L’anxiété comme signe d’intelligence

· 28 mars 2016

Au quotidien, il est assez habituel de se sentir stressé ou anxieux. Nous faisons les choses trop vite, et nous ne nous arrêtons jamais pour comprendre notre entourage.

Nous avons besoin d’arriver au point que nous nous sommes fixés sans retard et nous ne voulons rien laisser au hasard. Nous nous inquiétons bien trop en somme…

Dans ces moments, votre entourage n’arrête sûrement pas de vous dire que vous devez faire une pause et profiter.

Il vous suggère même que vous devriez faire attention à votre problème d’anxiété et demander de l’aide.

Il est évident que pour jouir d’une qualité de vie saine et équilibrée, nous avons besoin de nous arrêter et de nous permettre de profiter, mais aujourd’hui, nous allons vous expliquer que ces moments où vous vous inquiétez peuvent être le signe d’une grande intelligence.

Ces données qui font un lien entre les forts niveaux d’intelligence et l’anxiété ont été extraites d’une recherche publiée dans Science Direct, et apportent un nouveau rapport sur l’intelligence humaine, que nous allons partager avec vous.

“L’anxiété avec la peur et la peur avec l’anxiété contribuent à voler à l’être humain ses qualités les plus essentielles. L’une d’entre elles est la réflexion.”
-Konrad Lorenz-
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L’anxiété implique une plus grande intelligence linguistique

La recherche publiée dans Science Direct a étudié les relations entre les troubles d’anxiété généralisée, la dépression, l’inquiétude et la gestion émotionnelle, qui ont pris place après l’expérience, et les niveaux d’intelligence linguistique et non linguistique, utilisant pour cela un échantillon de 126 personnes.

Les données récoltées ont indiqué que l’intelligence verbale avait un lien avec les troubles de l’anxiété et les symptômes de dépression.

Ainsi, il a été démontré que les personnes qui souffrent de troubles d’anxiété et de symptômes dépressifs ont des niveaux d’intelligence linguistique élevés.

Le lien existant entre l’anxiété et l’intelligence

Cette étude a été publiée en février par les chercheurs Alexander Penney, Victoria Miedema et Dwight Mazmanian du Département de Psychologie de l’Université de Lakehead au Canada.

Dans la recherche, les scientifiques montrent l’existence d’un lien entre l’anxiété, l’intelligence et l’état de rumination mentale ou d’inquiétude.

Il faut savoir que dans de nombreuses études et recherches précédentes, on avait déjà établi un lien entre l’anxiété et l’intelligence.

Ici, les psychologues de Lakehead ont mené une recherche beaucoup plus approfondie, et ont obtenu des résultats similaires : les personnes qui ont tendance à beaucoup s’inquiéter sont plus intelligentes.

“Il y a des moments où toute l’anxiété et l’effort accumulés se calment dans l’infinie indolence et le repos de la nature.”
-Henry David Thoreau-
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Avec les données obtenues, les chercheurs ont également démontré que l’intelligence verbale est un prédicteur parfait des niveaux d’inquiétude et d’intensité de l’inquiétude émotionnelle.

On peut donc dire que les personnes qui sont plus intelligentes d’un point de vue linguistique souffrent de plus grands niveaux d’inquiétude et développent plus souvent des troubles de l’anxiété et de la dépression.

En parallèle, Jérémy Coplan a réalisé en 2011 une étude où il confirmait que les forts niveaux d’inquiétude chez les patients aux troubles anxieux généralisés étaient liés au niveau d’intelligence qui résulte d’un QI.

D’autre part, on trouve un lien effectif entre le niveau d’intelligence chez les personnes aux faibles niveaux d’inquiétude qui ne souffrent pas d’anxiété généralisée.

Pour conclure, on peut dire que les deux recherches confirment une relation intense entre l’intelligence et l’anxiété, montrant que les personnes qui ont pu développer de plus grandes compétences sont les plus exposées aux troubles psychologiques. 

Plus on apprend et plus on est intelligent, plus on a de risques de souffrir d’anxiété en lien avec les expériences que l’on vit.

“À un moment, je me suis sentie poursuivie par l’anxiété. Mais je me suis défaite de la peur en étudiant le ciel, en déterminant quand sortirait la lune et où apparaîtrait le soleil le matin suivant.”
-Louise Bourgeois-