Désirs interdits, la différence entre penser et agir

26 juillet 2016 dans Psychologie 21 Partagés

Nous fantasmons parfois sur des idées qui provoquent chez nous des sentiments ambivalents.

Ces fils de pensée apparaissent presque comme par magie et dans la plupart des cas, ils sont une hypothèse un peu perverse qui, dans le fond, ne cesse pas de susciter chez nous un certain désir.

Le fait d’identifier ces désirs-là que, d’un autre côté, nous condamnons au nom de l’étique, est ce qui produit ce flot d’émotions qui se rencontrent.

Pourtant, la différence entre penser et agir est considérable. Si tout ce qui nous passait par l’esprit devenait réalité, nous aurions certainement, à l’heure actuelle, gagné au loto plusieurs fois et nous aurions même “assassiné” beaucoup de gens qui sont apparus dans nos vies pour nous mettre des bâtons dans les roues.

Quand nous imaginons des choses positives, comme avoir de l’argent ou pouvoir influer sur le destin d’un autre, nous sommes envahis d’émotions agréables.

Cela n’arrive pas seulement quand nous souhaitons le mal d’autrui ou quand nous fantasmons sur des personnes qui ne sont pas notre conjoint. Ces pensées sont normalement associées à des sentiments plus désagréables.

Mes désirs me font culpabiliser

Souvent, ce que nous pensons nous fait honte, nous fait culpabiliser, nous voulons que cela disparaisse et nous nous trompons nous-mêmes en disant que ces impulsions n’existent pas réellement.

Mais elles sont là et ce n’est pas en les évitant qu’elles vont disparaître.

Plus nous essayons de fuir ce désir-là, plus il nous poursuit. C’est un effet paradoxal, comme ce qui nous arrive quand nous nous obligeons à ne pas penser à un ours blanc et que nous n’arrêtons pas d’y penser.

Plus vous essayez de l’éviter, plus cette pensée prendra de la force.

Pour que vous-même puissiez observer comment parfois, penser à quelque chose peut nous faire ressentir des émotions négatives, je vous propose une expérience. Prenez un papier et écrivez le nom de la personne que vous aimez le plus et qui compte le plus au monde pour vous. Mettez-le de côté et, un peu plus tard, je vous dirai ce qu’il faudra faire.
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Fusion pensée-action

De manière rationnelle, nous savons que penser est très différent de faire quelque chose.

Il ne viendrait à l’idée de personne que c’est en pensant et en le désirant fortement que l’on va remporter le premier prix de la loterie. Pourtant, l’esprit ne fonctionne pas toujours de manière rationnelle.

Il se produit parfois une fusion pensée-action grâce à laquelle nous croyons que plus nous pensons à quelque chose, plus cela aura des chances de se produire.

De cette façon, nous pouvons tomber dans l’erreur que plus nous désirons quelque chose ou quelqu’un, plus cela aura des chances de se réaliser.

Continuons avec notre expérience. Prenez la feuille de papier où vous aviez inscrit le nom de cette personne spéciale. Maintenant, écrivez “pourvu qu’il meure demain”. Comment vous sentez-vous en faisant ça ?
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Suis-je quelqu’un de mauvais si j’ai des désirs interdits ?

Nous devons partir du postulat que le bien et le mal sont subjectifs et ont des limites très diffuses.

Aucune pensée ou désir ne nous rend bons ou mauvais. Tout le monde, indépendamment de la façon dont il est, a des pensées aussi bien agressives qu’affectives, et cela ne fait pas de lui quelqu’un de bon ou de mauvais.

Cela fait simplement de lui ce qu’il est, un être humain pensant, une personne avec la merveilleuse capacité d’imaginer.

Rappelons-nous que penser n’est pas la même chose qu’agir. Vous pourriez rêver que vous possédez la voiture de vos rêves, et ça ne voudrait pas dire qu’en vous réveillant, la voiture sera toujours là.

De la même manière, vous pouvez désirer avoir des relations sexuelles avec quelqu’un d’autre sans que cela veuille dire que vous allez en avoir.

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Où est la limite

Quelquefois, la culpabilité peut se faire si intense qu’elle nous dépasse. Il peut sembler que les désirs prennent vie à travers nos actions et nous avons la sensation que nous sommes incapables de contrôler tout ce que nous pensons et comment nous agissons.

Le manque de contrôle sur nos désirs ou l’intense mal-être sont des signaux d’alarme qui arrivent sans crier gare.

Une alerte qui nous dit que nous sommes peut-être dépassés en ne sachant pas gérer ce qui nous arrive.

Quand vos désirs affectent votre vie quotidienne, ils causent chez vous un profond mal-être.

Comment lutter contre notre esprit

Les pensées sont comme elles sont, et il faut les prendre comme telles. Les désirs et les pensées n’ont pas plus de pouvoir que celui que vous leur donnez.

Il n’est pas nécessaire ni recommandable que vous niiez ou que vous fuyiez vos désirs. Laissez-les simplement là où ils sont, profitez-en quand ils arrivent et ils s’en iront, après quelque temps.

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