Quand la solitude est une barrière que vous ne parvenez pas à briser

· 15 août 2017

Sur la solitude, chacun-e a sa propre opinion, une opinion qui peut aussi varier en fonction du moment de la vie. Il y a celleux qui l’exaltent et qui admettent que c’est une réalité que tôt ou tard, et dans différentes circonstances, nous devons tou-te-s affronter. D’autres la craignent et font le nécessaire pour l’éviter. Nombreux-ses sont également celleux qui apprennent à équilibrer : iels ne se sentent pas mal quand iels sont seul-e-s, mais iels savent accompagner et se laisser accompagner.

Cet article est consacré à ces personnes qui se sentent irrémédiablement seules et qui en souffrent. Il s’agit de ces cas où la solitude est devenue une véritable prison, aussi invisible soit-elle aux yeux des autres. La vie les a menées à un point où il n’y a pas d’ami-e-s, pas de famille, seuls des liens fonctionnels et occasionnels. Cependant, si vous vous reconnaissez dans ce portrait, il est probable que vous n’ayez pas su quoi faire pour trouver les personnes avec lesquelles vous vous sentez complices et en lesquelles vous pouvez avoir confiance.


« Faites attention : un coeur solitaire n’est pas un coeur. »

– Antonio Machado –


Malheureusement, le cas décrit ici n’est pas exceptionnel. Au contraire, il y a une véritable épidémie de solitude qui parcourt le monde…et elle a tendance à grandir. Tellement de personnes ont plaidé pour l’individualisme que finalement on a construit une réalité où l’isolement personnel correspond de plus en plus à la norme. Il y a des milliers et des milliers de personnes dans le monde qui se sentent seules de façon chronique. C’est une condition qui va au-delà de l’âge, de la nationalité ou de la condition sociale.

La solitude chronique, une douleur sourde

On ne sait pas exactement à quel moment a commencé à s’imprimer dans l’esprit des gens l’idée que « l’indépendance » absolue était un bien désirable. On vous répète que vous ne devez dépendre de personne, et que ce n’est que mieux si vous arrivez à résoudre par vous-même toute difficulté à laquelle vous pouvez vous retrouver confronté-e. Il est idéal que vous viviez seul-e, que vous cultiviez votre propre potager, que vous ayez votre propre affaire et que vous n’ayez besoin de personne. De fait, beaucoup d’intimité ou de proximité, cela a commencé à être vu comme une menace, à être confondu avec la dépendance.

Le résultat, c’est ce monde que nous avons aujourd’hui, où on a déjà commencé à vendre la compagnie. Il y a différents endroits dans différents pays qui vous offrent des services d’accompagnement, non seulement sexuel, mais aussi personnel. Aujourd’hui, vous pouvez louer les services d’une personne qui va discuter avec vous un moment, ou sortir avec vous au cinéma. S’il existe cette offre, c’est parce qu’il y a une demande pour elle. Et s’il y a une demande pour elle, c’est parce qu’il y a un manque qui auparavant se compensait naturellement.

Les effets de la solitude ne sont pas toujours aussi perceptibles. Oui, elle laisse une trace dans l’esprit et le corps, mais parfois, cette marque ne se montre pas immédiatement. Un de ces effets, assez dangereux, se traduit par les changements que l’on peut observer dans le cerveau. Quand vous passez beaucoup de temps seul-e, sans que vous ne vous en rendiez compte, vous commencez à voir les visages des autres comme une menace.

Voilà qui est vraiment tragique… Cela signifie que plus vous êtes seul-e, plus vous avez tendance à l’être. Et ce n’est même pas parce que vous le choisissez, mais parce que votre propre physiologie et anatomie s’altéreront. C’est là que la barrière se ferme. C’est alors que vous commencez à courir le risque de tomber malade physiquement et/ou mentalement.

Briser la barrière de la solitude

Comme nous l’avons noté précédemment, ce qui est grave, c’est que les personnes qui sont seules et qui le restent un certain temps trouvent ensuite des résistances internes pour sortir de leur solitude. Ce ne sont pas des raisons au sens strict du terme. Peut-être s’agit-il de prétextes. « Il n’y a personne qui en vaille la peine », disent-elles. Ou encore, « finalement, nous mourrons tou-te-s seul-e-s », ajoutent-elles. Ce dont elles ne parlent pas, c’est de ces moments où elles sont envahies par la peur, où la tristesse gagne la partie. D’une certaine manière, elles se sont résignées à ce qu’elles ont accepté mais elles n’ont pas essayé de changer.

La solitude chronique rend malade. Nombreuses sont les études qui ont établi ce fait. On sait que le système immunologique s’enflamme et se ressent. Il y a une corrélation claire entre la solitude et la mort hâtive. Généralement, les personnes seules sont plus malades et plus fragiles.

La solitude ne se surmonte pas avec plus de contacts sur les réseaux sociaux. Il y a même beaucoup de personnes qui ne vivent pas seules, mais qui se sentent seules malgré tout. L’aspect le plus important ici, ce n’est pas tant la quantité de gens avec lesquels vous entrez en contact, mais la qualité des liens que vous établissez. Apprendre à être de bon-ne-s ami-e-s et à se faire de bon-ne-s ami-e-s est un acte de survie et d’amour propre. Toute relation humaine doit être un composant d’amitié sincère, même si proportionnellement il est plus élevé dans certaines relations que dans d’autres.

L’être humain est un animal social. La solitude chronique va à l’encontre de sa nature et n’est pas le fruit ni du besoin, ni du désir véritable. Si vous vous sentez seul-e, si vous n’arrivez pas à tisser des liens avec les autres, c’est que quelques chose ne va pas. Le problème peut résider dans la manière dont on vous a éduqué-e, ou dans une quelconque difficulté subjective que vous n’avez pas su résoudre. Peut-être cela est-il simplement du au fait que vous n’avez pas développé d’habilités sociales et que vous ne savez pas par où commencer. Quel que soit le cas, ce qui est clair est la chose suivante : si votre solitude est chronique, vous êtes quelqu’un qui a besoin d’aide. Cherchez-la, il n’y a aucune honte à cela.