Le syndrome de burn-out chez les professionnels de la santé

4 mai 2018 dans Psychologie clinique 29 Partagés
infirmière avec syndrome de burn-out

De plus en plus d’emplois supposant un contact avec d’autres personnes se développent. Plus particulièrement, parmi ces derniers, on retrouve les emplois liés au secteur sanitaire. Malgré tout, les exigences de cette proximité constante et de l’échange interpersonnel peuvent avoir des effets secondaires très négatifs. L’un d’eux est le fameux syndrome de burn-out chez les professionnels de la santé.

Le burn-out peut se définir comme une réaction émotionnelle qui surgit à cause de l’environnement organisationnel ou professionnel. Il se caractérise par trois symptômes principaux : l’épuisement émotionnel, la dépersonnalisation et le manque de réalisation personnelle. Par ailleurs, il a des séquelles négatives, aussi bien pour l’entreprise dans laquelle travaille la personne que pour sa propre santé physique et mentale.

Ce syndrome affecte un large éventail de professionnels de la santé. Que ce soit des nutritionnistes, des médecins, des infirmier-e-s, des pharmaciens, des psychologues ou des psychiatres, en passant par les thérapeutes, les travailleurs sociaux, les conseillers matrimoniaux et le personnel administratif.

Comment l’humeur affecte-t-elle le travail ?

Les humeurs ont une incidence directe sur nos pensées et comportements. Selon l’état dans lequel nous nous trouvons, nos jugements et décisions seront plus ou moins affectés; nous réaliserons nos tâches ou résoudrons nos problèmes avec une attitude distincte.

médecin avec syndrome de burn-out

Si nous avons des problèmes personnels qui nous condamnent à une espèce d’état d’anxiété permanent, notre rendement professionnel pourra être très sérieusement affecté. Cela se produit même quand ces problèmes n’ont rien à voir avec le travail en lui-même. Nous sommes distraits, peu concentrés, susceptibles, imprécis…

Essayer de nous concentrer sur notre travail quand nous n’avons pas la tête à cela est déjà difficile en soi. Mais si, en plus de cela, le niveau de concentration exigé par notre travail est élevé, les choses se compliquent encore plus.

L’humeur positive est associée à de plus grands niveaux de créativité et d’innovation et à une plus grande flexibilité cognitive.

-Isen-

Nos ressources attentionnelles sont limitées et nous noterons donc plus fortement les effets négatifs d’un état d’abattement lors de tâches qui requièrent un grand effort cognitif. La difficulté augmente si nous ajoutons à notre lutte mentale des « pensées ruminantes » postérieures générées par la situation émotionnelle.

Symptômes du syndrome de burn-out chez les professionnels de la santé

Ils varient selon la personne, les circonstances personnelles et les caractéristiques propres à son poste de travail. Normalement, l’un des premiers signaux d’alarme est la difficulté à se lever le matin ou la fatigue chronique.

En plus de ce signal, ce syndrome, aussi connu comme celui d’épuisement professionnel ou du travailleur usé, génère d’autres types de conséquences:

  • Psychosomatiques : céphalées, douleurs gastriques, insomnie, palpitations, fatigue chronique, douleurs dans la poitrine, hypertension, rhumes fréquents et apparition d’allergies.
  • Comportementales : absentéisme, cynisme, apathie, hostilité, suspicion, sarcasme, pessimisme, irritabilité, anxiété généralisée et focalisée sur le travail.
  • Émotionnelles : frustration, ennui, distanciation affective, anxiété, impatience, désorientation et sensation d’impuissance permanente.

Facteurs qui favorisent le burn-out

Certains facteurs qui favorisent l’apparition du syndrome de burn-out chez les professionnels de la santé sont extrêmement liés à l’emploi en lui-même. Nous parlons plus particulièrement des travails qui requièrent des interactions humaines au caractère intense, durable et fréquent, celles-ci produisant des pics de stress très élevés ou un niveau de stress qui se maintient en permanence.

Par ailleurs, le fait que la personne soit très engagée envers son travail et ait des attentes élevées par rapport à son rendement fait augmenter la probabilité de burn-out. Il faut aussi savoir que ce syndrome est plus fréquent chez les femmes que chez les hommes.

Pour leur part, Pines, Aronson et Kafry (1981) considèrent que la cause principale de cette pathologie est l’ennui professionnel. Toute une série de conséquences émotionnelles dériveraient de:

  • Caractéristiques internes au travail : prise de service, horaires, sécurité et stabilité dans le poste, ancienneté, incorporation de nouvelles technologies dans les organisations, niveau d’autonomie, réussite, salaire, feedback…
  • Caractéristiques externes et personnelles : faible tolérance à l’échec et à la frustration, besoin de contrôle, travail rendu indispensable, ambition, impatience, perfectionnisme excessif, compétitivité.

« Le burn-out est un état d’épuisement physique, émotionnel et mental causé par l’implication continue d’une personne dans des situations qui l’affectent sur le plan émotionnel »

-Pines, Aronson et Kafry-

professionnel avec syndrome de burn-out

La triade des dimensions du burn-out

Maslach et Jackson, à travers leur questionnaire Maslach Burnout Inventory (MBI), considèrent que le syndrome de burn-out chez les professionnels de la santé est le résultat de l’interrelation de trois aspects ou dimensions:

  • Fatigue émotionnelle : épuisement émotionnel produit par les exigences du travail.
  • Dépersonnalisation : degré d’indifférence et d’apathie face à la société. Le professionnel de la santé se sent comme un observateur externe à ses propres expériences.
  • Faible réalisation personnelle : sentiments de réussite, de plénitude, d’autonomie et d’auto-réalisation.

Malgré tout, le diagnostic différentiel doit se faire en lien avec deux autres syndromes: ceux de dépression et de fatigue chronique, en plus de ceux de crise. Il faut signaler que, au cours de ces dernières années, la fréquence du syndrome de burn-out chez les professionnels de la santé a nettement augmenté. Ceci reflète la force du stress sur la santé, surtout dans le domaine professionnel et sanitaire.

Pour empêcher cela, si nous nous trouvons dans une situation de risque, nous devrions d’urgence nous informer sur ce syndrome. Il serait également positif de nous familiariser avec différents outils, comme les stratégies d’affrontement ou l’amélioration des habiletés communicatives: elles nous rendront plus résistants face au burn-out.

En ce qui concerne les institutions et les entreprises, celles-ci devraient favoriser le développement du travail en équipe et la supervision périodique des conditions de travail. Mettre en place des cours et des ateliers essentiellement pratiques pour ceux qui ont un travail à haute responsabilité impliquant un contact constant avec d’autres personnes serait aussi une très bonne idée.

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