La solitude nous protège de ce qui ne nous convient pas

18, juin 2017 dans Emotions 2439 Partagés

La solitude librement choisie à un moment ponctuel de notre vie peut agir non seulement comme un baume, comme une thérapie efficace pour réussir à se connecter à nouveau à soi-même. Parfois, c’est aussi une manière d’établir une distance saine vis à vis de ce qui ne nous convient pas, de ce qui nous trouble, nous gêne ou altère notre paix intérieure.

Nous parlons de ce qui, en psychologie, est souvent défini comme « la solitude fonctionnelle », un concept qui donne lieu à quelque chose qui semble familier à beaucoup : le besoin de s’éloigner d’un entourage qui nous est nocif ou usé dans le but de se retrouver et de récupérer ainsi son bien-être psychologique.

« Il n’y a pas pire solitude que celle de ne pas être bien avec soi-même ».

-Mark Twain-

Ici, nous ne faisons pas référence à la solitude non choisie, à cet isolement provoqué par des relations sociales déficientes ou à cette tristesse liée au manque de compagnie significative. Dans ce cas, il y a un composant thérapeutique essentiel : pouvoir recomposer ses dimensions de base comme l’estime de soi, les priorités personnelles ou retrouver un espace propre, intime et privé que l’on nous avait arraché.

Comme l’a dit un jour Pearl Buck, écrivaine et Prix Nobel de Littérature, dans chacun d’entre nous, il y a des sources d’une grande beauté qui ont besoin de se renouveler de temps en temps pour rester en vie. Aussi étrange que cela paraisse, on peut faire cela en passant par des périodes de solitude choisie, de solitude vitale et agréable.

Le sentiment de solitude tout en étant accompagné-e : un abîme dangereux

La plupart d’entre nous avons peur de la solitude. De fait, il suffit de nous imaginer nous-même, marchant dans un centre commercial désertique un samedi après-midi, pour que dans la seconde notre cerveau nous envoie un signal d’alarme. Nous ressentons de la peur et de l’angoisse. Cela est dû à un mécanisme de base, à un instinct qui nous rappelle que nous ne pouvons pas survivre dans la solitude. L’être humain est social par nature et c’est ainsi que nous avançons en tant qu’espèce : en vivant en groupes.

Mais aujourd’hui, nous trouvons des faits bien plus terrorisants qu’un centre commercial sans clients. Comme nous le montrent plusieurs études, presque 60% des personnes mariées se sentent seules. Et 70% des adolescent-e-s, même s’iels ont un grand nombre d’ami-e-s, se sentent seul-e-s et incompris-es. Tout cela nous oblige à nous rappeler que la solitude ne fait pas référence au nombre de personnes qui font partie de notre vie, mais à la qualité émotionnelle que nous entretenons avec ces personnes-là.

D’autre part, ce que nous faisons très souvent, c’est valider et perpétuer des dynamiques déficientes qui génèrent chez nous un malheur déclaré. Nous nous sentons seul-e, incompris-e et « lessivé-e » sur notre poste de travail, mais nous continuons car « il faut bien vivre de quelque chose ». Nous sortons avec nos ami-e-s de toujours car, en effet, ce sont nos ami-e-s de toujours… Comment les abandonner maintenant ? Et pire encore, il y a celleux qui prolongent leur relation affective car iels ont encore plus peur du vide de n’avoir personne à leurs côtés.

Tous ces exemples donnent lieu à cette solitude dysfonctionnelle où chacun-e finit souvent par créer d’authentiques mécanismes de défense pour ne pas voir la réalité, pour se dire à lui/elle-même que tout va bien, qu’iel est aimé-e, chéri-e et que les autres valorisent ce qu’iel fait. Penser ainsi, c’est comme si on était en train de se noyer et que l’on demandait plus d’eau sur la tête.

Le bonheur ne se guérit pas avec plus de souffrance. Personne ne mérite de se sentir seul-e tout en étant accompagné-e.

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La solitude comme des retrouvailles

Parfois, passer un moment dans un entourage oppressant, peu facilitant et égoïste fait que la personne reste focalisée sur cet extérieur dans l’idée de satisfaire tous les besoins des autres, avec, en germe, l’espoir que tôt ou tard, elle satisfera les siens propres. Mais cela n’arrive pas toujours.

« Je ne crains pas solitude, certains personnes sont, de fait, sujettes à profiter d’elles-mêmes. »

-Charlotte Bronte-

C’est alors qu’il n’y a pas d’autre choix que de prendre conscience de sa propre réalité et de chercher une solution. La solitude choisie, la distance saine et une période de temps dédiée à soi-même sont toujours saines, nécessaires et cathartiques. Nous ne parlons pas de commencer une période d’isolement, et pas non plus d’essayer de s’échapper. C’est très simple : la clé se trouve dans le fait de laisser de côté ce qui ne nous convient pas.

Se consacrer un moment à soi-même est une recette qui n’échoue jamais. C’est retrouver son intimité et ses espaces personnels, c’est se souvenir de qui on était et c’est penser à qui nous voulons être à partir de maintenant. Il est possible que cela prenne des semaines ou des mois. Chacun-e a son rythme, qu’il faut respecter et accepter.

La solitude librement choisie à une période ponctuelle de la vie ne guérit pas seulement, ne recompose pas uniquement les morceaux brisés. C’est aussi une manière d’apprendre à construire des filtres personnels adaptés. Ces filtres par lesquels nous ne laisserons entrer, demain, que ce qui nous fait du bien, s’ajuste à nos fréquences émotionnelles et aux recoins privilégiés de notre cœur.

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