Il semblerait que la porte vers ce saut évolutif dans notre cerveau soit déjà en train de s’ouvrir…

Quels effets ont les nootropiques ? Sont-ils aussi bénéfiques qu’ils semblent l’être ?

L’objectif des industries pharmaceutiques, avec les nootropiques, est double. D’un côté, nous le savons, ils cherchent à améliorer nos processus cognitifs basiques, une chose qu’ils parviennent en général à atteindre. Le second aspect est qu’ils doivent agir comme des neuroprotecteurs et avoir le moins d’effets secondaires possibles (ou ne doivent pas en avoir du tout).

L’un des plus grands problèmes rencontré par les expert-e-s de la santé est que les étudiant-e-s universitaires, tout comme les chef-fe-s d’entreprise et d’autres personnes qui ont un style de vie caractérisé par le stress, acquièrent les nootropiques par Internet, sans trop se préoccuper de leur origine ou, pire, de la manière dont ils doivent être consommés.

Prenons un exemple. La caféine est un nootropique naturel, de même que les acides gras oméga 3. Si je bois 10 tasses de café en une nuit, il est très probable que j’aie des céphalées, des vertiges et une pression artérielle élevée. Ainsi, l’étudiant-e qui achète sur Internet un nootropique dont iel ignore la composition et la façon dont il faut le consommer, dans le but exclusif de réussir l’examen du lendemain, fera certainement l’expérience d’effets indésirables au lieu de noter cette amélioration de l’attention et de la mémoire.

Par conséquent, il faut bien avoir cela à l’esprit : les nootropiques aident, mais ne sont pas un remède. Par ailleurs, nous ne noterons ces bénéfices que si nous savons comment les consommer, en acceptant les conseils d’un-e expert-e en la matière.

En outre, et curieusement, il faut dire que les laboratoires russes ont créé une nouvelle famille de nootropiques dérivés de la corticotrope, l’hormone du stress, et des agonistes des récepteurs GABA comme le Phenibut ou le Tolibut. Ces médicaments sont dernièrement très demandés en raison de leur effet anxiolytique et réducteur de stress mais il faut rappeler que leurs effets secondaires sont sans aucun doute les plus dangereux du marché, car ils entraînent une dépendance à long terme.

Comment utiliser les nootropiques

Les expert-e-s nous disent qu’il existe des normes basiques que nous devons connaître au moment de consommer un nootropique.

  • Cherchez le nootropique qui s’ajuste le mieux à vos besoins.
  • Il est nécessaire de consulter un-e spécialiste qui nous oriente vers les options qui existent sur le marché.
  • Chaque personne a un type de neurochimie et, en général, il est commun de commencer par des doses très faibles, en essayant plusieurs nootropiques avant de trouver le plus adéquat.
  • Si nous ressentons n’importe quel mal-être, comme des céphalées ou des vertiges, il est nécessaire d’arrêter immédiatement ce type de nootropique.
  • Enfin, il faut rappeler que ces médicaments n’agissent pas immédiatement. Le cerveau a besoin de s’y habituer ; en fait, vous commencerez à noter leurs effets au bout de quelques jours ou semaines.

Ils ne fonctionnent que si nous suivons un régime adéquat et évitons le sédentarisme

Si nous voulons moduler notre chimie cérébrale afin qu’elle fonctionne au meilleur niveau, nous avons besoin d’une série de nutriments adéquats qui activent le mécanisme d’action de ces drogues intelligentes. Par conséquent, un régime équilibré riche en fruits frais, en légumes, en acides gras oméga 3 et oméga 6 est essentiel pour que les nootropiques agissent.

  • Si nous menons une vie sédentaire, nous aurons un métabolisme lent, moins efficace et notre fonction hépatique ne parviendra pas à gérer de façon optimale les composants des nootropiques.

Le sport et une alimentation variée et basse en graisses saturées sont essentiels pour que ces médicaments atteignent leur objectif.


« Le véritable signe d’intelligence n’est pas la connaissance mais l’imagination. »

-Albert Einstein-


Types de nootropiques

Il est important de signaler ici que tous les nootropiques ne sont pas des médicaments. Beaucoup d’entre eux ne nécessitent pas d’ordonnance médicale car ils ont des composants naturels et il est très facile de les trouver dans les herboristeries. Malgré cela, avant de commencer à consommer des stimulants cognitifs, il est toujours bon de consulter un-e spécialiste.

Nous devons par conséquent savoir ce que nous cherchons, car comme nous pouvons le voir, l’offre de nootropiques est plutôt ample ; tout indique d’ailleurs qu’elle le sera encore plus dans les prochaines années.

  • Nootropiques pour améliorer l’état d’âme.
  • Nootropiques pour améliorer la concentration.
  • Nootropiques pour combattre l’anxiété.
  • Nootropiques pour améliorer la mémoire.
  • Nootropiques pour améliorer le repos, la récupération et le sommeil.
  • Nootropiques comme anti-âge ou longévité.

Pour conclure, il faut aussi rappeler que les nootropiques ne sont pas des compléments alimentaires. Il ne faut pas les utiliser à la légère, tout simplement parce que l’offre est de plus en plus élevée et parce que leur efficacité est de moins en moins fiable. Par conséquent, même si nous voulons tou-te-s optimiser nos capacités cognitives pour nous ajuster aux demandes actuelles du marché du travail, il vaudra toujours mieux chercher d’autres stratégies, d’autres chemins.

Malgré cela, nous continuerons à prêter attention à l’évolution de ces augmentateurs cognitifs et à leur impact sur notre futur.

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