Je me déclare responsable et protagoniste de ma propre vie

19 juillet 2017 dans Psychologie 368 Partagés

Je me déclare protagoniste de ma propre vie, pas de celle que m’imposent les autres. Je me déclare responsable de ce que je fais et de ce que je dis, pas de ce que comprennent les autres. Je me définis en fonction de mes valeurs, je m’aime à 100%, sans fissures, avec chaque coin imparfait, chaque moment de folie assumé, chaque erreur commise, chaque ombre que j’ai pu suivre de temps en temps pour soigner mes blessures…

L’auto-acceptation est cette tâche complexe et labyrinthique que nous inscrivons très souvent dans notre liste de choses à faire, comme quand on écrit toutes nos bonnes résolutions au début de l’année. Ainsi, et presque sans nous en rendre compte, il arrive un jour où, au moment de nous regarder dans le miroir, nous sentons un pincement soudain  et inexplicable. Cette personne qui se reflète dans la glace, est-ce vraiment nous ? Comment les miroirs peuvent-ils nous montrer une image si nette, si polie et si parfaite de nous-mêmes alors que nous nous sentons si « brisé-e-s » ?


« Le prix de la grandeur est la responsabilité. »

-Winston Churchill-


On remarque souvent une chose particulièrement curieuse chez les personnes qui n’ont pas travaillé leur auto-acceptation ou l’intégration de toutes les dimensions personnelles et affectives qui les définissent : elles rejettent la faute de leur insatisfaction et de leur mal-être sur les autres. Et elles le font automatiquement car elles sont plongées dans une attitude tristement défaitiste.

Par exemple : si je ne trouve pas de petit-e ami-e, c’est parce que plus personne ne veut s’engagerSi je suis recalé-e à l’examen, c’est parce que le/la professeur ne m’aime pas. Si je n’ai pas de bon-ne-s ami-e-s, c’est parce que les gens sont faux et ingrats. Si je me suis trompé-e en faisant cela, c’est parce qu’une personne ne m’a pas donné les bons conseils. Si je n’ai pas confiance en moi, c’est à cause de ma famille, parce que nous sommes tou-te-s pareil-le-s à la maison…

Ce type d’attitude est comme celle de quelqu’un qui met un ventilateur en marche et qui commence à répandre l’origine de ses frustrations à toutes les personnes qui se trouvent autour de lui/elle. Par conséquent, peu d’exercices peuvent être aussi sains, cathartiques et thérapeutiques que celui de franchir le cap, de nous déclarer protagonistes de nos vies, responsables de ce que nous sommes et de ce que nous faisons.

Assumer notre propre responsabilité pour atteindre le bonheur

Se déclarer responsable exclusif de ce que l’on est, de ce que l’on fait et de ce que l’on pense marque sans aucun doute un « avant » et un « après ». La responsabilité personnelle signifie par-dessus tout ne pas rendre les autres coupables de notre propre insatisfaction. Cela signifie aussi pouvoir découvrir différentes façons d’atteindre un équilibre et un bien-être malgré les dynamiques négatives qui nous enveloppent. 

Bien, mais une fois ce point atteint, il est fort probable que beaucoup parmi vous se demandent mais qu’est-ce que signifie le fait de pouvoir être heureux-se malgré les circonstances qui nous entourent ? Que se passe-t-il si je suis malade, par exemple ? Que se passe-t-il si la relation amoureuse que je vis est tumultueuse et instable ?

La réponse à ces questions est toute simple : être responsable signifie comprendre qu’il y a des choses qui échappent effectivement à notre contrôlecomme par exemple une maladie physique. Dans ce cas, en plus de savoir l’accepter, c’est notre ATTITUDE qui va marquer toute la différence.

Par ailleurs, la personne responsable et qui se perçoit elle-même comme protagoniste de sa vie et non comme un-e acteur-trice de second rôle dans le théâtre de son existence comprend que, pour atteindre le bonheur, il faut prendre des décisions. Par conséquent, tout ce qui vient nous troubler, tout ce qui détruit l’estime de soi, ampute notre identité ou nous offre un substitut d’amour doit être abandonné : nous devons nous souvenir de ce contrat que nous avons signé avec nous-mêmes, lors d’un moment de bravoure, qui disait très explicitement « vous êtes venu-e au monde pour être heureux-se, ne perdez pas de temps avec des choses qui vous rendent malheureux-se. »

Apprenez à être responsable de vous-même, déclarez-vous libre, sentez-vous unique

William Ury est un célèbre anthropologue qui s’est forgé une très belle réputation en travaillant en tant que médiateur et promoteur de la croissance personnelle, à travers des livres comme Le chemin vers le Moi. Pour cet auteur, être responsable de nous-même est un fait qui se base sur deux principes basiques : le premier consiste à savoir prendre soin de nous-même, à être capable de voir la relation qui existe entre nos actes et les conséquences qui en découlent. Le second réside dans la capacité à respecter les engagements que nous avons décidé de suivre avec les autres.


« Nous sommes la mémoire que nous avons et la responsabilité que nous assumons : sans mémoire, nous n’existons pas, et sans responsabilité, nous ne méritons peut-être pas d’exister. »

-José Saramago-


Par ailleurs, pour atteindre cet équilibre magique, le docteur Ury nous propose de nous dire « oui » à nous-mêmes. Nous devons nous valider en tant que personnes, nous auto-percevoir comme des êtres capables, des belles personnes dignes d’atteindre les objectifs qu’elles se fixent. Pour cela, il nous invite à suivre quelques étapes.

Les quatre étapes de la responsabilité personnelle

  • Concentrez-vous sur vous-même. Il est probable que, tout au long de notre vie, nous nous soyons concentré-e-s sur les autres, sur les besoins des personnes qui nous entourent. Le moment est venu de nous écouter, d’entrer en syntonie avec nos émotions et nos valeurs, en décidant fermement de ce que nous voulons et de ce que nous ne voulons pas.
  • Engagez-vous avec vous-même. Si nous ne l’avons pas déjà fait, il est recommandé de le faire le plus vite possible : il s’agit, ni plus ni moins, de se souvenir, chaque jour et à chaque instant, que nous sommes obligé-e-s de faire attention à nos besoins, indépendamment de ce que les autres font ou ont cessé de faire.
  • Apprenez à laisser couler. Être responsable signifie aussi apprendre à faire confiance, aussi bien à nos propres capacités qu’au déroulement de la vie. Assumer qu’il y a des choses qui arrivent et d’autres qui s’en vont veut dire intégrer cette économie émotionnelle qui nous permet de cesser de nous accrocher à des choses impossibles, à des faits qui ne nous laissent pas grandir.

Enfin, il est intéressant de rappeler que notre quotidien n’est pas une compétition. Il n’y a aucune loi stipulant que certain-e-s doivent toujours gagner et que d’autres, irrémédiablement, sont condamné-e-s à perdre encore et encore. Vivre signifie célébrer la vie, donner et recevoir, cohabiter en harmonie en étant responsables de nous-mêmes, avec nos réussites et nos échecs, sans rendre les autres coupables de toutes nos frustrations.

Mettons en pratique tous ces conseils et dressons-nous fièrement en tant qu’authentiques protagonistes de notre existence.

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