L’importance de réduire l’ego pour alimenter l’âme

· 31 mai 2017

Dans le territoire de l’ego, seul l’orgueil grandit, le regard qui comprend le monde en partant de son propre nombril et qui sème du malheur dans n’importe quel environnement où il se trouve. Nous connaissons tou-te-s quelqu’un qui correspond à ce modèle. Ce sont des esprits qui manquent d’harmonie, qui épuisent le calme et qui devraient commencer à mettre leur ego à la diète pour qu’il leur reste un peu de nourriture.

Si nous jetons un œil au panorama actuel et au décor socio-politique qui nous concerne, nous nous rendrons compte que, effectivement, le royaume de l’ego se trouve en plein essor. Les pays et les leaders qui pratiquent l’auto-protectionnisme et l’auto-défense du moi sont nombreux. Des pays où l’on délimite bien le toi et et le moi, où l’on met de côté l’étranger pour protéger sa propre identité.

« L’ego est un masque artificiel créé par la famille, la société et la culture. C’est un masque sur un autre masque. »

-Alexandre Jodorowsky-

Beaucoup oublient, peut-être que les egos obèses et la voix de l’orgueil ne font que marquer la distance, amenant ainsi les inégalités, la haine, la discrimination et le malheur. Cependant, nous ne sommes pas seulement témoins de ce type de dynamique au niveau politique. Selon un article publié dans la revue « Psychology Today », dans les environnements professionnels, il y a de plus en plus de directeur-trice-s ou de chef-fe-s qui, au lieu d’appliquer l’intelligence émotionnelle dans leurs organisations, se laissent emporter par l’ego par besoin d’exercer le pouvoir et le contrôle.

Les salarié-e-s qui ont des chef-fe-s présentant un tel profil les définissent comme des « petits enfants qui ont trop de pouvoir ». Le plus important de tout cela est que les actions égoïstes déployées dans tout environnement, que ce soit au niveau familial, professionnel ou social, n’apportent aucun bénéfice pour personne. On gaspille le potentiel humain car le royaume de la peur, du mépris et du manque d’éthique, d’empathie et de proximité prime sur le reste.

Nous vous proposons de réfléchir à ce sujet.

Egos forts et grands egos

Commençons par définir quelque chose d’essentiel. Le mot « ego » vient du latin et signifie simplement « moi ». Pour la philosophie orientale, il se réfère à la conscience de soi, à la reconnaissance de soi et à cette entité qui doit être différenciée des comportements insalubres comme l’égotisme ou l’égoïsme.

D’autre part, Freud a aussi identifié ce niveau de notre appareil psychique comme une partie intermédiaire où la personne se débat entre l’impulsion instinctive et la pression des normes sociales. L’objectif final serait de développer un ego sain qui nous permette d’harmoniser notre quotidien à nos relations et à la société.

Avec tout cela, nous pouvons sans aucun doute déduire qu’il y a deux types d’ego. D’une part, nous avons besoin de développer un « moi » (ego) fort où notre estime de nous-même est consolidée, où il existe une pleine conscience de soi avec ses valeurs, sa noblesse et cette identité qui nous définit mais qui est aussi sensible et proche du reste des identités qui l’entourent. D’autre part, au pôle opposé, se trouvent les grands egos.

Voyons en détail quelles sont leurs caractéristiques.

Les grands egos et leurs univers personnels

Un grand ego est un « moi » démesuré et peu réaliste qui ne s’est pas enrichi parallèlement à l’intérieur de la personne. Ses vides, ses limitations personnelles et son manque d’estime d’elle-même l’incitent à chercher une reconnaissance extérieure pour en sortir renforcée.

  • Le grand ego a pour objectif de « collecter » les énergies des autres pour exercer son contrôle. Pour cela, il n’hésite pas à humilier ou à mépriser.
  • Le grand ego adore être au centre de l’attention et s’identifier à tout ce qui permet de le différencier du reste : un titre, une réussite, une marque, un drapeau…
  • Le grand ego est capable de s’habiller avec l’armure de la bonté pour se faire bien voir et ainsi rassembler des adeptes de sa personne.
  • Il existe plusieurs types de « grands egos ». Il y a le Monsieur/Madame-je-sais-tout, le sophistiqué, celui qui cherche le prestige, l’insatiable et celui qui cherche toujours des émotions et de nouvelles expériences pour ensuite s’en enorgueillir.

Les 7 étapes pour faire mincir l’ego

Tout au long de l’histoire, les études aussi bien psychologiques que philosophiques sur l’ego et sa relation avec le mal nous ont manqué. C’est un sujet complexe où il n’y a pas de résultats car les composants biologique, social et éducationnel sont concernés. Quoi qu’il en soit, tout le monde sait que les grands egos sont le reflet des esprits anorexiques qui n’ont pas été présentés à l’univers de l’Intelligence Émotionnelle.

« Si votre ego ne vous laisse pas tranquille, envoyez-le acheter de l’humilité. »

Il est donc nécessaire que nous semions tou-te-s cette graine dans les nouvelles générations, pour les aider à construire un ego sain et empathique, pour leur montrer comment alimenter l’âme et non pas l’ego. Voici quelques clés pour réfléchir à tout cela.

Stratégies pour vaincre l’ego

La clé pour vaincre l’ego passe par le fait d’être conscient-e de nos comportements et nos attitudes quotidiennes. Vous vous demanderez mais… quelles attitudes ? Les voici :

  • Libérez-vous du besoin d’être supérieur-e aux autres.
  • Ne vous collez pas seulement à vos réussites et à vos succès. Reconnaissez aussi ceux des autres.
  • Ne vous sentez pas éternellement offensé-e par ce que disent, font ou pensent celleux qui vous entourent. Iels ont le droit de ne pas être comme vous le souhaiteriez.
  • Libérez-vous du besoin d’avoir toujours plus chaque jour. Appréciez ce que vous avez déjà.
  • Libérez-vous du besoin de gagner. Parfois, on apprend aussi des défaites.
  • Ne soyez pas obsédé-e par le fait d’avoir toujours raison.
  • Votre objectif dans la vie n’est pas d’avoir du succès ou d’être célèbre. Votre objectif, simplement, est d’être heureux-se.

Pour conclure, il faut comprendre que la pratique quotidienne de l’ego ne fait que dresser des murs et créer des distances. Commençons donc par alimenter l’âme et par pratiquer cette humilité où l’on reconnaît l’autre comme une partie de soi-même. Nourrissons notre cœur de noblesse pour créer un monde plus respectueux et basé sur la proximité.

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