L’empathie dans la communication en oncologie

1 février 2018 dans Psychologie 137 Partagés
la communication en oncologie

L’empathie dans la communication en oncologie est essentielle pour favoriser une prise en charge intégrale du patient. Des éléments importants tels que la proximité du professionnel de santé, la compréhension et une approche socio-affective adéquate permettent au patient de mieux affronter la réalité de sa situation, ainsi que les différents traitements auxquels elle devra se soumettre.

Nous savons tous, de manière plus ou moins personnelle, ce que signifie recevoir un diagnostic de cancer. Par conséquent, il est important de ne pas perdre de vue que le cancer ne cesse pas d’être une « maladie » et que loin d’être une fin, il s’agit en réalité d’un commencement. Un commencement décisif où nous devons être en mesure de tirer le meilleur parti de nous-mêmes en tant que malade ou en tant que famille ou amis proches.

Ce commencement signifie deux choses : faire face à un ou plusieurs traitements et appliquer des stratégies psychologiques et émotionnelles appropriées pour affronter les difficultés jour après jour. Par conséquent, et tout au long de ce processus, la relation avec le personnel de santé est vitale et prioritaire. Il est également nécessaire que ces derniers soient en mesure de donner le meilleur dans leur profession.

L’empathie dans la communication en oncologie est une artère de la santé, un lien quotidien et une force établie entre cette relation médecin-patient ou patient-personnel de santé. Son absence fait que les patients sont traités avec désintérêt, formellement ou pire, avec froideur. Autant d’attitudes et de comportements qui ont un impact négatif sur la personne affectée, la laissant dans une situation d’impuissance totale.

communication en oncologie

La communication en oncologie, essentielle pour la santé

Les professionnels de santé et le système de santé sont exceptionnels. Leur travail et leur dévouement envers les patients sont louables. Ce sont des donneurs de bien-être innés et surtout, de savoir faire. Cependant, nous savons également que tous les pays ne connaissent pas le même sort, puisque l’accès au système de santé et l’élaboration de protocoles de soins et d’assistance adéquats ne sont pas tous mis en œuvre avec la même qualité.

A titre d’exemple, certaines compétence communicatives et psycho-émotionnelles avec les malades sont mises en oeuvre depuis des années en Espagne alors qu’aux États-Unis, et seulement à titre d’exemple, la communication en oncologie et son application adéquate dans chaque établissement de santé est relativement récente. Il existera des exceptions, cela ne fait aucun doute, et cela dépendra avant tout de la qualité humaine de chaque professionnel. Cependant, ce ne fut qu’à partir de 2016 que différentes études sur le sujet sont apparues.

L’objectif de tous ces travaux et publications est à la fois élémentaire et prioritaire : la nécessité de former du personnel de santé aux compétences de communication en oncologie. Au-delà des compétences et aptitudes que chacun possède dans sa profession, les compétences en communication et celles liées à la psychologie émotionnelle ne sont pas innées. Il est nécessaire de les former et prioriser le fait que les professionnels de santé reçoivent une formation adéquate et spécifique dans ce domaine délicat et complexe.

communication en oncologie

Les compétences qui doivent être développées dans la communication en oncologie

La communication en oncologie implique non seulement « savoir écouter » mais surtout comment communiquer, réagir et pressentir les besoins du patient. Par ailleurs, cela signifie également savoir comment déployer des ressources et des stratégies appropriées pour chaque personne. Tout cela assurera une prise en charge intégrale du patient et des soins adéquats qui, la plupart du temps, vont bien au-delà du traitement et des interventions chirurgicales.

Ainsi, il existe 3 compétences essentielles qui définissent la communication en oncologie.

Savoir communiquer et savoir demander

Les professionnels de santé savent qu’ils devront régulièrement donner de mauvaises nouvelles : diagnostiquer un cancer, informer d’une opération nécessaire, communiquer que tel traitement ne fonctionne pas ou que la maladie, au lieu de régresser, avance. Il s’agit de situations délicates pour qui que ce soit et le médecin doit s’entraîner à ce type de communication.

D’un autre côté, il ne suffit pas toujours « d’informer ». Le professionnel de santé doit également savoir poser des questions au patient afin de s’assurer que ce dernier a compris l’information, deviner comment il l’a assimilé et identifier les besoins qu’il présente ou l’aide complémentaire qu’il devrait recevoir, en plus des soins ordinaires (par exemple, des soins psychologiques).

L’empathie

Médecins, infirmiers, assistants… Tout le personnel d’un centre médical, et notamment ceux appartenant au domaine de l’oncologie, sait que l’empathie est fondamentale avec les malades. Les tensions émotionnelles, les blocages, les peurs, les attitudes défensives (et même la colère) sont présentes à la fois chez les personnes atteintes de cancer et chez la famille de ces dernières, éléments que le personnel de santé se doit de savoir gérer.

« Comprendre ce que les autres ressentent est une compétence très importante dans le domaine de la santé. »
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Modèles de prise de décision partagée (PDP)

Les modèles de prise de décision partagés sont une autre pierre angulaire des soins médicaux. Il s’agit d’impliquer les patients eux-mêmes dans la prise en charge de leur santé afin qu’ils ne voient pas le médecin comme une personne qui prend des décisions unilatéralement et dans laquelle se concentre toute l’autorité.

Selon ces modèles, le patient et sa famille doivent participer à tout moment et être impliqués dans chaque étape. Ils décideront dès lors conjointement avec l’équipe médicale et prendront également l’engagement de continuer à travailler, de se battre et d’aller de l’avant de manière concrète.

Cependant, pour que cela se produise et que le travail quotidien entre médecin et patient soit harmonieux, les professionnels doivent être formés et entraînés à ce type de modèles.

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