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Le luxe du silence

4 minutes
Le luxe du silence
Sergio De Dios González

Relu et approuvé par le psychologue Sergio De Dios González

Dernière mise à jour : 27 décembre, 2022

Il ne nous est jamais arrivé de penser qu’être entouré-e de silence pouvait se transformer en véritable luxe. Une chose que peu de personnes apprécient réellement. Celles qui peuvent s’échapper des routines qui nous empêchent d’avoir du temps pour nous, qui nous soumettent et qui nous font craindre la solitude et le silence total.

Les environnements dans lesquels nous nous mouvons sont tellement bruyants que nous avons fini par nous y adapter : nous pensons que rester seul-e-s, dans le silence, est quelque chose de négatif. Pour certaines personnes, cela représente même une grande source d’anxiété. Ainsi, il est important de se poser quelques questions afin de reconnaître les implications de ce type de peur ou de limite.


Nous ne nous en rendons pas compte, mais nous évitons constamment le silence. Nous recherchons le bruit, même quand nous avons l’opportunité de nous en éloigner. Nous devrions nous demander pourquoi nous avons tellement peur du silence. Nous sentons-nous seul-e-s s’il n’y a pas de bruit ?


Allumons-nous la radio à la maison quand nous sommes seul-e-s parce que nous ne supportons pas l’absence de bruit ? Avons-nous tendance à aller dans des lieux plein d’agitation parce que la solitude de notre foyer nous tourmente ? Si nous pensons parfois à assister à un cours de yoga ou à pratiquer la méditation, quel stress doivent représenter cette tranquillité et ce silence absolu !

Notre esprit a besoin de silence

Il est vrai qu’atteindre ce silence dont nous parlons n’est pas une tâche facile et qu’en introduire une partie dans notre routine peut constituer un défi encore plus compliqué. Beaucoup de nos désirs, aspirations ou préoccupations se trouvent là où il y a du bruit. Un bruit externe et un bruit interne, dans un courant de pensées au débit interminable.

De nombreuses études ont été menées sur ce sujet. Beaucoup, en particulier, comparent les personnes qui vivent dans les grandes villes et celles qui vivent à la campagne. Les différences nous laissent bouche bée. Les personnes qui vivent ou travaillent dans des lieux très bruyants, qui dorment en écoutant le bruit ou le vacarme incessant de la ville ont plus tendance à souffrir de certains problèmes de santé.

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Des problèmes de système circulatoire, du stress, de l’anxiété… Si nous cherchons les principales causes de ces maux, il sera facile de voir que nous ne faisons jamais de pauses. Notre pilotage automatique, après des années et des années à agir de la même manière, est prêt à sauter d’un stimulus à l’autre.


Le silence n’est pas inconfortable, être entouré-e de silence ne nous rend pas nerveux-ses. Ce sont seulement des croyances qui essayent de justifier quelque chose que nous ne voulons pas voir en nous. De quoi avons-nous peur ?


Malgré tout, notre esprit a besoin de silence. Grâce à l’absence de bruit, nos neurones voient leur croissance renforcée. Par ailleurs, notre esprit et notre corps se relâchent, en se libérant des préoccupations qui peuvent être une accumulation de problèmes et de tensions créées par le bruit extérieur. Car quand il y a du bruit, nous ne pouvons pas nous écouter ; si nous ne nous écoutons pas, nous pourrons difficilement avoir un esprit clair et lucide.

Le bruit et l’agitation nous éloignent de nous-mêmes

Le bouddhisme le dit déjà : “le bruit et l’agitation nous éloignent de nous-mêmes”. Qui s’accorde du temps pour mieux se connaître ? Qui s’offre quelques minutes de méditation chaque jour pour calmer son esprit, se tranquilliser et affronter les pensées intrusives et douloureuses qu’il essaye d’ignorer ? C’est compliqué, c’est vrai, quand nous devons nous occuper de choses urgentes, quand ce temps qui nous est exclusivement réservé peut être remis à plus tard…

Par ailleurs, vivre dans le silence représente beaucoup plus que pratiquer la méditation ou vider notre esprit – une croyance totalement erronée à propos de ces pratiques. Cela signifie cesser de vivre avec le pilotage automatique et profiter davantage du présent. Il n’est pas nécessaire de faire de grandes choses. Uniquement savourer un bon repas, apprécier la nuance de ses saveurs, écouter le chant des oiseaux quand nous nous promenons dans la nature.

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Tout cela implique de vivre. Car si nous sommes constamment entouré-e-s de bruit, c’est parce que nous ne vivons pas mais existons. Pour quoi ? Pour faire ce que nous devons faire, sans l’apprécier, sans prendre soin de nous, sans nous accorder l’importance que nous méritons. Nous agissons souvent pour des motifs qui ne sont pas les nôtres mais ceux des autres.


“Certains trouvent que le silence est insupportable parce qu’ils renferment beaucoup trop de bruit en eux-mêmes.”

-Robert Fripp-


Ne fuyons pas le silence. Éteignons la télévision et ouvrons un livre. Faisons du sport dans un parc sans avoir d’écouteurs dans les oreilles. Dans notre vie quotidienne, nous sommes soumis-es à un bruit constant. Pourquoi continuer à vivre dans le vacarme quand nous avons du temps pour nous ? Avons-nous peur de nous connecter à nous-mêmes et au monde qui nous entoure ? Que fuyons-nous ?

 

Ce texte est fourni à des fins d'information uniquement et ne remplace pas la consultation d'un professionnel. En cas de doute, consultez votre spécialiste.