Herbert Spencer : biographie et oeuvre

14 avril 2019
Herbert Spencer, père du darwinisme social et auteur très influent sur la vision de la psychologie de son époque. Découvrez la vie et l'œuvre de cet auteur controversé.

Le Britannique Herbert Spencer était l’un des plus grands penseurs de son époque. Philosophe, psychologue, sociologue et naturiste. Il fut la figure la plus marquante de l’évolutionnisme et du positivisme philosophique de son temps. Il n’est donc pas surprenant que les sources de nombre de ses idées proviennent de Lamarck et Darwin.

Herbert Spencer a appliqué les lois de l’évolution à la philosophie et à la société. Cependant, ces applications darwiniennes justifiaient la domination de certains peuples sur d’autres, ainsi que la suprématie d’une race humaine sur une autre.

Ces idées imprégneront l’Occident au cours du XIXe siècle et de la première moitié du XXe siècle. Cela se reflète surtout dans le succès de son travail. Spencer était un auteur qui a attiré l’attention d’innombrables penseurs de domaines très divers.

Certains auteurs se prêtent au débat, s’inspirent de ses idées ou le citent comme influence. Des noms comme Émile Durkheim, George Edward Moore ou Thomas Hill Green ont souvent été associés à la figure de Spencer. Sans aucun doute, Spencer était un auteur très prolifique, mais aussi controversé.

Herbet Spencer et le darwinisme social

La biographie d’Herbert Spencer

Herbert Spencer est né dans une famille modeste en 1820 à Derby (Angleterre) et est mort en 1903 à Brighton (Angleterre). Bien qu’il soit allé à l’école, il n’a pas appris à lire avant l’âge de 7 ans. Adolescent, il a étudié les sciences, mais ne s’est jamais distingué comme un grand étudiant.

Entièrement autodidacte, il a suivi une formation d’ingénieur et travaillé dans le secteur ferroviaire entre 1837 et 1846. Pendant toutes ces années, il a poursuivi ses études tout seul et a publié quelques livres sur la science et la politique. Des années plus tard, en 1848, il a obtenu un emploi de rédacteur en chef au magazine The Economist.

Ce changement marque la fin de sa carrière d’ingénieur et le début de son travail d’écrivain et de philosophe. En 1851, il publie son premier livre Social Statics Economist, dans lequel il prédit que l’humanité s’adaptera à la vie en société sans avoir besoin d’un État.

Spencer avait l’habitude de fréquenter les réunions et les rassemblements auxquels assistaient divers penseurs contemporains. A la suite de ces rencontres, il a pris contact pour la première fois avec des auteurs positivistes. Grâce à lui ont paru ses Principles of Psychology en 1855, une publication dans laquelle il défendait que l’esprit humain était régi par des lois naturelles et qu’elles pouvaient être expliquées par la physiologie et la biologie.

Des années plus tard, il publiera System of Synthetic Philosophy. Par ce travail, il a cherché à démontrer que les principes de l’évolution s’appliquaient à la philosophie, à la psychologie et à la sociologie. Il s’agit d’une œuvre gigantesque, composée de plus de 10 volumes, qu’il a mis 20 ans à achever. Herbert Spencer a été un écrivain prolifique tout au long de sa vie.

Ce n’est pas souvent que les œuvres philosophiques laissent une trace importante dans l’esprit du grand public ou qu’elles atteignent le top des ventes. Peut-être y parviendront-elles avec le temps, mais il est étrange de les trouver dès leur sortie aux premières positions.

Généralement, les ventes les plus élevées dans le monde de l’édition sont liées à la littérature. Cependant, Herbert Spencer s’est distingué comme un penseur dont l’influence était immense, vendant plus d’un million d’exemplaires de son œuvre de son vivant. Il a même été nominé pour le prix Nobel de littérature en 1902.

Herbert Spencer et la psychologie

Herbert Spencer a écrit son travail avant Darwin. Il a donc intégré l’associationnisme et la physiologie à la théorie de l’évolution lamarckienne. De cette façon, Spencer a anticipé la psychologie de l’adaptation pendant des décennies. Il conçoit le développement comme le processus par lequel les liens entre les idées reflètent exactement les liens entre les événements dominants dans l’environnement.

Les liens s’établiraient par les anciens principes de contiguïté et de contingence. Par conséquent, le développement de l’esprit représenterait un ajustement adaptatif aux conditions de l’environnement. L’auteur britannique a conceptualisé le cerveau comme un enregistrement organisé des expériences. D’autre part, il croyait que les instincts consistaient en des habitudes associatives bien apprises.

À son tour, il a fait valoir que les processus mentaux qui peuvent être effectués par différentes espèces sont réduits au nombre d’associations qui peuvent être effectuées par le cerveau d’un animal particulier. C’est-à-dire que, pour Spencer, les différences entre les capacités mentales des différentes espèces seraient quantitatives.

Herbert Spencer et le darwinisme social

Très controversé, Spencer a soutenu que les groupes sociaux ont des capacités différentes pour dominer la nature et établir leur primauté. De cette façon, les riches seraient plus aptes que les pauvres. Puisque certains seraient au sommet de la société, tandis que d’autres seraient à la base.

Pour Spencer, la société fonctionne comme un être biologique. Ainsi, il justifiait la domination des peuples et des races supérieures, préconisant la disparition des plus faibles. De cette façon, les politiques impérialistes et le racisme avaient, à partir de ce moment, une base théorique.

En résumé, les plus forts devraient s’imposer dans la lutte pour la survie, dont l’objectif devrait être d’éviter la dégradation et la dégénérescence de la société. Sinon, si les plus faibles ou les moins capables finissent par être plus nombreux que les personnes les plus habiles (physiquement et intellectuellement), la société court à sa perte.

Herbert Spencer et la philosophie

Réflexions sur la vie et l’œuvre d’Herbert Spencer

En conclusion, Spencer a défendu une vision positiviste, biologiste et évolutionniste de la philosophie, de la psychologie et de la sociologie. Il a donné une importance fondamentale à l’apprentissage et à l’adaptabilité physique et psychologique de l’être humain. D’autre part, son travail a été mal interprété par de nombreuses personnes qui l’ont considérée comme un substrat scientifique pour leurs idées racistes et suprémacistes.

Que l’œuvre d’un auteur soit mal interprétée et adaptée n’est pas quelque chose d’exclusif à Spencer. Il s’agit d’un schéma qui s’est produit tout au long de notre histoire. Quelque chose de semblable est arrivé à Machiavel ou même à Nietzsche, dont le travail a été interprété du point de vue du nazisme et de l’antisémitisme, alors que, en réalité, son Übermensch n’a rien à voir avec ces idées. Il n’est pas facile de parler de supériorité des uns sur les autres sans susciter la controverse.

De plus, les œuvres philosophiques et littéraires doivent être traitées avec une certaine perspective. C’est-à-dire qu’il faut savoir dans quelle période et dans quel contexte elles ont été conçues. Pour comprendre un peu mieux la pensée de l’auteur. Au-delà des controverses et des réflexions, ce qui est certain, c’est que Herbert Spencer a su se démarquer comme un grand penseur multidisciplinaire de son temps et à réunir différentes théories qui ont généré un grand impact.

 

  • Spencer, H. (1917). Principios de psicología. Revista del Centro de Estudiantes de Filosofía y Letras1(2).
  • Spencer, H. (1884). El individuo contra el Estado. Editorial MAXTOR.
  • Spencer, H. (1867). Creación y evolución (Vol. 16). Escuela Moderna.
  • Spencer, H. (1942). La ciencia social. Nueva biblioteca Filosófica.