Je ne supporte pas que mon enfant se mette en colère

28 décembre, 2020
Se dire « je ne supporte pas que mon enfant se mette en colère » peut refléter la sensation, pour certains parents, d'être incapables d'être le soutien émotionnel externe dont leur enfant a besoin. Nous vous livrons ici quelques clés pour faire face aux colères tant redoutées.

« Je ne supporte pas que mon enfant se mette en colère » est une affirmation que l’on entend souvent lors des consultations psychologiques pour enfants. Or, il est fondamental que les parents puissent agir en tant que régulateurs externes des émotions et maintenir le calme jusqu’à ce que leurs enfants soient capables d’atteindre ce point de façon autonome.

Découvrez ici quelques clés qui faciliteront le processus d’apprentissage de la régulation de la colère. Nous vous aiderons également à comprendre comment fonctionne le cerveau de votre enfant lors de ces premières étapes et le rôle que peuvent jouer les parents pour que les enfants atteignent une maturité émotionnelle.

Un petit garçon en colère.

Les enfants et les colères

L’une des scènes redoutées par les parents est celle des crises de colère : des cris et des coups de pied en plein milieu du supermarché ou une grande colère en pleine rue. Des scènes qui éveillent bien souvent, chez les parents, un sentiment de culpabilité, de honte, de colère et, surtout, d’impuissance.

Pourquoi ces crises se produisent-elles ? Les colères sont une expression de frustration et de mal-être chez les enfants qui sont encore dans une phase préverbale de développement et de maturité émotionnelle qui ne leur permet pas de communiquer d’une autre façon.

Cette situation s’améliore généralement à partir de quatre ans. Nous parlons en fait d’une étape normale dans le développement d’un enfant. En soi, elle n’a rien de honteux ou de préoccupant.

Cette étape sert de point de départ pour commencer une régulation autonome de la colère. Ainsi, l’une des clés guidant cet apprentissage sera la façon dont les figures principales réagissent face à cette colère et gèrent leur frustration. Il s’agit en fait d’analyser ce que nous faisons quand notre enfant se met en colère, et la façon dont nous vivons cette situation.

Je ne supporte pas que mon enfant se mette en colère : pourquoi ?

Les crises de colère chez les enfants peuvent être très désagréables : intensité démesurée, lieux inopportuns, fréquence élevée… Il est possible qu’en pleine colère, vous ressentiez une sensation d’impuissance croissante qui menace aussi votre capacité de gestion émotionnelle.

Cela se doit en partie à l’effet contagieux des émotions humaines comme conséquence des neurones miroirs. Surtout s’il s’agit de quelqu’un de proche, comme ses propres enfants.

Par ailleurs, ces derniers vivent dans leur petit monde d’enfants, avec leurs propres soucis et rêves. C’est pourquoi nous avons parfois du mal à comprendre pourquoi un enfant peut se mettre dans cet état lorsqu’il n’atteint pas la satisfaction immédiate. Depuis notre point de vue d’adulte, si nous comparons leurs problèmes aux nôtres, les leurs peuvent sembler ridicules.

Il est également important de se demander quelle est la relation que nous avons avec l’émotion de la colère. En d’autres termes, il faut se demander comment nous gérons cette émotion, et même comment réagissaient nos parents quand nous étions enfants et faisions une colère.

Que puis-je faire quand mon enfant se met en colère ?

La façon de réguler les émotions s’apprend surtout au moment de l’enfance et de l’adolescence. L’aire préfrontale du cerveau, l’une des principales à intervenir dans cette régulation émotionnelle, ne finit pas de se développer avant la fin de ces étapes.

Jusqu’à ce que les enfants développent totalement leur cerveau et apprennent à gérer leur colère, les parents jouent un rôle de soutien externe de ces émotions. Les figures principales des enfants agissent donc comme des références de contrôle de la colère qu’ils sont incapables de gérer.

Nous pouvons donc imaginer que ce point de contrôle externe doit refléter une bonne régulation pour que l’enfant réussisse lui-même à le faire tout seul. Découvrez ci-dessous quelques clés.

Les clés pour remédier aux colères

  • Soyez son propre miroir. La première clé est sûrement la plus importante et la plus efficace dans n’importe quel apprentissage. Les enfants, tout comme nous, sont le reflet de leurs principales figures d’attachement, pour le meilleur et pour le pire. Ainsi, la façon dont vous gérez votre colère aura une influence directe sur la manière dont l’enfant le fera.
    • Si, quand votre enfant se met en colère, vous élevez la voix, l’enfant agira probablement d’une façon similaire. Si vous voulez tourner ce principe en votre faveur, exprimez à voix haute la façon dont vous gérez ces émotions devant lui.
  • Ses raisons sont importantes. Bien souvent, nous réagissons avec colère quand l’enfant fait une crise pour un jouet cassé ou parce qu’il ne peut pas continuer à regarder son dessin animé préféré. Nous n’arrivons pas à comprendre pourquoi il se met dans cet état pour une chose si triviale. Il est ici important de se reconnecter à l’enfant que vous avez été.
    • En effet, à quatre ou cinq ans, ce moment qui ne vous semble désormais sans importance aurait compté pour vous. Essayez de penser comme un enfant : vous l’avez été, et lui n’a pas encore été adulte.
  • Faites-lui comprendre les bonnes et les mauvaises façons d’exprimer sa colère. Certains parents reprennent leurs enfants quand ils expriment de la colère, comme croiser les bras ou aller dans une autre pièce. Crier et frapper ne sont pas des expressions adéquates de la colère parce qu’elles font du mal aux autres personnes.
    • Pleurer ou ne pas vouloir parler sont des expressions beaucoup plus adéquates. Cette clé consiste à leur expliquer les bonnes façons d’exprimer la colère et à leur donner de l’espace. Souvenez-vous que toutes les émotions sont valides, mais pas toutes leurs expressions.
Une mère et son fils en colère.

Quand mon enfant se mettra en colère, je le soutiendrai

Au cours de l’enfance, nous apprenons à réguler les émotions. Il existe certaines périodes critiques au cours desquelles les enfants se montrent plus irritables, en partie à cause d’une certaine immaturité sur le plan cérébral. Comme ils ne sont pas capables de gérer leurs émotions, il est important que les parents agissent en tant que régulateurs externes, en gardant leur calme.

Le sentiment d’impuissance face à une crise de colère est un sentiment habituel chez beaucoup de parents touchés par le stress que supposent ces événements. Le fait que nous ayons du mal à comprendre pourquoi les enfants se fâchent explique également pourquoi les parents se sentent particulièrement contrariés lors de ces moments.

Les parents éduquent  en étant des modèles de gestion de la colère ou de l’impuissance et en validant les émotions du petit. Il est également important de permettre que l’enfant montre sa colère. Il doit en effet pouvoir acquérir un contrôle sur son expression et ne doit pas systématiquement garder l’énergie et le message de l’émotion pour lui-même.

Pearce, J (1995). Berrinches, enfados y pataletas. Soluciones comprobadas para ayudar a tu hijo a enfrentarse a emociones fuerte. Barcelona: Paidos.