J’ai vécu une désillusion mais celle-ci m’a finalement éloigné-e du mauvais endroit

· 8 juillet 2017

Il y a des périodes comme ça où l’on saute de désillusion en désillusion et de ravins en ravins, pour finalement ouvrir les yeux et se rendre compte que l’on habitait sur une île étrange entourée de fausses attaches, de personnes hypocrites et de sentiments erronés. C’est à ce moment que nous récupérons les morceaux brisés de notre cœur pour avancer sans regarder derrière nous, avec un air digne et une détermination ferme.

Les expert-e-s en psychologie du sport disent que tout athlète doit apprendre très tôt à faire face à la désillusion. Dans chaque sport de compétition, il existera toujours un gagnant et un perdant. Tout sportif connaîtra toujours des moments de rendement fluctuants, de même qu’il souffrira de blessures et vivra des événements n’ayant rien à voir avec sa préparation ou son rendement mais qui pourront remettre en question sa participation à une compétition, une épreuve ou un match.


« Si nous sommes tranquilles et préparés, nous devrions pouvoir trouver une compensation dans chaque désillusion »

-Henry David Thoreau-


La même chose se produit dans le grand jeu de la vie. Cependant, on nous a toujours répété, depuis notre enfance, que le succès est garanti si nous travaillons beaucoup et que si nous prenons soin des personnes que nous aimons, celles-ci nous rendront la pareille. Presque personne n’a jamais voulu nous révéler que dans le quadrilatère de la vie réelle, deux et deux ne font pas toujours quatre, qu’il y a plus de jours gris que de jours dégagés et que les personnes sont faillibles, contradictoires et exquisement imparfaites.

Digérer les désillusions qui nous touchent au quotidien n’est pas une tâche facile. Cependant, et bien que cela paraisse curieux, il faut préciser que la désillusion est la troisième émotion la plus ressentie par l’être humain après l’amour et le regret : nous devons donc apprendre à la reconnaître, à l’assumer et à l’affronter. Nous allons vous expliquer comment faire.

Faire face à des désillusions, est-ce toujours inévitable dans la vie ? Non, pas toujours

Il y aura toujours quelqu’un pour dire, d’un air paternaliste, que « faire l’expérience d’une grande désillusion dans la vie est quelque chose de nécessaire. Ressentir de la déception nous permet d’obtenir la motivation nécessaire pour grandir ». Bien, ce type de phrases fait bonne impression sur les murs de nos réseaux sociaux mais il est pourtant nécessaire de les nuancer et de les analyser en détails.

Dans un premier temps, personne n’est obligé de passer par une désillusion dévastatrice pour « savoir ce qu’est la vie ». Nous nous trouvons plutôt face à une dimension que nous devons apprendre à gérer le plus rapidement possible pour qu’elle ne se reproduise pas à l’excès. Par ailleurs, les déceptions seront toujours plus supportables en petites doses et à des tailles gérables. Ce n’est que de cette manière que l’on apprend véritablement à les traiter et à les canaliser pour en tirer un véritable apprentissage.

Il est aussi important de réitérer le besoin de savoir faire face à des désillusions quotidiennes pour éviter que de plus grandes se produisent tôt ou tard, des déceptions immenses qui nous paralyseront dans le coin du dilemme, dans le gouffre de la douleur et dans la forêt du désespoir. Nous disons tout cela pour une très bonne raison : la moindre déception cachée devient vite l’assassin silencieux de toute relation.

Réfléchissons-y un instant : il y a toujours des personnes qui décident de taire ces petites maladresses de couple et celles-ci, sans que l’on sache comment, finissent par devenir des pratiques quotidiennes. On dit aussi que cela ne fait rien si notre meilleur-e ami-e a oublié que nous recevions aujourd’hui les résultats de tests médicaux importants. Et nous décidons aussi de garder le silence quand notre famille ironise à voix haute sur cet « absurde » projet qui nous motive tant.

Nous évitons d’exprimer à voix haute un grand nombre de désillusions qui nous font du mal par peur d’offenser les autres, par peur de rompre ce lien qui nous unit à elleux… Cependant, nous oublions que nous sommes les principaux-ales offensé-e-s et que quiconque cache désillusion sur désillusion finit par étouffer. Au final, nous nous réveillons un jour en prenant conscience que tout ce qui nous entoure n’est qu’un vaste mensonge. Réagissons plus tôt, apprenons à réagir face au temps.

Quelques clés pour mieux affronter les déceptions

Une désillusion est beaucoup plus qu’une attente insatisfaite. Il s’agit de la rupture d’une certitude, d’un lien qui perd de sa force, d’un grand courant d’air froid qui nous ouvre les yeux et qui, parfois, crée une grande muraille dans notre cœur. Cependant, s’il y a une raison pour laquelle une déception fait autant de mal, c’est parce que nous ressentons une certaine responsabilité et une certaine colère envers nous-mêmes : comment avons-nous pu croire de telles choses ? Comment avons-nous pu avoir confiance et bâtir autant de châteaux en Espagne alors que nous nous trouvions face à des sables mouvants ?

Pour mieux gérer ces situations, nous vous proposons de réfléchir aux méthodes suivantes.


« La désillusion précoce d’un espoir laisse une cicatrice qui s’illumine quand l’espoir devient réalité. »

-Thomas Hardy-


Démêler le nœud des déceptions

L’un des premiers aspects que nous devons éviter est la pratique de ce qu’on appelle « biais rétrospectif ». Nous parlons de cette tendance à croire, après avoir appris les résultats, que nous aurions pu tout anticiper et éviter. Il y a certaines choses qui ne peuvent pas être prévues à l’avance, nous n’avons pas de boule de cristal qui nous permet de voir les futures réactions des personnes. La meilleure chose à faire est donc d’accepter ce qui s’est passé et d’éviter de culpabiliser ou de projeter toute la responsabilité sur nous-mêmes.

Le second aspect, tout aussi important, a un lien avec ce que nous venons de commenter. Nous devons être capables de réagir face à de petites déceptions, avant qu’elles ne se transforment en authentiques rouleaux compresseurs, de ceux qui laissent l’estime de soi dans les chaussettes. Souvenez-vous qu’il faut toujours parler de ce qui vous dérange, « au moment où cela vous dérange et pas quand il est trop tard ».

Le troisième et dernier point que nous devrions appliquer au quotidien est la capacité à aller au-delà des choses. Nous devons comprendre que nous sommes tou-te-s faillibles, sans exception. Nous avons tou-te-s le pouvoir d’enthousiasmer et de décevoir et nous sommes tou-te-s, par conséquent, sujet-te-s à ce jeu implacable de la roulette : nous pouvons gagner, nous pouvons perdre, les lieux que nous considérions comme essentiels deviennent des mauvais endroits et il est alors nécessaire de se recycler, de changer de plan de route, de personnes dans notre entourage et même d’objectifs.

Parfois, les déceptions ne sont rien de plus qu’un mécanisme étrange à travers lequel la vie nous dit qu’elle nous réserve de meilleures choses…

 

Image principale de Claudia Tremblay