Votre esprit a besoin d’un-e commandant-e, pas d’un-e soldat-e

· 29 mai 2017

Parfois, notre esprit peut être une véritable prison. Les pensées propres se transforment en d’implacables ennemies jusqu’à ce que le stress et l’anxiété dévorent des projets, des espoirs et des forces. Prendre les rênes de nos processus mentaux fait partie de l’art de la survie, de la qualité de vie et de la liberté.

Nous sommes habitué-e-s à entendre que l’esprit n’est pas un verre à remplir, mais une lampe à allumer, et pire encore, que c’est comme un parachute qui ne fonctionne que lorsque nous sommes capable de l’ouvrir. Nous sommes habitué-e-s à lire et à écouter ces mots, et on finit par croire que l’esprit a un interrupteur sur lequel nous devrions appuyer pour commencer à « fonctionner » de manière optimale.

« Le pendule de l’esprit oscille entre le sens et le non-sens, non pas entre le bien et le mal. »

-Carl Gustav Jung-

Il est nécessaire de bien comprendre ces idées. L’esprit n’est pas une entité unique, il n’y a pas d’interrupteur, ni de gens qui naissent avec « un esprit plus fort » et donc plus apte à s’adapter à n’importe quelle difficulté. Ce qui existe, ce sont des processus mentaux. C’est comme un bosquet complexe de dimensions cognitives et affectives qui souffrent de hauts et de bas, de périodes de crise, d’étapes de croissance et d’instants de défi.

Nous pourrions imaginer l’esprit comme une embarcation qui avance sur une mer qui oscille entre calme et tempête. Si nous sommes de simples clandestin-e-s caché-e-s dans la soute à bagages, le bateau ira à la dérive. Mais, un-e bon-ne commandant-e ne se limite pas à prendre le gouvernail. Celui/Celle qui a le contrôle du bateau est celui/celle qui connaît les multiples techniques de navigation pour faire face à une mer agitée, à un temps maussade.

Dans cet article, nous vous invitons à approfondir ce sujet si utile.

Comprendre les processus de l’esprit avant de le contrôler

Nous avons tous-te- eu entre nos mains de multiples livres d’auto-aide ou de gestion du changement qui nous invitent à prendre le contrôle de notre esprit ou à être plus positif. À présent, il est nécessaire de comprendre qu’il n’est pas correct d’essayer de maîtriser quelque chose sans savoir avant comment cela fonctionne. C’est comme encourager une personne déprimée à être plus optimiste. Ces approches ne sont pas toujours utiles car l’esprit est complexe, délicat et même obstiné.

Le livre « Manuel pour la régulation émotionnelle » de l’Institut de Neuroscience Cognitive du Massachussets, propose une approche cognitive et neuro-scientifique très utile et simple pour comprendre ces processus. Tout d’abord, il donne une métaphore symbolique de ces moments où l’esprit agit comme notre pire ennemi : c’est comme des ronces empoisonnées qui émergent de notre sous-sol émotionnel et qui envahissent tout. Tout en éteignant la lumière.

Ce sont des instants où nous commençons à appliquer des stratégies de résolution de problèmes peu efficaces. L’épuisement mental apparaît, les personnes obsessives-négatives aussi, ainsi que la manque d’auto-régulation émotionnelle. Comme nous le voyons, les processus sont multiples, et donnent lieu à un « tout » dont nous devenons, petit à petit, prisonnier-ère-s. Ces ronces empoisonnées occupent chaque recoin et nous entraînent vers le bas. Cela ne sert à rien que l’on nous dise de rester positif-ve car dans ces instants de vie, nous sommes précisément opposé-e-s à la positivité.

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Comment devenir les commandant-e-s de notre propre esprit

On nous a tou-te-s éduqué-e-s et même convaincu-e-s que nous sommes des entités libres faites pour grandir, pour atteindre nos rêves et être les authentiques protagonistes de notre bonheur. Mais, petit à petit, nous nous rendons compte que le monde nous met des bâtons dans les roues, et pire encore, que nous avons tou-te-s certaines limitations personnelles qui nous empêchent de grandir et d’avoir une vie plus comblée.

« Le secret du bonheur est d’avoir des goûts simples et un esprit complexe. Mais le problème, c’est que les gens à l’esprit simple et aux goûts complexes abondent. »

-Fernando Savater-

Déchiffrons à présent une énigme. La meilleure et la plus complexe de toutes : celle qui se cache dans notre esprit et qui nous empêche d’avancer. Beaucoup d’expert-e-s en psychologie émotionnelle et cognitive nous avertissent que nous avons tou-te-s un « modèle » de malheur. C’est-à-dire que nous appliquons un type de processus psychologique qui agirait comme la racine du problème. Cela peut être l’indécision, les attitudes limitantes, l’éducation reçue, le manque d’assertivité…

Il est nécessaire de déchiffrer ce mystère intérieur. Pour cela, vous pouvez suivre les stratégies suivantes.

Les trois règles à suivre

Nous savons que personne ne peut prendre le contrôle de son « bateau » mental s’il ne sait pas comment il fonctionne et quels sont les facteurs qui l’empêchent d’avancer correctement. Dans le but d’y arriver, cette stratégie est très utile.

  • Découvrez-vous. Prenez tout d’abord conscience que vous allez avoir besoin de temps et de dévouement personnel. Alors, trouvez des moments pour vous-même pour découvrir ce qui se passe dans votre esprit. Pour cela, rien de mieux que de prendre une feuille, un crayon et de faire des colonnes : « Ce que je ressens » et « Ce qui a provoqué cette émotion ».
  • Confrontez-y-vous. Maintenant vous savez ce qui a provoqué votre mal être, votre inquiétude. Vous savez ce qui fait que votre présent manque d’authentique qualité de vie. C’est le moment de s’y confronter. Sur la liste que vous avez faite dans l’exercice précédent, ajoutez deux colonnes supplémentaires : « Comment je souhaite me sentir » et « Quelles sont les stratégies que je dois mettre en pratique pour me sentir ainsi ».
  • Prenez soin de vous. La troisième stratégie consiste à s’entretenir. C’est la clé la plus élémentaire et simple dans laquelle nous devons investir chaque jour. Elle se base seulement sur le fait de prendre soin de nous, de favoriser notre équilibre et notre bien-être à tout prix.

Pour développer cette ultime clé, souvenez-vous qu’il n’est pas sain de faire ou de débuter des choses qui vont à l’encontre de vos valeurs et de vos principes. Souvenez-vous toujours que tout-e commandant-e a une boussole intérieure qui lui indique la route à prendre, la mer à ne pas traverser ou les vents les plus favorables pour sortir les voiles. Pratiquez l’écoute intérieure, comprenez tout ce qui se passe dans votre esprit et apprenez de chaque processus, de chaque difficulté surmontée.

Tout investissement en vous-même se traduit toujours en une plus grande capacité à être heureux-se.

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Images de Artyom Chebokha