Le cerveau empathique : le pouvoir de la connexion humaine

· 18 mai 2018

Le cerveau empathique configure chez l’être humain un réveil vers les émotions et les besoins d’autrui. C’est le résultat évolutif de notre socialisation, un lien orienté vers notre connexion avec les autres pour vivre en plus grande harmonie, résoudre les conflits et garantir notre survie. L’empathie est (ou devrait être) la capacité qui garantit notre bien-être.

Nous disons « devrait » pour une raison très concrète. Une grande majorité d’entre nous sait que l’empathie ne garantit pas toujours l’action humanitaire. Les personnes sont capables de ressentir et de lire les émotions de leurs interlocuteurs ce qui est plutôt merveilleux. Nous percevons la souffrance, la peur, nous lisons l’angoisse sur les visages… Cependant, lorsque nous nous mettons à la place des autres, nous ne faisons pas toujours le pas vers une conduite prosociale, nous n’accordons pas toujours notre aide.

« Si tu n’as pas d’empathie et de relations personnelles effectives, peu importe que tu sois intelligent, tu n’iras pas bien loin. »

-Daniel Goleman-

Ainsi, comme nous l’expliquent les neurologues tels que Christian Keysers de l’institut de neurologie des Pays-Bas, nous avons toujours très peu de connaissance sur ce qui est connu comme le cerveau empathique. La découverte des cellules miroirs à la fin des années 90 par Giacomo Rizzolatti nous fit croire que l’être humain était parvenu à atteindre ce stade évolutif appelé par beaucoup Homo Empathicus.

Cependant, notre comportement est toujours relativement individualiste. L’empathie nous pousse à nous connecter aux autres, à ressentir les relations des autres comme si c’était les nôtre. Elle nous offre un pouvoir extraordinaire, nous le savons… Mais malgré cela, nous ne l’utilisons pas dans sa totalité. Comme nous le rappellent certains scientifiques, il nous manque un réel engagement empathique, car le fait de ressentir l’empathie ne suffit pas, il faut l’instrumentaliser. Voyons cela en suivant.

l'empathie et le cerveau humain

Le cerveau empathique et son objectif

Ortega et Gasset affirma que l’un sans l’autre, sans les personnes autres que nous, l’être humain ne pourrait pas se comprendre, et nous ne pourrons pas non plus comprendre le concept de société. L’homme apparaît dans la société comme l’Autre, en alternant avec l’Un et à la fois avec la réciproque.  Ce qui à première vue apparaît comme un jeu de mots configure une réalité qui va au-delà du philosophique et du neurologique.

Comme nous le révèle le docteur Keysers précédemment cité, les neurones miroirs sont ceux qui ont constitué notre idée de la civilisation. Ils nous ont permis de prendre conscience de l’autre, de ceux que nous observons, de ceux qui nous imitent, et de ceux en qui nous nous reflétons. Le cerveau empathique ne nous permet pas uniquement de comprendre le point de vue de ceux qui sont en face de nous. Il nous aide à anticiper leurs intentions et leurs besoins car d’une certaine manière, nous sommes le reflet des autres, car pour notre cerveau, « les autres » sont également des extensions de nous-mêmes.

Si nous nous demandons désormais quelle est la finalité réelle de l’empathie, il est important d’avoir à l’esprit le fait qu’il n’existe pas une réponse unique. Nous savons qu’aucune autre compétence ne nous permet d’être en connexion avec les autres de manière si fabuleuse. Cependant, les neurologues du comportement tels que Vilayanur Ramachandran nous affirment que le but du cerveau empathique n’est pas toujours de générer le bien d’autrui, nous ne cherchons pas toujours à aider ou à rendre propice une action humanitaire.

L’empathie n’est pas la sympathie

L’empathie n’est pas synonyme de sympathie et souvent, et bien souvent nous avons d’autres types d’intérêts ; comme c’est le cas dans tout scénario social…

le but de l'empathie

Le fait de pouvoir nous introduire dans des perspectives étrangères, de voir le monde avec les yeux des autres, est une arme de pouvoir. Cela nous permet de construire des schémas mentaux complexes avec lesquels nous sommes capables de savoir, par exemple, si un individu présent en face de nous a de mauvaises intentions. Nous pouvons même anticiper ses réactions ou utiliser ses faiblesses en notre faveur pour le manipuler et faire en sorte que ses émotions nous deviennent personnellement bénéfiques.

Faisons de l’empathie un atout pour avancer en tant qu’espèce

Le docteur Ramachandran nous rappelle que les neurones miroirs ont provoqué un saut génétique fabuleux au sein de notre espèce. Ainsi, bien que d’autres espèces animales soient dotées de capacités empathiques, ces cellules spécialisées présentes chez l’être humain sont à l’origine d’une avancée sensationnelle. Elles ont favorisé l’apparition de la culture, de la société et de la civilisation ;

Notre conscience s’est élargie, notre raisonnement est devenu plus abstrait et notre manière d’interagir est devenue plus sophistiquée. Nous savons que nos interactions sont parfois cruelles et violentes mais elles sont aussi plus humaines, et orientées vers l’obtention du bien-être, de l’ordre et de l’équilibre. Le cerveau empathique est l’essence même de nos relations sociales et de notre apprentissage. Petit à petit, il nous permettra d’avancer dans la direction adéquate.

l'empathie pour aller de l'avant

Comme nous l’avons signalé, l’empathie n’est pas toujours guidée par un acte prosocial. Chaque personne montre des niveaux d’empathie différents, les neurones miroirs ne fonctionnent pas de la même manière chez tous les êtres humains et cela affecte l’interaction sociale, notre capacité à résoudre les problèmes et notre capacité de cohabitationCertains scientifiques soulignent le fait que les neurones miroirs ont un composant évolutif ce qui explique que son pouvoir puisse être différent d’une génération à l’autre…

Qui sait si nous atteindrons un jour ce pouvoir de connexion nous permettant d’atteindre une réalité harmonieuse, l’équilibre et le respect des uns et des autres.