La Honte/ Shame

· 24 octobre 2015

Brandon est un jeune New-Yorkais qui jouit d’une vie parfaite dont tous les célibataires rêvent: une bonne situation économique, une indépendance, le succès avec les femmes, etc.

En dépit de son attractivité, son principal problème est le sexe. Brandon est obsédé par la pornographie et la masturbation, ce qui lui empêche de profiter de ses relations.

Un jour, il reçoit la visite inattendue de sa sœur, qui décide de rester dans son appartement pendant plusieurs jours. L’apparition de sa sœur rendra plus difficile la pratique de son addiction, une habitude qui lui entraînera également des problèmes au travail.

Ce drame psychologique est le deuxième travail du britannique Steve McQueen, qui n’a aucun lien de parenté avec l’acteur légendaire du même nom, après le film « Hunger », son début très remarqué.

Nous sommes devant une œuvre difficile, audacieuse et courageuse, puisque la question de la dépendance sexuelle a très rarement été abordée d’un point de vue si claustrophobe et pénétrant.

Le film fonctionne comme un aveu. McQueen présente un sujet tabou, mais il l’exprime de telle sorte que le spectateur se sent tout aussi identifié à Brandon. Ce personnage a la fonction de miroir dans lequel se reflète le public.

Il se peut que ce soit la valeur des œuvres de ce genre, des films qui traversent la frontière du temporel et qui n’appartiennent pas à une mode, ni à un courant esthétique.

Les thèmes universels tels que le sexe et l’addiction à celui-ci, sont ceux qui laissent une empreinte dans notre subconscient.

Pourquoi nous évitons autant les aspects les plus banales quand on nous les met en face des yeux? La raison est la suivante: la peur.

Nous rejetons ce que nous voyons parce que nous craignons ce qui n’est pas accepté par la majorité de la société d’aujourd’hui. Ce qui est mal vu, nous fait paniquer, même si il s’agit quelque chose de naturel.

Un autre élément inhérent du film est la banalité. Cependant la banalité, fidèle à sa nature, passe par notre existence en marge, en déambulant silencieusement mais sûrement.

Nos coutumes sont pleines de racines erratiques. La plupart de nos actions sont basées sur un nombre infini d’éléments, qui sont vides de sens et triviaux.

Avons- nous besoin de tout ce que nous possédons? Sommes-nous conscients de l’excès qui nous entoure?

Il faudrait commencer par analyser ce que nous croyons qu’il soit important pour nous. Depuis un prisme matérialiste, nous supposons que le fait de posséder quelque chose et d’avoir certains biens, est impératif pour mener un mode de vie conforme à nos attentes.

Cependant, les trois quarts de ce que nous voulons avoir et de ce que nous avons, sont de trop. L’excès est de trop dans tous les domaines. L’excès est une tromperie que nous nous auto-infligeons pour réaliser nos rêves, même si il faudrait plutôt les baptiser comme de faux rêves.

Il est important de séparer les rêves de la réalité. Nous rêvons tous, et il est nécessaire de le faire, mais la réalité doit être abordée depuis le véridique, c’est à dire ce qui est palpable et réel. Par conséquent, nous devons écarter de notre réalité ce qui est faux et banal.

Les personnes qui semblent tout avoir peuvent être aussi heureuses qu’elles le paraissent  … ou peut-être pas.