Les enfants aussi peuvent être toxiques

· 26 juin 2017

Les enfants peuvent parfois devenir très rebelles et il est alors très difficile de les faire s’adapter et respecter les normes de la maison. Ils sont capables de provoquer de sérieux problèmes à leurs parents qui se retrouvent débordés et dépassés par les comportements dont les petits font preuve. Quand la relation entre parents et enfants se détériore, nous pouvons avoir affaire à des enfants toxiques, aussi connus sous le nom de « tyrans ».

Le foyer se transforme alors en environnement hostile dans lequel les parents se mettent à suer dès qu’ils en ont franchi le seuil. Ils savent que derrière cette porte se trouve un enfant exigeant, tyran, hostile, qui essayera de les soumettre à toutes ses volontés. Et plus les parents essayent de s’imposer, plus l’enfant se place sur la défensive.


« Un enfant sans limites fini par devenir un tyran. »


Enfants toxiques : comment les reconnaître ?

Il est nécessaire de ne pas confondre ces enfants toxiques avec ceux qui affichent des comportements propres à leur âge, fruits d’un côté rebelle totalement naturel. Pour cela, il existe certaines caractéristiques qu’il faut supprimer dès qu’elles apparaissent car les limites sont absolument nécessaires pour éviter que les enfants ne se transforment en véritables tyrans. En ce sens, il y a des limites flexibles et cette flexibilité doit toujours avoir un point où apparaît la sévérité.

L’une des premières attitudes à laquelle nous devons fixer une limite est celle du défi, celle qui encourage les parents à entrer dans un jeu d’agressivité et d’hostilité constantes. La violation des normes, le non-respect des punitions et des devoirs sont des sonnettes d’alarme à prendre en compte.

Il est également nécessaire d’ouvrir les yeux devant tout signal indiquant une volonté de commander ou de donner des ordres à l’un des parents. Le fait de les laisser décider de l’heure des repas ou du moment où ils peuvent regarder la télévision pour ne pas qu’ils se fâchent ou cassent quelque chose est une chose que l’on ne doit pas permettre, et ce dès qu’on remarque le moindre signe d’un comportement de la sorte. Des autres signaux que nous ne devons pas ignorer sont les attitudes capricieuses, le manque d’empathie envers les autres, la faible tolérance à la frustration et la tendance à essayer de manipuler pour atteindre leurs objectifs.


Si vous devez soudoyer votre enfant pour qu’il fasse quelque chose, vous êtes en train de mal l’élever.


Les enfants toxiques sont le fruit d’une éducation déficiente qui a fait d’eux des mal-élevés. En ne fixant pas de limites, en cédant à leur chantage et en leur permettant d’afficher un pouvoir qui, en raison de leur âge et de leur maturité, ne leur correspond pas. Ce sont les parents qui ont le pouvoir et les enfants veulent l’obtenir, gagner en indépendance ; il s’agit d’une tension qui pousse de nombreux parents à céder parce qu’ils se sentent incapables de la porter. Ils cèdent donc et la tâche passe de difficile à très compliquée : au lieu d’avoir besoin d’un kilo d’énergie, ils en veulent maintenant une tonne.

Très souvent, les parents sont les coupables

Dans la majorité des cas, les parents sont responsables de la toxicité présente chez leurs enfants, même si cela est dur à entendre. En surprotégeant leurs enfants, en n’établissant pas de limites et en ne passant pas de bons moments avec eux, ils font face à un résultat dévastateur.

Cependant, tout cela a une solution. Une solution plus compliquée qu’avant, qui va demander une plus grande intelligence et, souvent, l’aide d’un-e professionnel-le compétent-e qui aidera les parents à refixer ces limites et à mettre en place des stratégies pour les imposer. Des limites adaptées à la situation, au niveau de maturité de l’enfant et destinées en principes à des conduites concrètes.

Ainsi, des limites claires et cohérentes seront mises en place et ne pourront pas être franchies ou remises en question. Il est important de ne pas essayer de les faire respecter en offrant des récompenses mais de les renforcer, par exemple, sur la base de reconnaissance sociale.

Les faire respecter en remettant des prix ou des récompenses pourrait ouvrir la voie à une nouvelle forme de manipulation de la part de l’adolescent-e, qui ne respecterait les limites que quand il y aurait une promesse de butin. Les enfants doivent apprendre qu’il n’existe pas toujours de motivation extrinsèque pour les conduites et que, très souvent, les bénéfices qu’elles engendrent résident précisément dans le fait de pouvoir les réaliser. Comme aider une personne et se sentir utile ; un bénéfice qui leur sera très difficile de deviner, le mieux étant qu’ils en fassent directement l’expérience.

Il sera indispensable de se concentrer sur les points positifs et d’améliorer notre communication avec eux. Nous pourrons ainsi connaître l’origine de leur attitude. Ils se sentent peut-être blessés à cause de nos absences répétitives et leur façon de se comporter est une façon de nous punir pour être aussi absents. Communiquons avec eux et essayons de les comprendre… Car comprendre n’a rien à voir avec le fait d’être des parents permissifs.


« Je ne suis pas quelqu’un de méchant. Ecoutez-moi et vous verrez que derrière mon comportement odieux se cache un besoin. »

-Anonyme-


Le plus important au moment de faire face aux enfants toxiques est de ne pas perdre le contrôle. En raison de nos responsabilités et de nos préoccupations, nous oublions les besoins des enfants qui réclament de la tendresse, de l’affection et du temps avec eux. Quand ils se portent mal pour attirer l’attention ou parce qu’ils ont reçu une éducation déficiente, que faisons-nous ? Nous les sanctionnons encore plus en les disputant, en les récriminant et en leur disant des phrases dures, ou nous allons vers l’autre extrême et nous renforçons cette conduite en leur donnant ce qu’ils demandent.

Avec patience, amour, et en n’évitant pas les défis parfois fascinants qu’implique l’éducation d’un enfant, nous serons capables d’éloigner cette toxicité qui s’empare de nombreux enfants quand ils ont plus de pouvoir qu’ils ne le devraient. Ils vont réclamer ce pouvoir et notre tâche est de ne pas le céder, même si nous rentrons très fatigué-e-s du travail et même si nous n’avons pas envie d’entendre une énième colère. Ce sont ces premières luttes qui détermineront le destin des disputes que nous aurons avec eux quand ils seront adolescents.

Images de Nicoletta Ceccoli