Et si le manque d’estime de soi était la source de tous nos troubles ?

20 juin 2017 dans Psychologie 238 Partagés

L’estime de soi est cette partie de notre auto-concept qui rend notre peau émotionnelle plus ou moins résistante. S’aimer inconditionnellement est sans aucun doute la pierre angulaire du bien-être psychologique car même si le concept d’amour propre peut a priori paraître simple, il est en réalité plus important que ce que nous pensons quand il est lié au bonheur.

Il est impossible d’être heureux-se si l’on ne s’aime pas soi-même. S’aimer, s’accepter, être en accord avec soi et s’estimer en toutes circonstances est le ciment d’une vie pleine de satisfactions, de plaisirs et de plénitude.


Exercer une auto-approbation inconditionnelle est une tâche si difficile qu’il est rare de rencontrer des personnes qui s’aiment véritablement sans porter de masques.


Nous ne savons pas exactement pourquoi l’être humain, en règle général, s’aime si peu. Il semblerait que cela ait un lien avec l’ego et l’envie de se démarquer du commun des mortels. Quand une personne veut être spéciale ou meilleure que les autres, elle finit par devenir malheureuse car elle découvre qu’elle a aussi des carences et des limites et qu’elle n’est pas aussi spéciale qu’elle prétendait l’être.

Cela fait que la pensée polarisée – tout est blanc ou tout est noir – travaille dans notre esprit et finisse par créer en nous un dialogue intérieur du type : « Si je ne me démarque pas, cela veut dire que je ne vaux absolument rien ».


Par conséquent, la clé pour avoir une auto-estime saine est de ne jamais chercher à se donner trop de valeur : il vaut mieux se donner une valeur unique, commune à tous les êtres humains.


Le manque d’estime de soi et sa relation avec certains troubles

Si nous observons certains troubles psychologiques classiques, nous nous rendons immédiatement compte que leur origine est en grande partie influencée par le manque d’amour envers soi-même. Ce manque d’estime se transformera ensuite en croyances dysfonctionnelles, en émotions négatives et en conduites contre-productives qui plongent la personne dans un cercle vicieux.

Pour mieux comprendre cela, analysons quelques exemples :

Trouble de l’anxiété

Les personnes anxieuses se caractérisent par leur peur intense du futur. Leurs pensées sont toujours catastrophistes car elles pensent que si elles réalisent une quelconque action, quelque chose de terrible se produira ou ce sera l’échec assuré. Il est évident que, derrière cette peur, il existe une immense insécurité. Elles n’ont pas confiance en leurs propres capacités et ne se croient pas capables d’affronter les épreuves en solitaire.


Elles ont besoin que quelqu’un les aide, résolve leurs problèmes ou les accompagne afin de réduire leur peur. Elles se disent à elles-mêmes : « Tu ne vaux rien, tu ne peux ni ne sais rien faire seul-e et tu as donc besoin que quelqu’un de mieux le fasse pour toi »


Trouble obsessionnel compulsif (TOC)

C’est l’une des sorties « naturelles » du perfectionnisme poussé à l’extrême. Quand quelqu’un est perfectionniste, c’est parce qu’il pense qu’il doit tout faire sans erreurs. Ceci n’est autre que le résultat, comme nous l’avons dit précédemment, d’une volonté de se distinguer des autres. Cette personne doute encore et encore, a du mal à prendre des décisions parce qu’il est essentiel que ces décisions la mènent au chemin correct ; finalement, elle s’écroule quand elle se rend compte que la perfection recherchée ne peut pas être atteinte.

Anorexie et boulimie

Ici, le manque d’estime de soi est particulièrement évident. Ces personnes pensent qu’elles auraient beaucoup plus de valeur si leur physique répondait aux canons irréels établis par la société. Elles placent leur valeur personnelle dans un physique qui ne leur plaît pas.

Elles ne s’aimeront pas tant que leur physique ne sera pas adéquat pour elles. L’obsession est si grande que, comme dans le cas des TOC, elles recherchent une perfection physique inventée et impossible qui finit par détériorer leur image corporelle de manière affolante : en somme, tout le contraire de ce qu’elles recherchaient se produit.

Dépendance émotionnelle

Quand je pense que d’autres valent mieux que moi ou que je ne suis pas digne d’estime, il est très probable que je finisse par devenir dépendant émotionnellement et que j’en arrive à supporter des conduites, de la part des autres, que je n’aurais jamais tolérées. La pensée de la personne dépendante suit ce chemin : « Comme je ne vaux rien et ne mérite pas d’amour, les miettes que vous me laissez me suffisent et vous pouvez faire tout ce que vous voulez avec moi ».

Dépression

Le manque d’amour est également assez visible. Les personnes dépressives se voient comme « toutes petites », sans la moindre valeur et, par conséquent, reportent toujours leurs projets et leurs objectifs.


Elles pensent que rien de ce qu’elles vont entreprendre ne va fonctionner et en arrivent même au point de ne plus trouver de sens aux choses : « à quoi bon ? ».


Elles se sentent coupables, misérables, victimes et continuent à se convaincre, chaque jour, qu’elles ne valent rien et que personne ne leur donnera de valeur.

Nous pourrions citer beaucoup d’autres troubles : ceux qui sont liés au contrôle des pulsions, comme une façon de remplir un vide interne, les troubles de la personnalité, etc. Nous pouvons facilement voir que le dénominateur commun est le manque d’amour. Si, en tant que professionnel-le-s, nous ne travaillons pas l’acceptation de manière efficace, la guérison devient pratiquement non-viable car nous restons alors à un niveau superficiel.

Avoir pour objectif final l’acceptation de soi nous rend plus libres : les échecs perdent de leur importance, de même que les critiques ou les rejets des autres personnes. La perfection cesse d’être recherchée et nous nous permettons alors d’agir selon nos propres critères, sans nous préoccuper des autres ou du reste.

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