Continuez, car si vous n’aviez pas peur, ça n’en vaudrait pas la peine

· 23 septembre 2016

Parfois, pour réaliser ses rêves, il faut apprendre à gérer la peur. Il faut vivre avec elle, même si toutes les peurs ne sont pas paralysantes et ne vous font pas abandonner ce que vous avez l’ambition de faire.

Il y en a beaucoup qui font naître chez vous un vertige indiquant que vous vous rapprochez d’un précipice à la bonne hauteur, plein d’adrénaline et de sensations méconnues.

Cette sensation d’incertitude et d’angoisse apparaît quand quelque chose nous motive réellement, elle perturbe la sensation de routine parce qu’elle veut la transformer en quelque chose qui a du sens.

La sensation de peur trace le chemin à suivre, nous incite à continuer de chercher le sentier qu’on nous a dit impossible, pour qu’il puisse devenir réalité.

La peur, cette sensation que nous éprouvons

Gerald Hüther, dans son livre Biologie de la peur, nous explique que notre plus grande crainte, ce sont nos propres peurs. 

Pourtant, c’est justement cette peur, avec ses différentes nuances, qui met en marche le développement intellectuel et émotionnel.

La peur produit dans le cerveau un mécanisme de réaction de stress qui crée les conditions idéales pour le comportement intellectuel, émotionnel et physique.

Nous devons être capables de trouver la limite entre la peur amie et protectrice et la peur pathologique, qui fait naître chez nous la panique et l’anxiété
image-2

À partir de la physique quantique, on explique comment le corps et les émotions ne distinguent pas ce qui est en train de se passer sur un plan réel ou imaginaire, de sorte que notre cerveau déclenche les mêmes réactions.

Ainsi, nous souffrons de la même manière des effets du stress et de ceux d’autres mécanismes biologiques, que ce soit en les éprouvant, en les anticipant ou en les imaginant.

Le circuit complexe de peur dans notre organisme : un mélange de stress et de plaisir

Comme nous venons de le dire, la peur apparaît comme une sensation totalement inadaptée quand elle devient un état émotionnel étouffant et prolongé, au lieu de se transformer en un signal d’alerte pour les potentiels stimulus menaçants du milieu externe.

Une sensation qui oppresse la personne dans le cercle de ses propres sensations désagréables parce qu’elle n’est plus capable de distinguer les moments d’alerte et les moments de relaxation.

Le mécanisme complexe et le circuit physique et hormonal du stress s’activent avec des stimulus sensoriels, comme la vue ou l’ouïe, pour envoyer de l’information à une zone du cerveau nommée amygdale.

Elle se chargera d’entrer en contact avec l’hypothalamus pour accéder à la mémoire et voir ce que nous faisions précédemment dans des situations semblables.

Elle se chargera en plus d’envoyer des impulsions électriques aux muscles pour passer à l’action.

image-3

Sur le plan hormonal, la glande pituitaire sécrète les hormones du stress, qui fait que nous activons et nous générons deux autres hormones  : l’adrénaline et le cortisol.

L’adrénaline dilate les pupilles et augmente la fréquence respiratoire. Le cortisol, pour sa part, augmente le taux de glucose dans le sang, qui engendre une plus grande énergie musculaire.

Le plus curieux de ce circuit complexe, c’est que finalement, il génère de la dopamine, un neurotransmetteur lié au plaisir qui, à son tour, accompagne la sensation de peur, de risque ou de victoire.

Quand la peur ne nous sert pas : la peur comme un signe de catastrophe

En connaissant le circuit complexe de la peur et son utilité, non seulement pour notre survie, mais aussi pour notre bien-être émotionnel, il est normal que les gens qui aient souffert après avoir eu peur voient ce signal d’alerte comme de peu d’importance.

Au final, même en anticipant le danger, ils n’ont rien pu faire.

Par exemple, chez des personnes victimes d’agressions, si l’on ne transforme pas émotionnellement le mal ressenti, le nœud de la peur sera activé en permanence, même pour des faits qui ne comportent aucun risque.

Des personnes qui ont vécu ces situations-là de façon directe peuvent éprouver cette étrange sensation de peur permanente, mais également des personnes qui ont assisté à un événement au cours duquel il n’a pas été possible de s’échapper.

Faire de la peur un allié pour obtenir du plaisir

Dans les cas où la peur ne marche pas comme un signal adaptatif, mais plutôt comme une sensation généralisée qui provoque chez nous une énorme sensation de mal-être, elle devra être traitée correctement.

Dans les cas où un traumatisme est entré en jeu, des techniques comme la thérapie EMDR ainsi que d’autres semblent donner lieu à des résultats encourageants.

Dans tous les cas, le meilleur conseil que nous puissions vous donner est d’aller consulter un spécialiste.

La peur sert pour anticiper les choses, mais jamais pour vivre de la manière qu’elle voudrait nous imposer. 

Comme nous l’avons dit au début, l’idéal, c’est que cette sensation nous montre le précipice et les chemins peu fréquentés, mais pas que nous suivions la flèche sans nous poser des questions.

image-4

Ce serait comme la peur que nous ressentons devant des objectifs qui nous paraissent hors d’atteinte, mais qui, en réalité et nous le savons, ne le sont pas.

C’est ce que peut être amené à penser un candidat à un concours avant de se plonger dans des études qui peuvent durer des années, ou un sprinteur souhaitant faire tomber son précédent record de vitesse. Le cortisol les anime, mais ne les tue pas.

De cette manière, la possibilité de transformer la peur en votre allié peut se transformer, si vous êtes capable de la matérialiser, en une formidable réussite, de sorte que vous puissiez apprécier les signaux qu’elle vous donne sans lui obéir aveuglément.

Ressentir cette alerte comme présente et réelle, mais aussi lui faire face et savoir passer par elle.

Il se peut qu’un jour, vous ne puissiez pas éviter ce que vous craigniez ou que vous n’arriviez pas à lui faire face, mais vous devez différencier cette expérience pour pouvoir vivre le reste pleinement.

Au bout du compte, si la peur n’existait pas, la sensation d’accomplissement n’existerait pas non plus. Éviter l’une, c’est éviter l’autre, avec un résultat identique : renoncer à la vie.

Autorisez-vous la faculté de ressentir la peur et de pouvoir la tolérer, et il est certain que cela vous apportera des choses intéressantes.