Neurones miroir et empathie

· 16 décembre 2016

Les neurones miroir ont la même activité lorsque nous réalisons une action et lorsque nous observons quelqu’un d’autre réaliser cette même action.

Le fait que notre cerveau réagisse de la même façon explique l’apprentissage par l’imitation, l’émulation et aussi l’empathie, puisque nous vivons l’action de l’autre comme s’il s’agissait de la notre et que cela nous aide à la comprendre.

Les neurones miroir ont été découverts dans le contexte de l’expérimentation sur les animaux, et plus particulièrement sur les singes.

Ils ont pour la toute première fois été diagnostiqués par l’équipe de Rizzolatti chez l’espèce Macaca nemestrina au niveau du cortex prémoteur, lequel est spécialisé dans l’action de planifier, de sélectionner et d’exécuter des mouvements.

Après cette découverte opérée sur les singes, diverses études ont été réalisées sur nous, les êtres humains, dans le but de savoir si nous aussi possédons ces neurones miroir, et si oui, si leur action est liée à l’apprentissage, l’imitation et l’empathie.

Se mettre à la place de l’autre

Nous savons reconnaître les gestes des autres, et nous pouvons identifier les émotions d’une personne seulement en regardant son visage.

Même sans connaître cette personne, nous sommes capable d’émettre une hypothèse sur son état, et bien souvent, on ne se trompe pas.

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Ainsi, quand on rencontre une personne qui a des problèmes, on peut presque nous-même ressentir sa peur ou sa souffrance comme si ces émotions étaient les nôtres. S

i ce type de transfert est inné, une question se pose néanmoins : quel mécanisme rend cela possible dans notre cerveau ? Tout semble désigner les neurones miroir ainsi que leurs connexions avec différentes zones cérébrales.

Ainsi, les neurones miroir seraient également liés à l’interprétation que l’on fait des actions.

Non seulement ils pourraient nous aider à intérioriser et à répéter une action que l’on vient d’observer, mais grâce à eux, on pourrait aussi comprendre cette action et lui donner du sens ainsi que découvrir pourquoi les autres agissent d’une certaine manière et s’ils ont besoin de notre aide.

Quand ces neurones spécialisés s’activent, d’autres zones du cerveau s’activent aussi, telles que le système limbique.

Ainsi, les neurones miroir nous permettent de reconnaître les gestes faciaux, d’accéder à nos souvenirs et aux leçons précédemment tirées de nos expériences passées, ainsi que de rassembler toutes ces informations afin d’interpréter la situation et de lui donner un sens.


« Les esprits des hommes sont les miroirs les uns des autres. »

-Hume-


Les émotions sont contagieuses

Nous sommes très influençables, si bien que l’humeur des autres peut nous affecter et changer notre propre humeur.

Lorsqu’une personne avec laquelle on travaille est triste et que son visage nous transmet cette tristesse, non seulement nous sommes capable de deviner que quelque chose ne va pas, mais en plus, notre humeur peut en être affectée.

L’empathie nous permet de comprendre ce que l’autre pense, mais aussi de nous mettre à sa place, dans les mêmes circonstances.

De plus, il a été prouvé que si on se force à rire, on peut finir par se sentir mieux. Faîtes donc le test : dans un moment où rien ne va, essayez de rire.

Le simple fait de feindre l’émotion de joie vous mènera à vous sentir mieux, de même que le fait de vous retrouver avec vos amis et de blaguer avec eux ; même si vous avez passé une très mauvaise journée, les rires des autres seront sûrement contagieux.

N’oubliez pas que les émotions des autres peuvent être très contagieuses et vous affecter, de même que l’exposition à leurs actes dès le plus jeune âge.

Ainsi, exposer les enfants à la violence par le biais de la télévision peut augmenter le degré de violence de leur conduite, puisqu’on a tendance à imiter ce que l’on voit tout en tenant compte du fait que nous ne sommes pas des robots, et que nous pouvons choisir nos actes.

Connaître les intentions des autres

Nous imitions les autres, et ce dès notre plus jeune âge. D’abord les gestes de notre mère, puis on joue à être médecin, cuisinier, policier, etc.

A l’adolescence, nous avons des idoles, et nous imitons certaines personnes. A l’âge adulte, nous imitons les personnes qui réussissent, et certains continuent même à jouer au médecin.

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Tout au long de notre vie, on imite les autres et on se met à leur place, et parfois même on fait semblant d’être une personne que nous ne sommes pas.

C’est la raison pour laquelle existent le cinéma et le théâtre ; ces deux arts proviennent de notre besoin d’imiter et de vivre une autre réalité.

A la différence des singes, qui ont aussi des neurones miroir qui s’activent lorsqu’ils voient un autre singe réaliser une action, nous sommes capable d’interpréter et de savoir si une personne fait semblant, de connaître son intentionnalité ou d’émettre une hypothèse à son sujet.

Peut-être est-ce une des caractéristiques qui nous différencient des singes, car nous les êtres humains avons la capacité de mettre un nom sur les actions que nous réalisons, mais aussi d’émettre des hypothèses, souvent correctes et parfois malintentionnées, sur l’intention de l’autre.

Les neurones miroir peuvent s’activer aussi bien lorsque nous entendons, que nous voyons, que nous réalisons ou que nous pensons à une action.

Or, l’impact n’est pas le même dans chacun de ces cas de figure ; en effet, on peut plus facilement reconnaître une situation lorsqu’on la voit plutôt que lorsqu’on l’entend.

De fait, nous, les êtres humains, nous nous basons essentiellement sur les informations visuelles, même si les quatre autres sens sont tout aussi importants.

La répercussion dans notre quotidien

Le nom qu’on a donné à ce type de neurones en dit long sur leur fonction ; la sémantique des deux mots composant ce nom montrent qu’ils s’activent, par exemple, lorsqu’on voit quelqu’un faire quelque chose.

Les neurones miroir permettent donc à notre cerveau de refléter le même schéma d’activation que celui de la personne qui réalise l’action.

Autrement dit, pour notre cerveau, c’est comme si on était en train de faire ce que l’autre fait, c’est pourquoi on parle de neurones « miroir ».

Nous présentons la capacité certes innée mais surprenante d’identifier de petits gestes qui, en plus, sont très difficiles à feindre.

C’est pourquoi il s’agit d’un bon outil pouvant nous permettre de savoir comment se sent la personne que l’on a à nos côtés ainsi que comment nous devons nous comporter avec elle. C’est une capacité très adaptative qui nous permet de plus facilement nous lier aux autres et d’éviter les problèmes.

Ce phénomène a été découvert récemment. Des études sont actuellement menées sur la relation qu’il peut y avoir entre de nombreuses de nos conduites et certaines maladies.

Par exemple, certaines découvertes ont été faites sur un lien éventuel entre neurones miroir et autisme : une faible activité des neurones miroir a été diagnostiquée dans le cerveau de plusieurs personnes autistes.

Ces études sont une lueur d’espoir, car elles peuvent nous permettre de mieux comprendre l’autisme, et de trouver un traitement qui puisse améliorer la symptomatologie de cette maladie ainsi que le degré d’adaptation des personnes diagnostiquées.